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 This is not a trick [Anthur#6]

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Arthur Ross
« hakuna matata »

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MessageSujet: This is not a trick [Anthur#6]   Mer 1 Nov - 23:05

Je sais que je passerai aisément pour fou aux yeux de bons nombres de gens. Pouvoir ne rien faire si ce n’est profiter de mon temps libre sans avoir à me soucier de gagner de l’argent pour payer les factures et pourtant m’engager dans une vie professionnelle construite de toute pièce… ça a un petit quelque chose de dingue. Mais comme je me moque totalement de l’avis des gens sur ce que je peux bien faire de ma vie, je fais comme bon me semble. Alors ce soir il est déjà assez tard, plus tard en tout cas que l’heure à laquelle la plupart des gens qui bossent ici partent, et je suis encore là. Je ne suis pas le seul, mais l’autre personne présente ne compte pas vraiment puisque c’est un peu sa résidence secondaire ici. Je suis en train de finaliser un dossier lorsque je vois passer Maitre Manzonni en direction de l’ascenseur. Waw ! Ça veut donc dire que je serai le dernier à quitter les bureaux ce soir, c’est une touchante première fois, non ? Mais si je suis surpris que l’avocate quitte les lieux avant moi je le suis d’autant plus en l’entendant revenir, ses talons claquant sur le sol à un rythme trahissant son énervement. J’hésite un bref instant mais ayant terminé ce que j’avais à faire j’enregistre mon travail et éteins mon ordinateur puis quitte mon bureau. Andrea n’est pas encore entrée dans le sien quand je l’interpelle « Vous avez oublié de tuer quelqu’un ? » demandé-je en affichant un sourire, un de ceux qui va probablement l’irrité un peu plus mais j’ai le goût du risque ce n’est plus un secret. Elle se retourne, son regard semble lancer des éclairs mais je fais quand même quelques pas dans sa direction « A moins que ça ne soit une subite envie de tout casser ? » elle a l’allure d’une véritable bombe à retardement. « Je ne vous demande pas si vous êtes contrariez, ça je l’ai deviné. En revanche est-ce que je peux savoir ce qui vous met de si méchante humeur alors que vous partiez presque tôt. » demandé-je en avançant d’avantage « Encore un appel qui vous ramène dans le boulot ? » non, ça doit être autre chose et je peux m’estimer chanceux que la jeune femme n’ai aucune agrafeuse volante à portée de main. Je lève les mains en signe d’innocence « Quoi qu’il se passe je n’y suis pour rien. » enfin je crois, sinon c’est tout à fait indépendant de ma volonté.
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Andrea Manzonni
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: This is not a trick [Anthur#6]   Jeu 2 Nov - 22:44


Tuer quelqu’un vite. Je crois que je suis à deux doigts de tout casser dans ce bureau juste pour me calmer… une clope, j’ai furieusement besoin d’une clope et n’ait à faire qu’à des incapables. Personne ne répond au mail que j’ai envoyé, un mail ultra important concernant une affaire plus qu’urgente à régler, mais visiblement, aucun ne veut bouger ce qui lui sert de cul pour débloquer la situation. Ils savent combien on paye d’indemnités par jour de retard, là ? Bref, fin de journée, il est plus de 21 h et je n’ai toujours pas remarqué que je n’avais même pas pris le temps de déjeuner, ni même encore de dîner. C’est souvent comme ça. Depuis que les bureaux sont non-fumeurs, je dois descendre 28 étages pour aller la fumer, c’est indécent. Mais il est temps de retrouver ma liberté pour bosser à nouveau chez moi, qu’ai-je de mieux à faire de toute façon ? Mon ordinateur portable dans mon sac, je presse le pas pour retrouver le parking, et allume une cigarette à peine sortie de l’ascenseur. Un bonheur. Mes talons claquent sur le pavé du parking sous terrain jusqu’à ma voiture, ma meilleure amie… Un coup de clé et… Quoi, elle ne démarre pas ? ELLE NE DEMARRE PAS ? « Allez… » Impossible, et je suis en train de noyer le moteur. Putain ! Je sors en claquant la portière et passe un coup de fil cinglant à mon concessionnaire, rien à foutre qu’il soit cette heure-ci, moi aussi je travaille ! Il ne peut rien faire et mon assurance refuse de faire quoi que ce soit non plus, si ce n’est me proposer de me dédommager d’une course de taxi, ils pensent que je fais la manche ou comment ça se passe ?
Je remonte, énervée, tout le monde l’entend, rien qu’à ma façon de marteler le sol, et c’est bien le but. Personne ne doit se mettre en travers de mon chemin. Mais ce fut sans compter sur l’insupportable insolence d’Arthur. « Vous avez oublié de tuer quelqu’un ? » « Evitez de me rappeler que je dois me débarrasser de vous. » Je suis cinglante, encore une fois, et surtout, j’ignore ce qui peut le pousser à vouloir me mettre dans tous mes états ? Il aime que je sois imbuvable ? C’est un genre de fétichiste ou un truc tout aussi flippant ? « A moins que ça ne soit une subite envie de tout casser ? » Mais il cherche encore la petite bête ? Il veut qu’on se dispute ? Non parce que je suis prête là ! « Je ne vous demande pas si vous êtes contrariez, ça je l’ai deviné. En revanche est-ce que je peux savoir ce qui vous met de si méchante humeur alors que vous partiez presque tôt. » Je ne sais pas ce qui me retient, reste calme Andy, sérieusement. « Encore un appel qui vous ramène dans le boulot ? » OK donc en plus il se fout de ma vie pourrie ? Là y a moyen pour que je me jette à son cou pour l’étrangler. « Quoi qu’il se passe je n’y suis pour rien. » « Allez vous faire foutre ! » Voilà, c’est dit, c’est fait. Je quitte le couloir pour claquer la porte de mon bureau. Je décroche mon téléphone pour taper un second scandale à mon assurance, hors de question que je ne reste en rade comme ça. Pas que le fait de prendre un taxi soit humiliant, mais laisser ma voiture ici ? Jamais ! « Comment ça vous n’avez pas de solution ?! Vous pensez vraiment que je laisse ma voiture sur le parking ? » Je m’énerve, et tape sur le bureau avant de me laisser tomber dans le fauteuil, soupirant, excédée. « Une bagnole neuve, vous pensez que c’est normal ? Je suis assurée pour ce genre de problèmes non ? Alors il est où le foutu problème ?! » Le mec a la flemme de se déplacer, voilà ce que je comprends, qu’il est seul au bureau et qu’il ne compte pas faire déplacer qui que ce soit. « Vous voyez quand vous voulez ? » Je raccroche, soupirant, et récupère mon paquet de clopes sur le bureau. Ils vont faire venir une dépanneuse, avec un peu de bol, il sera un tant soit peu mécano et aura de quoi me dire ce qui cloche sous le capot. Dans le couloir, je croise Arthur, qui ne me lâche pas du regard. « Quoi, vous voulez du spectacle ? C’est en bas que ça se passe. » Je presse le pas, sans l’attendre, nerveuse. Au bout de quelques minutes, un camion de remorquage. « Et faites attention… » Je ne supporte pas la moindre rayure sur ma voiture. Et quand il la charge sur le camion… CRAC ! Tout le parechoc reste sur le bitume. « Mais bordel vous l’avez eu où ce job ?! »
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Arthur Ross
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: This is not a trick [Anthur#6]   Ven 3 Nov - 23:06

Je sais très bien que mon attitude est risquée, ce n’est pas le moment de faire de l’humour, Maitre Manzonni n’est pas d’humeur. Mais en fait tout est une question de point de vue, parce que moi je trouve que l’atmosphère a vraiment besoin d’être détendue. Pour la manière on repassera, sauf si j’ai plaisir à la voir me fusiller du regard. Bon ok je plaide coupable, c’est exactement ça, je le lui ai dit l’autre soir je trouve son tempérament séduisant, quand bien même elle est présentement une véritable tempête. J’ignore ce qui la met dans cet état et la jeune femme ne semble pas disposer à autre chose qu’à m’envoyer des répliques cinglantes. J’ai pour consigne d’aller me faire foutre, j’esquisse un sourire et hausse les épaules alors que la porte de son bureau claque. « Manie de gamine capricieuse. » dis-je pour moi-même, amusé par cette manie de l’avocate. Sachant pertinemment que c’est mal je ne me gêne pas pour autant d’écouter à la porte. Pour ma défense je n’ai même pas besoin de coller l’oreille, il me suffit de rester non loin du bureau de la jeune femme pour comprendre que la personne à l’autre bout du fil passe un sale quart d’heure. Je fronce légèrement les sourcils, je crois qu’elle a complètement perdu la notion du temps et surtout comment s’organise la vie de la plupart des gens. A cette heure-ci plus personne ou presque ne travaille, et je parie que son interlocuteur pourrait vouloir l’aider ça serait impossible avant demain matin. Mais la situation semble se débloquer malgré tout, je m’éloigne de la porte afin d’éviter une éventuelle tornade. J’ai eu raison de le faire, à peine une minute plus tard l’avocate réapparait toujours autant sur les nerfs et bien sûr j’ai le droit à une remarque. « Pas exactement non, mais… » je ne finis même pas ma phrase, elle ne m’écoute de toute façon pas.
Je devrais probablement partir ma voiture n’est même pas garée dans le parking, et pourtant je suis là à observer Andrea tirer nerveusement sur sa clope en couvant du regard sa précieuse voiture. Je peux comprendre qu’elle y soit attachée, et sans doute que la longue journée qu’elle vient de passer n’arrange en rien sa réaction quant à ce désagrément, mais elle a sans doute un vrai problème de contrôle. Une dépanneuse arrive, le type ne parait pas franchement heureux d’avoir été appelé mais son camion indique “dépannage 24h/24“ il serait donc mal venu de sa part de se plaindre. Il a l’air de mal prendre le ton sec de l’avocate, ça plus son envie d’en finir vite et forcément il s’y prend comme un manche. Résultat des courses le parechoc reste sur place, je grimace devant la scène. Clairement je n’aimerai pas être ce type qui se fait vivement invectiver par l’avocate. Honnêtement je n’aurai pas été tendre non plus dans la même situation, y’a de quoi être vraiment en colère. Finalement la voiture de Maitre Manzonni fini quand même sur le plateau de la dépanneuse, son parechoc avec elle, mais le dépanneur pourra toujours courir pour être payer je crois. « Y’a des jours comme ça… » dis-je en soupirant, si je m’amusais de son agacement un peu plus tôt là je compatis à la situation de la jeune femme. « Je vous raccompagne. » elle me regarde, renfrognée, sauvage « Vous n’allez pas en plus attendre un taxi. Et puis quitte à ce que ça soit une soirée de merde vous n’êtes plus à un emmerdeur près, n’est-ce pas ? » je lui souris pour l’encourager à me suivre et commence à marcher pour rejoindre ma voiture « Je peux même me taire… si vous demandez gentiment. » j’ignore si elle en est capable en l’état actuel des choses. « Ne vous inquiétez pas vous allez la retrouver dans quelques jours votre voiture. » affirmé-je tout en lui ouvrant la portière de mon propre véhicule. Je m’installe au volant et regarde l’avocate « Où allons nous ? » j’ignore où elle habite, un quartier chic ça je m’en doute mais ça ne manque pas.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: This is not a trick [Anthur#6]   Sam 4 Nov - 12:19


Bien sûr que je suis une gamine capricieuse ! Et Dieu sait combien j’en ai claqué des portes étant gamine. Tout le monde s’en foutait de toute façon, étant donné la surface habitable de notre appartement à New-York à l’époque. J’ai grandis dans un hôtel particulier. Tout en haut d’une tour de verre, surplombant le tout New-York, conférant ce sentiment de toute puissance que tout habitant de la grande pomme pense obtenir en atteignant le sommet, tant bien métaphoriquement qu’au pied de la lettre. Toujours est-il que se croiser là-dedans relevait parfois du miracle, tant mon père brillait par son absence du matin au soir. Eventuellement, ma mère venait s’inquiéter de ce que je pouvais vouloir manger, histoire de le commander en express, ou encore de savoir quelle robe j’allais porter pour le prochain gala. Mais je dois retenir une chose, aussi bourgeoise et futile soient parfois les occupations de ma mère, j’ai toujours été en tête de liste. Mais j’ai grandis, elle a été maintes fois déçue par ce qu’on appelle la vie de famille, la vie tout court et a fini par trouver un intérêt certain à faire sa vie dans son coin, sans jamais prendre le risque de divorcer, tout comme mon père. Il y perdrait beaucoup trop, la moitié de son empire. Qu’on se le dise, si ma mère est dans l’ombre, elle y est pour beaucoup dans la communication de notre entreprise, parce que le visage souriant et les relations, outre le porte-monnaie, c’est elle qui les a. Une femme brillante se contentant de jouer les misanthropes.
Tout se passe à présent en bas, quand la dépanneuse annonce son arrivée imminente, hors de question que je ne rate ça, et il est même hors de question que je ne loupe le remorquage, je risque d’être un peu pointilleuse quant à la marche à suivre. En douceur, s’il vous plaît. Aussi tard soit-il. Le bonhomme fait son entrée, renfrogné, pas de bol monsieur, le weekend, ce n’est pas pour tout le monde, je ne connais pas de weekends, je ne m’en plains pas, si ? Mais ce fut sans compter sur son manque de volonté flagrant, et mon parechoc qui reste sur place, mais il est sérieux en plus ?! « Y’a des jours comme ça… » Lui, il ne paye rien pour attendre avec son humour à l’anglaise passablement foireux. Je ne comprends pas comment le dépanneur peut jouer les débutants à ce point… Les larmes me montent aux yeux, de colère, de tristesse aussi, si si ! Un jour, je vais devoir expliquer pourquoi je tiens tant à cette voiture, il y a une raison bien particulière que j’ai toujours gardé pour moi. « Je vous raccompagne. » Il décide de ça comme si je n’étais plus en mesure de lui donner mon avis. « Vous n’allez pas en plus attendre un taxi. Et puis quitte à ce que ça soit une soirée de merde vous n’êtes plus à un emmerdeur près, n’est-ce pas ? » Je soupire et presse le pas, jusqu’à sa voiture que j’ai repéré un peu plus loin, en dehors du parking, près de l’immeuble. Je ne comprends toujours pas pourquoi il ne profite pas de la place de parking qui lui est offerte de par son poste dans l’entreprise. « Je peux même me taire… si vous demandez gentiment. » « Je ne sais pas demander gentiment, pas plus que vous ne savez vous taire, Arthur. » Je suis sèche et précise, au moins, il ne peut pas se dédouaner du fait que parler, il le maîtrise et jamais dans les bons moments… Mais si d’ordinaire je trouve ça plutôt plaisant et attachant, là je pourrais tuer le premier qui me fait une réflexion. J’ai dû apprendre à contrôler cette colère… Mais des fois, j’ai des ratés. « Ne vous inquiétez pas vous allez la retrouver dans quelques jours votre voiture. » « Marrez-vous, vous ne pouvez pas comprendre. Merci. » Le remerciant pour la portière qu’il vient de m’ouvrir, c’est un geste que je tiens à souligner, sa galanterie qui ne lui fait jamais défaut. « Où allons nous ? » « Chez moi, sur Lexington Avenue. Le 118. » Arthur conduit jusqu’à l’adresse indiquée, et afin de ne pas me demander son chemin, il demande au GPS de le guider. Une fois devant, non pas que je sois calmée, mais reconnaissante, bien que nerveuse. « Vous entrez ? » Nous sommes au pied d’un immeuble très chic, dont les loyers sont indécents, mais j’aime ce quartier, j’aime surtout la liberté qu’il me confère, celui de ne pas vivre trop près de mes parents, et l’indépendance dont je jouis dans mon propre appartement n’est pas comparable. Il finit par accepter. Après tout, une visite de son intérieur contre celui du mien, ça se tient. Je compose le code de la porte, entre, traverse le couloir non sans saluer le gardien, et monte à mon étage en compagnie de mon invité. J’entre la première dans mon appartement et lui donne vie en allumant la lumière. Mes talons claquent sur le parquet de l’entrée, un long couloir menant à une immense pièce à vivre, couloir dont les murs sont couverts de livres, d’ouvrages de tous genres, certains plus nobles que d’autres. « Je vous en prie. Vous buvez quelque chose ? » Me dirigeant derrière le bar, me servant déjà un verre de tequila.
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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: This is not a trick [Anthur#6]   Sam 4 Nov - 22:50

Ai-je vraiment l’air de rire ? L’avocate interprète mal ma remarque, parce qu’au contraire de ce qu’elle croit il n’y a pas une once d’amusement dans ce que je dis. C’est vrai que plus tôt en l’entendant rentrer dans les bureaux tel un dragon furieux je faisais preuve d’humour mais j’ai bien compris que la situation lui pèse. Alors certes ce n’est qu’une voiture sauf qu’elle y tient et je ne suis personne pour la juger. Je compatis à sa soirée merdique, peu importe ce que la jeune femme en pense. Je ne me formalise pas, de toute façon elle est d’une humeur de chien, et ça se comprend, alors tout ce que je peux dire me sera renvoyé sèchement. Loin de moi l’idée de jouer l’innocent, j’ai jeté de l’huile sur le feu en amont je ne vais pas me plaindre qu’il y ai des flammes. Cependant j’essaye de calmer le jeu, ou plutôt d’instaurer un climat qui puisse permettre à l’avocate de faire redescendre la pression c’est à dire le silence. Je m’en remets aux indications du GPS pour reconduire Andrea jusque chez elle et lorsque je me gare à proximité de son immeuble je m’attends à peine à un merci. Forcément je suis un peu surpris quand elle me propose de monter, je hoche positivement la tête elle semble un peu plus calme même si elle n’inspire pas la sérénité pour autant. Si j’accepte c’est par curiosité je ne vais pas le nier, mais également pour m’assurer qu’elle ne va pas sombrer dans une colère stérile à ruminer ses désagréments de ce soir. Ça ne me regarde pas, je devrais m’en foutre mais ce n’est pas le cas. Nous entrons dans l’immeuble de haut standing, ce n’est pas une surprise elle a toujours vécu dans le luxe elle ne connaît que ça. Je salue poliment le gardien et ne dis pas un mot durant notre ascension jusqu’à l’étage où se trouve l’appartement de l’avocate.
La jeune femme ouvre la porte et entre, allumant la lumière et révélant ainsi les lieux. Je la suis, observant ce qui se trouve dans le couloir menant à une pièce spacieuse pièce à vivre. On ne risque pas de se marcher dessus, ou alors il faudrait vraiment le faire exprès. J’observe, toujours silencieux peut-être par simple plaisir de contrarier l’avocate qui me jugeait incapable de me taire. Enfin je crois que présentement ce n’est pas ce qui pourrait la contrarier le plus, mais au moins je lui prouve que j’en suis capable. Contrairement à chez moi les lieux sont imprégnés par celle qui y habite, une décoration certainement minutieusement choisie, des souvenirs… de la vie tout simplement. Mon attention se reporte sur l’avocate qu’au moment où elle me propose à boire, alors qu’elle se sert dores et déjà un verre « La même chose que vous. » dis-je en m’approchant à mon tour du bar « Vous semblez être une grande lectrice. Vous trouvez le temps pour ça ? » demandé-je, intrigué par la manière dont la jeune femme peut s’y prendre pour arriver à trouver du temps pour elle alors qu’elle semble ne vivre que pour son boulot. Elle fait glisser un verre dans ma direction, je lui souris « Merci. » elle avale le sien d’une traite sans attendre « Ça va mieux ? » je ne pense pas que l’alcool résolve quoi que ce soit mais ça a un petit côté réconfortant parfois. Je fais tourner mon verre, je l’ai accepté surtout pour la forme « J’ai bien compris que vous tenez beaucoup à cette voiture. Une raison particulière à cela ? » j’ai peut-être un humour un peu spécial et surtout je ne l’utilise pas toujours dans des moments que l’avocate juge appropriés, mais j’ai surtout un bon sens de l’observation et je sais lire le comportement des gens. Je suis prêt à me faire envoyer sur les roses si c’est ce que la jeune femme choisit de faire, ça ne serait pas la première ni la dernière fois.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: This is not a trick [Anthur#6]   Dim 5 Nov - 12:35


Arthur est un des rares hommes à être entrés ici. Je n’aime pas partager mon univers. Ma passion pour la lecture qui ne peut que s’afficher sur les murs, n’est pas une anecdote que j’aime donner à tout le monde, je ne peux nier mon goût pour la littérature, pour les voyages ou encore pour les matières nobles une fois qu’on est entré chez moi. J’aime me sentir bien dans mon intérieur, un peu comme un cocon, que je ne retrouve pas souvent. Ce n’est pas comme si je pouvais aménager mon bureau de n’importe quelle façon, alors OK, il est énorme et fait facilement la taille d’un appartement moyen à New-York, mais tout de même, ça reste relativement peu personnel. Je ne tiens pas à me dévoiler si facilement. Aucun homme en tout cas, à ce stade de la relation, n’est entré chez moi. J’ai eu des histoires plus ou moins sérieuses mais jamais je ne suis réellement tombée amoureuse encore, je crois. J’y étais attachée, bien entendu, mais à quoi bon imaginer un avenir avec un clone de mon père ? De toute évidence, quand un homme arrivait à plaire à mon père, c’est qu’il était comme lui, ça n’aurait donc jamais pu marcher. La perspective de me retrouver un jour remplacée dans le cœur de l’homme que j’aime, par une bombe atomique de la moitié de mon âge, jamais de la vie, plutôt vivre seule, avec un ou deux chats, tient, voire trois ! J’ai relativement peu de principes, de par le métier que j’exerce, mais jamais au grand jamais, je ne supporterais l’infidélité, ni ne la cautionnerais. Je ne suis la femme que d’un seul homme. C’est étrange chez moi, ce besoin d’appartenance, moi qui suit si indépendante et qui tient tant à ma liberté.
Je le prie d’entrer, sans pour autant lui proposer de visiter, et jette mon manteau sur le canapé, j’ai besoin d’un verre. Par politesse, et parce qu’il est mon invité, je lui en propose un. « La même chose que vous. » « Sel et citron ? » A boire de la tequila, autant faire ça dans les règles de l’art. Arthur est très observateur et s’il pense que je ne le vois pas jeter des coups d’œil discret à mon intérieur pour tenter de sonder un peu qui je suis. A croire que c’est bien plus évident pour lui que pour moi, de deviner qui je suis grâce à mon intérieur. Tu parles, tout est affiché sur les murs, ou bien dans la décoration. Je m’exprime dans mon intérieur. « Vous semblez être une grande lectrice. Vous trouvez le temps pour ça ? » Je prends le temps de préparer son verre, mais dans la précipitation et la précision, je crois que je ne suis pas encore capable de quelque calme que ce soit. « Je le prends sur mon temps de sommeil. Ce n’est pas comme si j’avais une vie. » Et ce n’est pas comme s’il allait en avoir une aussi. Nous sommes prisonniers de nos jobs, ça fini toujours comme ça, alors ce petit plaisir, je le garde pour moi. J’ai toujours un livre dans mon sac, mais je ne le sors jamais au bureau. D’un je n’ai pas le temps et de deux c’est encore trop intime pour que je ne le fasse. C’est un passe-temps futile, après tout, c’est ce que j’ai toujours appris. Je fais glisser son verre jusqu’à lui et englouti le mien d’une gorgée. « Merci. Ça va mieux ? » Je me ressers un verre, le même, un fond, bien entendu, mais un sacré fond quand même. Assez pour me détendre, ou tout du moins je l’espère. Jamais plus d’alcool que ne me le permets la décence ou la lucidité. Mais nous sommes résistants dans la famille, il faut voir ce que ma mère peut s’enfiler comme vin à table ! Et pas qu’à table d’ailleurs… « J’ai bien compris que vous tenez beaucoup à cette voiture. Une raison particulière à cela ? » « C’est MA voiture. » Second verre envoyé, Dieu que ça brûle ! « Ce que je veux dire par là, c’est que c’est ma voiture à moi. » Je repose mon verre, cette fois-ci, je le laisse tranquille. « Cette voiture, je l’ai choisie, j’ai passé du temps à la désirer. J’ai travaillé pour. Elle est le premier bien que je me suis offert par mes propres moyens, sans l’aide de qui que ce soit, simplement grâce à l’argent que j’ai moi-même gagné. Alors cette voiture, c’est pas juste une voiture, c’est ma première réussite. » Mon signe d’indépendance, voilà tout. Une voiture à New-York, futile, n’est-ce-pas ? Mais je n’en n’avais pas grand-chose à faire. Depuis le temps, j’aurais pu en changer trois fois, mais c’est tout à fait hors de question. « Encore un symbole Arthur. Vous allez finir par croire que je suis complètement irrationnelle. » Dans notre métier tout est tellement concret. « Vous ne buvez pas… »
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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: This is not a trick [Anthur#6]   Lun 6 Nov - 0:32

Sel et citron ? Je ne crois pas que la tequila puisse se boire avec autre chose si elle n’est pas l’élément d’un cocktail. J’acquiesce d’un mouvement de tête et l’avocate me prépare un verre, les mains encore un peu tremblantes d’énervement. Je l’interroge sur sa passion pour la lecture, forcément si elle n’empiète pas sur son temps de travail, qui s’apparente à celui d’un força, c’est qu’un autre aspect de sa vie est sacrifié et en l’occurrence il s’agit du sommeil. Sans doute la jeune femme n’a t’elle besoin que de peu d’heures de repos parce que je ne lui trouve pas particulièrement une mine fatiguée, ou alors elle sait parfaitement dissimuler ses traits tirés. Andrea boit son verre d’une traite, je lui demande si elle se sent mieux après cela mais comprends vite qu’il est sans doute encore trop tôt pour le dire, elle vient de se resservir. Sa réaction quant à la panne de sa voiture et plus encore le traitement que lui a infligé le dépanneur, a démontré son attachement à ce qui peut paraître un objet du quotidien. Il n’est pas rare que les gens soient attachés à leur voiture, mais je crois que dans le cas de la jeune femme c’est encore différent. Durant un court instant j’ai comme l’impression qu’elle ne va pas me répondre mais finalement j’obtiens une explication. Si l’avocate y est si attachée c’est qu’elle représente quelque chose d’important pour elle : sa réussite. Un bien acquis par ses seuls moyens grâce à son travail. Je comprends mieux sa réaction, c’est le symbole d’un petit affranchissement du joug familiale, cette voiture elle ne la doit à personne d’autre qu’elle-même. Je souris, bienveillant alors qu’elle souligne le côté irrationnelle que je pourrai lui trouver, secouant légèrement la tête je réfute son hypothèse « Non, c’est quelque chose de plutôt concret. Je comprends que vous y teniez. » je suis sincère en disant cela, j’ai beau voir le monde à ma manière je n’en reste pas moins un homme de mon temps avec le matérialisme que ça comporte. Après tout on place bien ses sentiments dans ce qui nous inspire et comme bon nous semble, non ?
L’avocate remarque que mon verre est toujours plein, j’arque un sourcil « Vous voulez le boire à ma place ? » petit sourire en coin et finalement je bois à mon tour d’une traite, sentant l’alcool réchauffer ma gorger. « Je comprends mieux pourquoi vous m’interrogiez sur mon appartement et ma déco ou plutôt son absence. L’endroit a dû vous sembler très impersonnel en comparaison au votre. » disant cela je regarde autour de nous, je trouve la pièce agréable. « Ça fait longtemps que vous habitez ici ? » moi aussi je suis curieux, elle le sait pertinemment. Alors qu’elle s’apprête à me resservir je pose ma main sur mon verre « Ça sera tout pour moi. » je ne suis pas un grand fan de la tequila et pas spécialement un gros buveur. Sans doute pour ne pas avoir repris la bouteille pour rien l’avocate s’apprête à remplir son propre verre, je l’en dissuade en posant délicatement ma main sur son poignet puis remontant jusqu’à sa main pour lui faire lâcher la bouteille que je prends le soin de refermer moi-même. « Vous êtes encore tendue je le vois, mais que diriez-vous de me parler littérature plutôt que de parler tequila ? J’ai quelques lacunes en espagnol… » ce n’est pas tout à fait vrai, je me débrouille plutôt bien. Je lâche doucement sa main « Parmi tous ceux que vous possédez ici, quel est votre livre favoris ? » demandé-je en ayant toujours en tête d’en découvrir d’avantage sur la jeune femme. Je souris et avant même qu’elle ne dise quelque chose j’ajoute « Oui ça m’intéresse vraiment. » elle peut me surprendre, je le sais peut-être même que je l’espère un peu.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: This is not a trick [Anthur#6]   Lun 6 Nov - 1:51


Je ne sais pas ce qui me prend de me confier aussi facilement à Arthur. Ça ne m’est jamais arrivé, à personne. J’ai pris pour habitude de ne faire confiance à personne de toute façon. On nous apprend tout petit, dans nos écoles élitistes, que c’est chacun pour sa gueule. Que la réussite ne se partage pas, il n’y aura qu’un meilleur, et que chacun est un concurrent. Son prochain n’est pas celui de qui ont doit prendre soin, plutôt celui de qui on doit se méfier. Soit proche de tes amis mais encore plus de tes ennemis. Et si j’ai été formaté comme ça, malgré moi, Arthur vient foutre cette règle fondamentale en l’air. Il n’a rien de l’ennemi, et j’en viens à me sentir assez bien avec lui pour le faire monter dans mon appartement, et lui confier certaines choses de mon passé. Et même certains aspects de ma vie quotidienne, que je n’ai pourtant jamais révélée à personne. Arthur vient d’entrer dans mon intimité la plus profonde, et je pèse mes mots, parce qu’aucun de mes petits copains n’a jamais franchi cette porte. Je me suis toujours arrangée pour me rendre à l’hôtel ou bien chez eux. Des relations suivies, je n’en n’ai de toute façon eu que très peu depuis mon arrivée ici, voire pas du tout. J’en ai connu quelques-unes à New-York, mais par intérêt, de leur côté. Je ne suis de toute façon jamais tombée amoureuse. Trop lisses, trop bon chic bon genre, le genre gendre idéal qui perdait tout intérêt une fois mon père ayant quitté la pièce. Arthur est sans doute différent à ce niveau. Il sait parler de tout, s’adapter, apprécier même ce qu’il n’est pas censé vraiment apprécier en temps normal, se contenter d’un simple moment partagé, et j’apprécie beaucoup ça chez lui. Sa façon de vivre dans l’instant présent et de se foutre du reste. « Non, c’est quelque chose de plutôt concret. Je comprends que vous y teniez. » « Que ça ne s’ébruite pas, je suis contrainte de vous tuer, et je n’aimerais pas du tout ça. » J’esquisse un léger sourire, presque complice, une petite moue avec mes lèvres. J’ignore à qui je parle, et je crois que c’est une bonne chose.
« Vous voulez le boire à ma place ? » « J’ai l’air d’en avoir besoin ? » J’ai une sale gueule à ce point ou je semble si désespérée ? Mais il le boit lui-même. « Je comprends mieux pourquoi vous m’interrogiez sur mon appartement et ma déco ou plutôt son absence. L’endroit a dû vous sembler très impersonnel en comparaison au votre. » « J’aime retrouver mon cocon, faire de chez moi comme le seul endroit où rien ne peut m’atteindre. » Je me sens trop vulnérable une fois dehors, parce que nous le sommes tous, c’est une arène, grandeur nature. C’est un jeu, en plus cruel, ça s’appelle la vie. « Ça fait longtemps que vous habitez ici ? » « Oui, depuis qu’on est arrivé sur le sol Canadien. » Hors de question que je ne retourne chez mes parents le temps de trouver un endroit, même en partant dans la précipitation ! J’ai acheté le premier appartement dans lequel je me sentais chez moi, et ça n’a pas loupé. J’aime mon intérieur, j’aime rentrer ici le soir, y travailler, y lire… Me ressourcer. Etre heureux chez soi n’est pas en partie du luxe ? « Ça sera tout pour moi. » Je lui adresse un signe de tête pour lui faire signe que je comprends mais ne m’arrête pas en si bon chemin et m’apprête à me resservir quand il arrête mon geste, d’un geste à son tour très délicat. Mon poignet d’abord, puis ma main, afin de récupérer la bouteille. « Vous êtes encore tendue je le vois, mais que diriez-vous de me parler littérature plutôt que de parler tequila ? J’ai quelques lacunes en espagnol… » « Et j’ai l’air du genre de femme qui parle espagnol ? » J’ignore ce qu’il sait de moi. S’il a pu voir les ouvrage en espagnol, ou encore m’entendre le parler au téléphone un jour au bureau… Elle est la seconde langue la plus parlée au monde, rien de risquer à tenter un coup de poker là-dessus. Arthur est un grand bluffeur. Je n’aimerais pas me retrouver à jouer contre lui, je perdrais à coup sûr. « Parmi tous ceux que vous possédez ici, quel est votre livre favoris ? » Pourquoi me pose-t-il ce genre de question au lieu de me laisser boire ? Je ne comprends pas cet homme. Il aurait toutes les cartes en main pour profiter de la situation. Gagner ma confiance, c’est presque déjà acquis, il pourrait en jouer pour gagner des points dans l’entreprise. Abuser de cette confiance aussi pour obtenir quelques faveurs typiquement féminine, mais toujours pas. Alors je l’interroge du regard. « Oui ça m’intéresse vraiment. » J’insiste en fronçant les sourcils, mais il a l’air réellement concerné par cette question. « C’est le genre de question difficile pour une personne comme moi… » Je quitte le bar, et parcours mon couloir, en jetant un œil sur chacune des étagères pour trouver la bonne réponse. Je ne le sais pas en fait. « Je suis profondément indécise et mes goûts changent en fonction de mon humeur. Mais si je devais en choisir un… » Je me mords la lèvre inférieure, choix cornélien. « Attendez. » Je le laisse patienter dans le salon, toujours assis au bar et retrouve ma chambre. Du tiroir de la table de nuit, je sors un livre tout écorné de par le nombre de fois où j’ai pu le lire et le relire. Je le lui pose sur le bar, juste face à lui. « Les liaisons dangereuses. De Laclos. Rien de très original, vous serez déçu. » Je lève un sourcil, et me dirige vers le frigo, en sortant quelques Tupperware pleins. « Vous n’avez toujours pas dîné, j’imagine ? » Les déposant sur le plan de travail de la cuisine avant de mettre le couvert pour deux personnes, sur la table en verre.
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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: This is not a trick [Anthur#6]   Mar 7 Nov - 22:23

Une petite menace pour s’assurer de mon silence, j’esquisse un sourire en coin. Si elle savait… Loin de moi l’idée de la sous-estimée mais avec la vie que je mène quand je ne suis pas en mise au vert ici à Montréal, on ne peut pas dire que je sois très impressionné. De toute façon ce n’est pas son but, l’avocate veut juste me faire comprendre qu’elle tient à ma discrétion. Et même si je ne réponds pas mais la rassure par un simple regard, je ne compte pas parler à qui que ce soit de cela. Ce n’est pas mon rôle et puis je n’ai jamais été fan du colportage.  La jeune femme peut se rassurer sur ce point là, ses secrets sont bien gardés avec moi. Après tout si je fais partie de cette entreprise c’est juste parce que je le veux bien et cherche à tromper l’ennui. Concrètement je me fous pas mal de lui causer du tort ou alors de me faire bien voir. Je n’ai même pas besoin de l’argent que je vais toucher en commission sur les affaires que je conclurai. Pour moi tout ça c’est du vent mais il m’est interdit de le lui dire, de son côté c’est toute sa vie ou presque, et je trouve ça même un peu dommage. En fait la seule chose réelle c’est nos échanges, ma façon d’être avec elle, c’est même un peu étrange d’être moi… à croire que j’avais oublié ce que ça faisait. Enfin si tant est que j’ai encore une vraie personnalité qui me soit propre. Je prends mon temps avant de boire ce verre que l’avocate m’a offert, peut-être trop à son goût et quand elle me le fait remarquer je lui demande si elle a l’intention de me le boire à ma place. Sa réponse ne se fait pas attendre, un peu piquée par ma question. Je secoue la tête en continuant de lui sourire avant de finalement boire ma tequila.
Je lui parle de son appartement, de l’ambiance qui s’en dégage, plus chaleureuse que celle de mon propre logement et pour cause on dirait presque un appartement témoin. J’apprends que la jeune femme y vit depuis son arrivé ici au Canada. Je ne lui demande pas plus de précision, pas pour l’instant, à vrai dire ça tient du détail et j’ai tout le temps de chercher à savoir le pourquoi de ce déménagement. Une sorte d’exil peut-être ? Ou une fuite. Je l’empêche de se servir un nouveau verre, j’aime son esprit affûté, même s’il me vaut de recevoir parfois quelques répliques acerbes, je tiens à ce qu’elle garde sa lucidité. L’alcool est un réconfort éphémère et un verre peut vraiment être bénéfique mais ce n’est pas une solution viable. Je ne la pense pas être de ce genre à s’enivrer pour oublier, elle a trop de classe pour ça, mais parfois à trop faire attention à son image on fini par lâcher prise. J’argumente mon geste avec un trait d’humour sur lequel l’avocate s’empresse de rebondir « Vous avez l’air d’une femme pleine de ressources, qui plus est avec une place importante… alors oui je pense que vous parlez espagnol. » ce n’est d’ailleurs probablement pas la seule autre langue qu’elle parle en dehors de celle de Shakespeare. Puisque j’ai eu tout le loisir de me rendre compte qu’elle est une véritable passionnée de littérature, j’interroge l’avocate sur son ouvrage favoris. C’est une question difficile, j’en suis conscient. Je la regarde contempler ses livres, indécise, à la recherche d’une réponse. Mes yeux glissent le long de sa silhouette, je m’imprègne de son image évoluant sur son propre terrain, son cocon comme elle l’appelle. Ses humeurs dirigent ses goûts et envies, elle est donc humaine en dépit de ce qu’elle s’évertue à vouloir faire croire. Finalement la jeune femme disparaît me laissant d’autant plus intrigué, toujours au bar.
Elle revient un instant plus tard, posant un livre devant moi. A son allure je comprends qu’il a été lu maintes fois, je ne suis finalement pas si surpris que son ouvrage favoris soit un classique. « Déçu ? Pourquoi ? » je souris « Ne vous ai-je pas déjà dis que pour être déçu il fallait avoir une attente ? »or je n’attendais rien de précis comme réponse, c’est son choix. « De l’épistolaire ce n’est pas un choix commun. » même si cette œuvre là est bien connue, le genre ne plait pas à tout le monde. L’avocate se dirige vers son frigo, sortant de quoi se faire réchauffer un dîner. Je secoue négativement la tête « Non effectivement m… » je n’ai pas le temps de lui proposer de la laisser si elle le souhaite qu’elle sort déjà deux couverts. « Je ne veux pas m’imposer. » dis-je quand même par politesse tout en la rejoignant, regardant les boites qu’elle vient de sortir « Et qui vous prépare ça ? » demandé-je toujours plus curieux d’en savoir plus sur la vie passionnante d’Andrea Manzonni. « Nul doute que vous n’avez pas le temps pour ça, mais si vous le trouviez, vous cuisinez ? » je ne pense pas, mais je peux être surpris.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: This is not a trick [Anthur#6]   Mar 7 Nov - 23:50


Nous en sommes encore à jouer au jeu du chat et de la souris, exactement comme depuis qu’il est entré dans mon bureau en se faisant annoncer pour un rendez-vous dont je ne me souvenais pas. A l’instant même où il est entré dans ces locaux pour ne plus en revenir qu’en tant que membre à part entière de l’équipe. Il est tellement rare qu’un homme arrive à se faire une place si facilement. Avec de tels résultats et de telles qualités humaines surtout. Parce que des requins, si on en a vu passer, aucun n’a marqué de son empreinte les couloirs de cette façon. Tout le monde apprécie Arthur et en particulier les femmes. Regard poussé qui d’ailleurs m’agace. Je ne supporte pas que la gente féminine ne s’approche de trop près en espérant quoi que ce soit. Ridicule pourtant, il n’est ni à moi ni à personne et je ne définis d’ailleurs pas la relation de couple comme appartenant à quelqu’un. Alors pourquoi j’ai simplement envie de les étrangler ? Pas que nous soyons nombreuses mais pour tout ce qui concerne l’accueil et ce qui est à l’organisation, c’est pour les femmes. Machiste ? Non, simplement mon père.
« Vous avez l’air d’une femme pleine de ressources, qui plus est avec une place importante… alors oui je pense que vous parlez espagnol. » « Vous ne preniez pas grand risque à le parier. Effectivement, je le parle. Mais ce n’est pas la seule langue que je pratique. » Je réponds, je lui donne des bribes de moi-même là où il ne me donne rien et où il ne me donnera de toute façon rien tout de suite. Il me demande quel est mon ouvrage préféré, alors je me décide de jouer carte sur table en évitant de lui mentir. « Déçu ? Pourquoi ? » L’édition originale trône sur le bar, en version originale. « Ne vous ai-je pas déjà dis que pour être déçu il fallait avoir une attente ? » Il a toujours réponse à tout et je lui adresse un regard qui signifie que ce n’est pas le soir pour faire de l’esprit. A tout bien y réfléchir, ses paroles sont plutôt gentilles, mais je suis susceptible, fatiguée et contrariée, sincèrement ! « De l’épistolaire ce n’est pas un choix commun. » « Mais c’est justement ce qui rend ce livre si… intrusif. Les écris de quelqu’un en disent long sur lui. Tant sur son état d’esprit, que sur sa personne ou tout un tas d’autre chose. L’écriture est quelque-chose de très intime… à mon sens. » Peut-être plus intime que tout le reste. Au travers de quelques phrases griffonnées on peut deviner tellement de choses à propos de son auteur, pour peu de s’y connaître un peu… S’il était calme, détendu, énervé, s’il est plutôt introverti ou au contraire extravaguant, s’il a confiance en lui ou non… C’est une science, à laquelle je crois. « Non effectivement m… » Je sors deux couverts, je ne lui laisse pas franchement le choix. Ce n’est pas comme s’il avait une petite amie ni même un chat pour l’attendre à la maison. « Je ne veux pas m’imposer. » « Ais-je l’air de subir votre présence ? » Lui lançant un regard en coin en déballant les petits plats tout frais des tupperwares. « Et qui vous prépare ça ? » Encore une fois, il me demande de me dévoiler, et moi je cède, pourquoi ? Je n’en n’ai pas la moindre idée, mais l’ambiance est plutôt propice à la confidence. « Ma femme de ménage. Me voilà démasquée. Elle glisse quelques tupperwares dans mon frigo l’air de rien. Et moi je m’assure qu’elle récupère quelques cigares cubains pour son mari et le chocolat Suisse qu’elle adore. Chacune de nous fait comme si de rien n’était. » C’est une attention que j’ai trouvé très touchante. Elle a commencé à cuisiner pour moi quand elle a remarqué que je ne mangeais pas grand-chose d’équilibré et que je n’avais surtout pas grand talent. Alors en ayant pu échanger quelques mots avec elle, et sachant que son mari, cubain lui aussi, avait parfois le mal du pays, je me suis arrangé pour contribuer un tant soit peu à son retour au pays, tout comme j’ai remarqué une fois qu’elle regardait cette boite de chocolat sur mon comptoir comme s’il s’agissait d’un coffre au trésor. Alors à mon tour, j’aime lui offrir ce petit plaisir. Je préfère ne pas avoir à poser des mots sur mes attentions, les prouver par des actions plutôt que par des mots. Je suis assez pudique et on ne m’a de toute façon pas appris à être autrement. « Nul doute que vous n’avez pas le temps pour ça, mais si vous le trouviez, vous cuisinez ? » Je pouffe de rire en déposant les plats tout juste sortis du micro ondes sur la table. « Vous plaisantez ? Demandez-moi ne serait que de faire des pâtes et vous n’aurez plus à poser la question. » Il a l’air de m’interroger du regard. « Une vraie catastrophe, rien à sauver. » Je suis au moins sincère. Un carnage en cuisine. » Je hausse les épaules en me levant pour aller chercher du vin et une bouteille d’eau. « Mais Dieu merci, ce n’est pas pour ça qu’on me paye. » Je suis bien plus douée dans mon domaine. Un requin, mais pas seulement, stratège, pragmatique et concernée, ça aide. « Je peux vous poser une question personnelle, Arthur ? » Après tout, il m’en a posé tellement… « Je peux. » Je prends la décision. « Qu’est-ce-que vous faites de votre vie en dehors du travail ? Vous trouvez le temps de m’accompagner à des concerts, de dîner avec moi, de me raccompagner chez moi… Mais vous n’avez pas l’air malheureux pour autant. Alors expliquez-moi… Je suis curieuse, et n’ai trouvé absolument aucune réponse dans votre appartement. Je me sens presque mise à nue ici. » Et me sert un verre… D’eau, cette fois. La bouteille de vin est toujours fermée, malgré le grand cru qu’il présente.

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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: This is not a trick [Anthur#6]   Ven 10 Nov - 11:55

J’ai vu juste, et même si ce n’était pas bien compliqué je me satisfait de l’avoir fait. Ça n’a rien de surprenant que l’avocate parle plusieurs langues, mais je serai curieux de savoir lesquelles. Ça sera pour une prochaine question, à cet instant c’est à son ouvrage favoris que je m’intéresse. Elle craint que je ne sois déçu et je lui rappelle qu’en l’absence d’attente il n’y a pas ou peu de déception. Ma petite remarque ne semble pas faire l’unanimité auprès de la jeune femme, ce n’est pas le moment de jouer à ce petit jeu là je le comprends à son seul regard. Je souligne quand même l’originalité de son choix, bien que le bouquin en question soit un grand classique, la littérature épistolaire n’est pas la plus prisée. C’est pour l’accès poussé à l’intimité des personnages que l’avocate apprécie particulièrement cette œuvre. Je hoche la tête, c’est un point de vue intéressant. Pourtant je ne crois pas qu'en ayant accès à mes écrits Andrea puisse avoir tant de renseignements sur qui je suis. Probablement parce que la plupart sont en lien avec ma toute nouvelle activité professionnelle et qu’on m’a bien appris de ne jamais trop en dire ou alors de manière très subtile. C’est un exercice auquel je devrais m’essayer, ça pourrait être amusant. L’avocate m’invite plus ou moins à diner en sa compagnie, je lui indique que je n’ai pas vocation à m’imposer et sa réponse me fait sourire « Non je ne crois pas. Peut-être un peu ? » dis-je alors que nos regards s’accrochent avec une certaine complicité. Je la questionne sur l’origine de ces plats cuisinés de manière traditionnel, je doute fort que ça soit l’œuvre de sa mère mais du cuisinier attitré de celle-ci peut-être bien. Mais je suis à côté de la plaque, c’est la femme de ménage de l’avocate qui se charge de lui préparer à manger, en échange de quelques compensations en cigares et chocolat. Un échange implicite entre elles, la jeune femme n’est pas du genre à en faire des tonnes, elle est même plutôt réservée mais pas moins généreuse.
Je suis tout de même curieux de savoir si l’avocate a elle-même quelques notions en cuisine, sa réponse est claire et nette ce n’est absolument pas un domaine dans lequel elle brille. Elle avoue même être une catastrophe « Encore une preuve de plus que vous êtes humaine. » je souris, amusé « Si vous étiez douée en cuisine en plus de tout le reste il y a de fortes chances que des centaines de femmes vous souhaiteraient du mal. » plaisanté-je « Enfin c’est déjà probablement le cas. Vous êtes impitoyables entre vous. » et puis parfois il y a des élans de solidarité mais je crois que les femmes aiment vraiment se planter des couteaux dans le dos. « Quoi que vous concernant, vous évoluez depuis longtemps au milieu d’hommes, vous en avez pris les codes. Les crêpages de chignons vous passent au dessus. » mais les choses seraient probablement différentes si une concurrente féminine venait à empiéter sur ses plates bandes, là se serait probablement très sanglant. Jusque là j’ai été celui qui pose le plus de questions, il est bien légitime que la jeune femme veuille en faire de même, elle m’en demande la permission mais ne me laisse même pas la lui donner, estimant en avoir le droit. Elle a raison. Sa question est d’une grande simplicité et pourtant il ne m’est pas si facile d’y répondre. En dehors de ce faux boulot qui en devient presque un vrai, qu’est-ce que je fais ? Des recherches pour mon rôle, je peaufine mes connaissances en matière d’immobilier et je fais appelle à des contacts pour trouver de bonnes affaires. Mais tout ça c’est totalement exclus de le lui dire. Je ne peux pas admettre passer tout mon temps ou presque à élaborer comment faire semblant d’être quelqu’un. Me reste alors l’infime part de liberté et d’activités normales que je m’accorde, ça ne pèse pas lourd mais ça suffira « Je fais du sport, je lis, bien que je sois un plus petit lecteur que vous. Je me balade en ville, j’essaye d’en découvrir des endroits atypiques, intéressants. Je trompe l’ennui. » tout est vrai mais la dernière chose est la plus importante.
Je n’ai pas manqué de souligner que dans la remarque suivant sa question, l’avocate a admis se sentir mise à nue, ici chez elle à répondre à mes questions avec une sincérité pour laquelle je lui suis reconnaissant. « J’apprécie d’apprendre à vous connaître Maitre Manzonni. Vous êtes une femme intrigante, incroyablement déterminée mais pas seulement. » et si je suis capable de l’avoir perçu c’est simplement parce qu’elle m’en laisse la possibilité, peut-être même pas totalement consciemment mais elle le fait. « Heureusement que cette mise à nue n’est pas au sens littéral, sinon il est probable que vous auriez mis ce dîner à chauffer pour rien. » glissé-je sur le ton badin de la conversation en me servant un verre d’eau à mon tour en la regardant du coin de l’oeil « Je sais que vous êtes encore contrariée mais j’aurais espéré vous voir esquisser plus qu’un demi-sourire. » ajouté-je après avoir bu une gorgée « Trop d’esprit et pas assez de vérités palpables pour vous ? » je hausse les épaules « Posez moi une autre question. ».
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: This is not a trick [Anthur#6]   Ven 10 Nov - 15:56


« Non je ne crois pas. Peut-être un peu ? » « Vous savez très bien quand vous devenez encombrant, et vous adorez ça. » Notre regard s’accroche, complice. Je noue avec lui une relation particulière. Amicale, dans un premier temps, sans pour autant pouvoir nier qu’il me plaît beaucoup. C’est un homme charmant, cultivé, plein d’humour et très bien éduqué. Je pense qu’il le sait, il sait ce qu’il vaut, ne se dénigre ni ne se met trop en valeur. Il a conscience de ce qu’il est et fait avec. C’est aussi un homme que je devine droit, la preuve, étant donné les risques qu’il prend pour faire les choses qu’il estime juste. Il n’a jamais tenté de prendre plus que ce qui ne devait lui revenir. Ni dans l’entreprise, ni avec moi. Il m’a embrassé, et j’ai adoré ça. Mais il a eu la convenance de ne rien demander d’autre. C’est bien la première fois qu’un homme consent à respecter ce genre de choses sans au moins tenter sa chance. J’ai apprécié sa délicatesse, autant qu’elle me permet encore de me poser des questions. « Encore une preuve de plus que vous êtes humaine. » Cette insistance à me prendre pour un robot ! D’accord, je suis un bourreau de travail et il arrive encore que ce fameux boulot ne vienne à empiéter sur une sortie ou un moment à moi. Ou à nous, étant donné qu’il est sans doute la personne que je vois le plus en dehors de mes parents. Je n’ai pas le temps pour une vie sociale, pas une vraie en tout cas. « Si vous étiez douée en cuisine en plus de tout le reste il y a de fortes chances que des centaines de femmes vous souhaiteraient du mal. » « Elles me souhaitent déjà du mal et ça s’appelle de la jalousie. » Répondis-je à l’unisson avec lui quand il rétorque. « Enfin c’est déjà probablement le cas. Vous êtes impitoyables entre vous. » « Et vous êtes un vrai macho ! » Je ris, amusée. Je ne le connaissais pas sous cet angle-là, bien qu’il ait totalement raison et que ça ne soit pas totalement pour me déplaire. « Quoi que vous concernant, vous évoluez depuis longtemps au milieu d’hommes, vous en avez pris les codes. Les crêpages de chignons vous passent au dessus. » « Oh non, ne croyez pas ça, j’ai eu ma part au lycée. Mais j’ai effectivement toujours préféré la compagnie des hommes. Ils sont… plus francs. Plus directs. Plus pragmatiques aussi. » Et je crois que je préfère les échanges réels. J’ai sans doute plus besoin de sincérité que n’importe qui d’autre. Mais je ne le fais pas remarquer ce soir. J’aime la présence des hommes, je crois qu’au fond de moi j’aurais préféré en être un. Ça m’aurait évité bien des déboires.

Je lui pose à mon tour des questions, il m’intrigue, j’aimerais savoir à qui j’ai à faire et cet homme reste un foutu mystère à lui tout seul ! « Je fais du sport, je lis, bien que je sois un plus petit lecteur que vous. Je me balade en ville, j’essaye d’en découvrir des endroits atypiques, intéressants. Je trompe l’ennui. » « Vous lisez ? Qu’est-ce-qui vous plaît ? » Je ne peux m’empêcher de sauter sur l’occasion. La littérature est sans doute ma meilleure amie, même si je n’ai jamais renvoyé ce côté rat de bibliothèque que j’étais pourtant gamine. Ma mère veillait toujours à ce que j’ai un livre ou deux d’avance dans le jet que nous prenions, ou n’importe où où nous allions. C’était bien la seule façon de me faire tenir en place, d’un naturel plutôt turbulent. « J’apprécie d’apprendre à vous connaître Maitre Manzonni. Vous êtes une femme intrigante, incroyablement déterminée mais pas seulement. » « Arrêtez de me servir du maître Manzonni, nous ne sommes pas au boulot, Andy suffira. Mais vous avez dit « pas seulement » ». Je reste sur sa dernière phrase, qui m’intrigue au possible. Je ne suis pas seulement déterminée, alors que parvient-il à lire en moi ? Mais la conversation prend une autre tournure, qui me fait sourire. J’aime qu’il sache jouer sur autant de tableaux. Correct mais pas chaste pour autant. « Heureusement que cette mise à nue n’est pas au sens littéral, sinon il est probable que vous auriez mis ce dîner à chauffer pour rien. » « Parce que vous auriez entrepris les choses ? » Ca m’intrigue, m’intéresse, j’aimerais savoir comme il se comporte avec les femmes. « Je sais que vous êtes encore contrariée mais j’aurais espéré vous voir esquisser plus qu’un demi-sourire. » « Vous vous souciez de moi. » Je constate, et assaisonne mon plat comme à mon habitude, beaucoup trop de sel, une mauvaise habitude que j’ai toujours prise. « Trop d’esprit et pas assez de vérités palpables pour vous ? » « Vous vous cachez littéralement derrière votre humour et votre répartie Arthur ! » Je lui dis, simplement, mais au moins les choses sont claires. « Tout le monde vous croise mais personne ne sait qui vous êtes, et moi encore moins, et ce n’est pas faute de passer du temps avec vous. Vous êtes la personne que je vois les plus depuis votre arrivée. Et je n’ai toujours pas réussi à vous cerner. Si tant est qu’il soit possible de le faire un jour. » Et pour être tout à fait honnête, je n’en suis pas convaincue. « Posez moi une autre question. » « Mm… Puisque vous avez lancé le sujet, les femmes. » Il pose sa fourchette et me regarde d’un air intrigué. « Vous êtes seul, vous me l’avez dit. J’aimerais simplement savoir pourquoi un homme semblant détenir toutes vos qualités se retrouve seul aujourd’hui. Par choix ? Ou par manque de temps ? » Je le regarde droit dans les yeux, jusqu’à ce que mon compagnon d’infortune ne fasse son apparition et ne se trouve une place confortable sur le manteau de mon invité. « Yankee, va te coucher plus loin ! » Mon chat a cette foutue habitude de ne se coucher que là où il n’est pas conseillé de le faire, et je m’en voudrais s’il venait à mettre autant de poils sur le manteau d’Arthur que ce qu’il a l’habitude de laisser sur mon canapé. Et docile, mon chat me lance un regard, et se recouche exactement là où je viens de le houspiller. « Ce chat n’écoute pas plus que moi étant gamine, ma mère dit que c’est le karma. » Je me lève et retire le blouson pour le pendre dans l’armoire de l’entrée. « Mais ne prenez pas ça pour une invitation à éviter la question. » Me rasseyant face à lui, le regard plein de mystère.

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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: This is not a trick [Anthur#6]   Dim 12 Nov - 22:11

Evidemment que l’avocate suscite la jalousie. Elle est séduisante, elle réussit professionnellement et sait s’affirmer, sa place est forcément enviée. Je lève les yeux quand elle me taxe de macho, nous savons tous deux que j’ai raison, et affirmer une vérité n’a rien de désobligeant. Je nuance mon propos en ce qui la concerne, puisque fréquentant surtout des hommes elle a tout l’air d’en avoir pas mal adopté les codes. Cette époque du lycée dont elle parle est révolue et je ne suis pas étonné que même à l’époque la jeune femme préférait la franchise des hommes. Nos conflits sont souvent plus basiques et tout aussi simplement mis à plat. Certains en viennent aux mains, mais bien souvent une bonne grosse discussion animée suffit. Pas qu’il y ai de règles pré établies sur la manière dont chaque genre règle les conflits, mais à force d’observation on est bien obligé de se rendre compte qu’il y a des comportements typiques qui ressortent. Quoi qu’il en soit, Andrea aime la franchise et le pragmatisme, sans aucuns doutes de véritables atouts dans son travail et une des raisons pour laquelle elle a pu se faire une place dans son domaine. L’adaptation est la clé, elle l’a parfaitement compris. Pour ce qui est de me cerner en revanche elle semble avoir quelques lacunes. Pour sa défense, je ne suis pas le genre de type qui se dévoile facilement mais je suis prêt à lui offrir quelques réponses si elle pose les bonnes questions. L’avocate ne s’aventure pas sur un terrain trop glissant, en tout cas pas pour la plupart des gens, mais tout ce qui me concerne peut être un peu délicat si je veux être totalement sincère. Bon en fait ça m’est tout simplement impossible sur certains aspects de ma vie, je suis obligé de m’arranger avec la vérité. Pas que j’ai un goût prononcé pour le mensonge mais c’est nécessaire étant donné la complexité de ma vie professionnelle, la vraie.
Finalement tout ce que je peux dire à l’avocate sur mes activités durant mon temps libre sont des loisirs communs à un paquet de gens. « Oui je lis. J’aime assez les polars. » je hausse les épaules « Mais je suis assez ouvert et la seule condition est que le livre que j’ouvre capte mon attention. » je ne m’arrêtes pas à un seul style de littérature, mais je n’ai pas non plus un temps fou à consacrer à la lecture… du moins avant. J’apprécie notre discussion, en savoir plus sur Maitre Manzonni qui d’ailleurs me reprend. Si je lui ai déjà donné l’autorisation de m’appeler par mon prénom elle n’en avait jusque là rien fait. L’initiative me fait sourire, et je m’étonne même d’être invité à utiliser son surnom « Nous ne sommes pas au boulot c’est vrai mais je n’avais pas votre accord pour vous appelez autrement. » mais cette précision n’est pas ce qui l’intéresse, c’est plutôt ma manière de dresser un rapide portrait de ce que j’ai découvert de sa personnalité qui l’intrigue. Je ne lui offre pas de réponse, enchainant sur sa mise à nue avec un trait d’humour qui ne manque pas de la faire réagir « Parce que j’aurai été beaucoup trop distrait pour manger et ça aurait refroidit. » lâché-je avec le sourire. Le sien n’est pas encore totalement franc, la jeune femme peine à surmonter sa contrariété et je n’hésite pas à l’évoquer tandis que nos assiettes sont prêtes. « Vous en doutiez ? » si je ne me souciais pas d’elle je ne l’aurais pas raccompagné et encore moins accepté son invitation. Je sais que je ne suis pas toujours facile à suivre, peut-être apprécierait-elle que je sois un peu plus affable et enclin à me dévoiler mais ce n’est pas ma manière d’être. Est-ce un problème ? Je ne crois pas, mais j’essaye de savoir ce que Andrea en pense de son côté.
Ah le masque de l’humour… je ne peux pas lui donner totalement tort c’est un outil efficace pour déplacer l’attention ailleurs que sur ma personne. Avec le temps j’ai affiné son usage jusqu’à devenir plutôt habile en la matière et l’avocate en a la démonstration depuis notre toute première rencontre. Elle me l’a dit, elle aime la franchise alors forcément je dois un peu bousculer ses attentes. La jeune femme l’avoue sans retenue, elle n’est pas encore parvenue à me cerner, je l’invite alors à me questionner à nouveau. C’est un jeu pour moi mais ça ne m’empêche pas d’être le plus sincère possible. Elle choisi de m’interroger sur les femmes, s’étonne que je sois seul malgré mes qualités, remarque qui me fait bien évidemment sourire. Je m’apprête à répondre mais suis interrompu par l’arrivée impromptue d’un chat qui décidé d’élire domicile sur mon manteau. Bien qu’ Andrea essaye de l’en dissuader le félin s’entête, aussi obstiné que sa propriétaire « C’est le propre des chats de n’en faire qu’à leur tête. » dis-je, amusé par la situation. Ce ne sont pas trois poils qui vont me déranger, mais la jeune femme prend la peine d’aller ranger mon manteau ailleurs et je l'en remercie. Mais impossible d’utiliser cette petite parenthèse pour me défiler et ignorer sa question, elle me le rappel en se rasseyant. « Les deux. Le manque de temps m’a fait choisir d’être seul. Je suis arrivé il y a peu de temps, une installation dans un nouveau pays, dans une nouvelle ville ce n’est pas rien vous êtes bien placée pour le savoir. » je soutiens son regard « Je pourrai vous poser la même question. » la réponse étant sans doute le manque de temps, mais sans doute pas uniquement. « Je disais un peu plus tôt que vous n’êtes pas seulement déterminée. Vous êtes aussi exigeante et savez ce que vous voulez ou ne voulez pas. » je lui souris « Une femme de conviction. Je me trompe ? » ce n’est pas improbable, je ne prétends pas être infaillible, loin de là.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: This is not a trick [Anthur#6]   Lun 13 Nov - 19:51


« Oui je lis. J’aime assez les polars. Mais je suis assez ouvert et la seule condition est que le livre que j’ouvre capte mon attention. » « N’est-ce de toute façon pas là tout l’intérêt de la lecture ? Le plaisir et l’évasion ? Tout n’est jamais qu’une histoire de plaisir, Arthur. » Le cerveau est une machine à plaisir, et il cherchera spontanément ce qui peut le satisfaire, s’il n’en retire rien, alors il n’aura aucun intérêt à susciter la moindre motivation. Reste à savoir quel plaisir Arthur prend au sein de l’entreprise, de nos échanges de plus en plus nombreux, de nos moments passés à deux, presque comme les deux meilleurs amis qui soient, parce que je ne nous en connais pas encore vraiment d’autre. En tout cas pas dont il m’ait parlé, quant à moi, ça reste très restreint.
« Nous ne sommes pas au boulot c’est vrai mais je n’avais pas votre accord pour vous appelez autrement. » « Et depuis quand vous avez besoin d’un accord pour prendre quelconque initiative me concernant ? » Non parce que si on y regarde d’un peu plus près, insister quand je lui dis que je ne veux pas l’entendre, me trainer dans un sex-shop pour la visite de bâtiments et j’en passe, mon accord, il s’en est toujours passé, prendre les devants, ça le connaît et je dois avouer que ça fait en partie son charme.
« Parce que j’aurai été beaucoup trop distrait pour manger et ça aurait refroidit. » Je feins le sourire, mais il ne doit sans doute pas être dupe, Arthur sait lire en les gens, ou bien alors en moi, je l’ignore. Toujours est-il qu’il me perce à jour à chaque fois. « Terriblement terre à terre, je suis déçue. » C’est donc sans doute que j’avais une attente. Qui sait ? Je donne le change, c’est la seule façon de passer à autre chose. Je resterais contrariée un moment et puis ça me passera, comme tout le reste. Bientôt, ça ne sera plus qu’un mauvais souvenir. « Vous en doutiez ? » « Non, mais je trouve ça… touchant. D’une certaine manière. » Le fait qu’on s’intéresse à moi autrement que par ce que mon patronyme a toujours fait de moi, me fait effectivement du bien. Je ne pourrais sans doute jamais percer à jour le grand mystère qu’est Arthur, mais si je suis capable de lire quelque-chose en lui, c’est la sincérité qui émane de lui quand il échange avec moi. Il n’a aucune arrière-pensée, en tout cas pas de plan préétabli et je crois que la renommée lui importe peu. Sans doute aussi pourquoi je me sens tant en sécurité quand il est présent.

Au tour du chat de faire des siennes. Surnommé Yankee, je sais qu’il manque cruellement d’originalité, mais on ne change pas une équipe qui gagne. Je suis moi-même une Yankee, la vraie de vraie et je trouvais le nom plutôt bien trouvé pour ce chat qui, tout comme le bon New-Yorkais qui se respecte, prétend se trouver au-dessus des autres. Il est aussi câlin que distant parfois, tout dépend de son bon vouloir. Tout ne dépend de toute façon que de son bon vouloir. Il est le seul homme (ou presque) à me mener par le bout du nez. « Les deux. Le manque de temps m’a fait choisir d’être seul. Je suis arrivé il y a peu de temps, une installation dans un nouveau pays, dans une nouvelle ville ce n’est pas rien vous êtes bien placée pour le savoir. » « Je suis aussi bien placée pour savoir que la solitude n’est pas toujours la solution. Je sais pourquoi je consacre ma vie à ma carrière, mais vous ? » C’est une affaire familial, dont la réussite tient à cœur, une barque dans laquelle nous sommes tous pour porter le même nom et le désir de porter tout ça à son apogée. Sauf qu’Arthur n’a aucun galon à gagner là-dedans pour le moment, en tout cas je ne vois pas. Bien sûr qu’il deviendra un maillon on ne peut plus important de notre entreprise, mais je suis la première à donner le contre-exemple de ce que je dis. La vie, en dehors, a besoin d’être construite. « Je pourrai vous poser la même question. » « Vous êtes un homme, vous devez avoir la réponse, non ? » Le genre de femme que je suis a tellement peu de temps à consacrer à une autre personne, à elle-même déjà, alors à un homme, une relation, une évolution… « Quel genre d’homme accepterait ma vie ? Et je me suis toujours jurée de ne changer pour personne, en tout cas pas de renier tout ce que j’ai fait pour en arriver là. » Je parle de tous les efforts fournis, renoncer à mon métier, à la personne que je suis pour devenir la personne qu’un autre aimerait que je sois. J’ai toujours eu dans l’idée, peut être erronée, que l’amour voulait dire sacrifice, se soumettre à l’autre, à sa volonté, à l’image qu’il veut de vous. « Je disais un peu plus tôt que vous n’êtes pas seulement déterminée. Vous êtes aussi exigeante et savez ce que vous voulez ou ne voulez pas. » « Détrompez-vous, si je savais ce que je voulais, je le chercherais. » Je ne sais pas ce que je veux, je crois que j’attends que ça me tombe dessus, que ça me bouscule, pour le moment je n’ai pas l’énergie de m’inventer le prince charmant, parce que je n’ai pas les épaules pour être déçue par un homme de plus. « Une femme de conviction. Je me trompe ? » « Pas sur ce point, non. Mais c’est ce qui donne quelque-chose à quoi se raccrocher, et c’est comme ça qu’on avance. Café ? » Sa réponse obtenue je le sers sur le canapé, nous y seront bien mieux. Yankee vient se frotter tout contre moi et se met en rond pour entamer sa sieste, serait-il en train d’instaurer un état de siège ? Il vient de lancer un regard à Arthur, pour le moins possessif. On va se calmer là les mâles ?
Je me lève une seconde, dérangeant le chat dans sa sieste et m’approche de la platine. Je pose le diamant sur le vinyle et un fond des Clash se laisse entendre, rien qui ne puisse couvrir nos voix. « La musique ne vous dérange pas ? » Je n’aime pas le silence, même pour lire. « Il est… presque minuit, vous êtes en weekend, et vous n’avez pas l’air d’avoir le moindre projet pour les prochains jours, je me trompe ? » Retrouvant place sur le canapé, à ses côtés, un mètre, pas plus, le coude posé sur le dossier, pour être face à lui, ma tasse entre les mains, sur laquelle je souffle pour faire refroidir mon breuvage.

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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: This is not a trick [Anthur#6]   Mar 14 Nov - 13:16

Elle marque un point, je n’ai pas toujours été un modèle de discipline, passant volontairement outre ses remarques de réticence quant à mon comportement. Pour autant j’ai respecter une certaine formalité qui restait entre nous en continuant de l’appeler Maitre Manzonni. J’aime jouer sur ces nuances, la distance et la proximité, être audacieux puis obéissant je sais que cela peut être déroutant mais surtout que ça intrigue. Si j’ai attiré l’attention de l’avocate en premier lieu c’était seulement dans le but de m’offrir une porte d’entrée dans la société de son père, elle était le Cerbère et je devais la convaincre mais elle est devenue bien plus que cela dès lors que j’ai mis les pieds dans son bureau. Son charme, son attitude et sa répartie l’ont rendu beaucoup plus intéressante et intrigante à mes yeux. On ne prévoit pas ce genre de rencontre, celui d’une âme qui arrive à appeler la votre un peu plus que celles qui gravitent autour. Je n’y cherche pas d’explication, je pense juste qu’elle est un “adversaire“ plus ou moins à ma taille, une personnalité singulière et authentique dont j’ai envie de percer les mystères. Il n’y a pas d’intérêt réel derrière cette démarche, en tout cas pas autre que le simple plaisir de la découvrir, l’apprivoiser peut-être. Parce qu’en faisant cela j’en apprends aussi un peu plus sur moi, le vrai moi, celui qui cède sa place depuis maintenant plusieurs années au profit d’autres visages qui ont fini par me perdre un peu. Tombant dans la séduction avec une remarque je fais machine arrière à la réponse suivante, semant un peu plus le trouble dans l’essence de notre échange. Je crois qu’Andrea s’attendait à plus d’audace de ma part plutôt qu’une explication terre à terre lui laissant croire que la voir nue me laisserait de marbre ou seulement un peu distrait. Elle s’avoue déçue, il y avait donc bien une attente de sa part. En revanche j’avoue sans détour me soucier d’elle, ce qu’elle trouve touchant en quelque sorte. Je lui souris, sincère. Il m’est impossible d’être totalement franc concernant ma vie ou qui je suis, mais je peux au moins me montrer authentique dans ma manière d’être.
Les chats n’ont pas tous ces soucis, ils agissent toujours comme bon leur semble et celui de la jeune femme en donne un très bon exemple. Il nous distrait quelques instants mais l’avocate ne perd pas de vue pour autant que je lui dois une réponse à sa question, après tout c’est moi qui l’ai invité à la poser. Une fois encore je ne peux pas vraiment expliquer la raison de ma solitude, bien qu’il y ai une part de vérité dans le fait que je sois arrivé ici dans cette ville, dans ce pays depuis assez peu de temps. Andrea elle-même a quitté New York elle sait donc ce que cela implique que de se réinstaller ailleurs. Mais comme l’avocate a presque autant réponse à tout que moi elle me fait subtilement remarqué que ce n’est pas toujours une solution que d’être seul. Elle veut savoir pourquoi, ce que j’ai dans ma vie qui me pousse à l’être je hausse les épaules « Moi aussi je le sais. » dis-je, volontairement évasif. Je ne vais pas lui dire que c’est juste un passe-temps elle me prendrait pour un fou ce que je ne pourrai nier puisqu’il m’est impossible de lui dire la vérité. Mais si elle me fait la leçon sur la solitude et son côté pas toujours positif je ne manque pas de lui retourner la question tout en ayant une petite idée sur la réponse. Elle l’a dit elle-même, elle est dévouée à sa carrière, y consacre tout son temps ou presque et ce n’est pas le genre de vie facilement acceptable dans un couple. Elle ne veut pas changer, renier qui elle est et encore moins faire des concessions qui pourraient lui coûter sa réussite. Mais j’ai d’avantage l’impression qu’elle s’en persuade plus qu’elle en est vraiment convaincue. Je mets en avant sa nature exigeante, en plus du reste je suis presque certain que ses critères sont bien définis. A priori je me trompe, dans ce domaine là elle n’est pas si sûre de ce qu’elle souhaite. Je suis un peu surpris, elle est encore plus complexe que ce que je pensais, mais pas moins attirante et ça pourrait devenir un problème. Je hoche la tête, acceptant un café qu’elle sert en m’invitant à m’installer sur le canapé.
A peine installés le chat vient se placer entre nous, contre Andrea à qui il fait un numéro de charme. Il a l’air possessif et un peu contrarier que sa propriétaire ne se relève afin de mettre un peu de musique « Non au contraire, j’aime aussi avoir un fond sonore. » je ne suis pas un grand fan du silence, c’est un peu synonyme d’ennui pour moi et ce vide est un peu ma bête noire. La tasse de café est fumante, je ne me risque pas à boire j’ai horreur de me brûler la langue. L’avocate se rassoit m’interrogeant sur mes projets du week-end « En tout cas rien qui nécessite que je me couche tôt. » répondis-je avec le sourire « Mais détrompez-vous j’ai des projets. » elle m’offre un regard intrigué, je poursuis « Tout n’est jamais qu’une histoire de plaisir, Andy vous l’avez dit vous-même. » je regarde le chat, réinstallé puis relève le regard vers celui de la jeune femme « Mon projet c’est le plaisir. » je souris plus franchement « Celui de votre compagnie en ce moment. D’une bonne séance de sport demain, d’une sortie peut-être ensuite. Pourquoi pas même un peu de lecture ? » je hausse les épaules « Les perspectives ne manquent pas. Et j’ai assez de choses planifiées dans mon agenda pour avoir envie d’un peu de spontanéité et d’improvisation pour mon week-end. ». Je l’observe qui souffle sur son café, m’attarde sur le contour de ses lèvres me remémorant notre précédente rencontre. « Il y a comme un air de déjà vu, vous ne trouvez pas ? » je désigne nos tasses d’un regard « Aux quelques détails près que nous buvons du café, que nous sommes chez vous et que vous ne portez pas cette ravissante robe noire qui vous allait si bien. » ajouté-je en plongeant à nouveau mon regard dans le sien « Mais je suis toujours le même curieux et vous êtes toujours aussi séduisante. » avoué-je sans détour. J’échappe un léger rire quand Yankee rappelle sa présence par un miaulement suivi de ronronnements sonores « Il n’y avait pas non plus votre chaperon félin, c’est vrai. ». Je porte la tasse à mes lèvres et bois prudemment, c’est encore un peu trop chaud pour moi. « Il manque peut-être autre chose… » disant cela je me rapproche un peu plus sans quitter son regard « Une touche de plaisir supplémentaire. » je la vois esquisser un léger sourire et cette fois je ne lui fais pas l’affront de reculer, déposant mes lèvres contre les siennes.
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