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 Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]

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Andrea Manzonni
« hakuna matata »

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MessageSujet: Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]   Mar 21 Nov - 17:55


Salle de réunion, 9 h du matin. Un brief habituel. Toute l’équipe est présente, en tout cas celle de cet étage. Mon père nous informe des nouveaux objectifs, de la nouvelle ligne de conduite à adopter et surtout qu’il est plus que temps de nous motiver. Arthur n’est pas loin, à peine une trentaine de centimètres de moi, à l’opposé de la grande table, de la place où trône mon père, tout comme moi, reléguée au fond. Mais je n’en n’ai cure. C’est à moi de prendre la parole. « On est en bonne voie pour les négociations avec le groupe Santurin. Je crois pouvoir affirmer que nous signeront un accord avant la fin de l’année. » Un énorme groupe pour lequel je me bats depuis des mois. Racheter un groupe comme celui-ci nous permettrait de maîtriser une chaine de production entière, et donc d’envisager une expansion toute autre. Elargir notre horizon en proposant d’avantages de biens et de services. Nous ne traitons pas que de l’immobilier, même si c’est l’activité principale de cet étage, le groupe Manzonni possède une trentaine de groupes, de tous horizons. « Quant au procès avec la presse locale, il a été remporté. Chacun se verra versé des dommages et intérêts en fonction de son implication. » Une sombre histoire de calomnies journalistique, une habitude. Mais les indemnités touchées, sont reversées aux principaux intéressés, politique de la maison. Une façon de fidéliser nos mafieux, sans doute aussi. Mais je dois mesurer mes mots, les seuls à savoir que l’entreprise s’accorde parfois quelques libertés, sont mes parents, le bras droit de mon père, son comptable, donc, et moi. Je ne peux prendre aucun risque. S’ils plongent, je le plonge avec.
La réunion prend fin, et c’est ce moment que mon père choisi pour faire son annonce. « Je rappelle à ceux qui auraient eu le bonheur de l’oublier, que le bal de fin d’année se tiendra dans trois semaines, soit le samedi 15. Et si je peux vous donner un conseil, c’est de ne pas faire faux bond à l’organisatrice. » Il reboutonne sa veste, fait signe à ses collaborateurs de libérer la salle et de retourner au travail. Il s’avance à notre niveau, et comprend qu’Arthur s’interroge autant que tous les derniers arrivants ont eu l’occasion de le faire. Il est sans doute le seul à ne pas comprendre ce dont il s’agit. « Vous avez l’air inquiet Arthur. Et vous avez raison. » « Papa… » « Tu ne lui as rien dit ? Pourtant avec le temps que vous passez ensemble… » Je soupire, soutiens le regard de mon père et lâche le morceau. « Ma mère organise le bal de fin d’année, un genre de gala d’entreprise. Auquel tout le monde est plus que convié. » « A laisser un chèque. » « Pour la bonne cause papa. » « Mais grand bien lui fasse ma fille, ta mère se trouve toujours une cause qu’on appelle louable. » Je soupire une fois de plus, comme prise en sandwich entre Arthur et mon propre père, à défendre ma mère qui n’est même pas là pour le faire. « Mais le meilleur dans tout ça Mr Ross, c’est que vous n’allez pas couper au cours de danse traditionnel. » « Pardon ? » « Tu connais les règles ma fille, tout le monde doit s’y plier. » Et il quitte la salle en souhaitant bonne chance à mon amant d’un soir, nous laissant tous les deux dans la salle de conférence, à présent vide. Je rassemble mes affaires, et sens peser sur moi le poids du regard d’Arthur, curieux et interrogateur. Les bras chargés de dossier, je lui résume la situation et l’épreuve qui l’attend, arpentant les couloirs de l’étage. « Chaque année ma mère organise un bal de fin d’année, pour les fêtes de Noël, il concerne toute l’entreprise et se passe au manoir de mes parents. Elle y présente une cause qui lui tient à cœur, rassemble autant d’argent que possible pour la servir et l’entreprise assure une fois de plus son poids dans la société. Il est impératif de savoir danser la valse, et pour ce, un cours de danse est obligatoire pour toutes les premières invitations. C’est ton cas. Il te faut trouver une cavalière et te libérer dès que possible. Le prof est déjà engagé et la salle réservée. Mais je pensais qu’ils t’épargneraient. » Déposant lourdement le monticule de dossiers sur mon bureau.

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Arthur Ross
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]   Mer 22 Nov - 11:24

La réunion de 9h, une routine à laquelle je me suis fait assez rapidement. L’occasion pour le grand patron d’asseoir son statut auprès de ses collaborateurs, que chacun ai toujours en tête qu’il est celui qui leur donne la ligne de conduite à suivre. Cet homme est un vrai spectacle à lui tout seul et j’aime beaucoup l’observer. Italien il a forcément ce petit côté théâtrale, mêlé à quelques petites mimiques de mafieux. Vraiment un personnage intéressant. L’avantage de me sentir ici comme au théâtre c’est que je suis on ne peut plus attentif et donne parfaitement le change alors que concrètement tout ce qui se discute dans cette pièce n’est pour moi qu’un élément du décor de ce petit jeu dans lequel je me suis lancé depuis quelques temps. Il remplit parfaitement sa fonction, trompe l’ennui et m’offre une existence normale de travailleur aux dents longues. Je m’amuse beaucoup entre ces murs et sur le terrain, j’ai fait de mon faux boulot un vrai passe-temps efficace. Et puis il y a toujours une part d’imprévus, présentement il se dessine sous les traits d’Andrea qui ne cesse de m’intriguer chaque jour un peu plus et peut-être d’avantage depuis cette nuit que nous avons passé ensemble durant le week-end. S’il y a une personne réellement intéressante dans cette salle c’est bien elle. Brillante elle se fond à merveille dans son rôle et pourtant je ne peux oublier l’intensité du moment passé en sa compagnie, son abandon et ce que j’ai pu lire dans son regard. Mais ce qui se passe le week-end et en dehors du boulot appartient à la sphère privée, ainsi il est totalement exclu de faire quelconque allusion ou de changer le regard que je porte sur l’avocate. Je prends vaguement quelques notes pour faire bonne figure, la réunion touche à sa fin et le maitre des lieux fait un petit rappel qui me concernant fait plutôt office d’annonce. Le bal de fin d’année ? Je vais donc faire mon plongeon dans la fontaine aux clichés très prochainement on dirait.
Je reste perplexe alors que les autres collaborateurs quittent la salle, bien sûr ça n’échappe pas à Monsieur Manzonni qui s’empresse de m’en faire la remarque. « Inquiet ? Non, mais intrigué très certainement. » il s’étonne que je n’ai pas été mis au courant par Andrea le sous-entendus n’a rien de subtil, je souris « Je plaide coupable pour mes quelques lacunes sur le plan juridique. Cependant nous n’avons guère eu le temps de parler bal de fin d’année. » j’ai failli employé le terme “flonflons et bal musette“ mais je ne voulais pas être vexant. L’avocate m’explique alors ce qu’il en est de cet événement, ni plus ni moins qu’un gala de charité, un refuge pour gens friqués qui viennent parader. Ça peut être amusant. L’homme s’adresse de nouveau à moi m’informant qu’avant cela je vais devoir me plier à un cours de danse. J’échappe un rire tandis que la jeune femme semble surprise. Les règles sont les règles pour Manzonni père et je ne vais pas être une exception, après tout il a raison pourquoi le serais-je ? Je hoche la tête et salue le patron qui quitte la salle. J’observe Andrea qui rassemble ses dossiers, elle a l’air contrarier par les exigences de son paternel. Curieux je ne la quitte pas des yeux, je sais qu’elle comprend que j’attends plus amples explications. Alors que nous marchons le long du couloir elle daigne enfin éclairer ma lanterne « La valse ? » je lève les yeux amusés « Je comprends que certains ai besoin de cours. » bien que ça n’a rien de très sorcier lorsqu’on a compris la logique de l’enchainement des pas. J’arque un sourcil, restant du côté de son bureau réservé à ceux qui viennent s’entretenir avec l’avocate « Qu’ils m’épargneraient ? Et pourquoi donc ? » je hausse les épaules « J’ai une tête à savoir danser la valse ? Ou c’est mon côté british ? » je souris, réellement amusé par la situation. « Donc il me faut une cavalière et un créneau horaire, c’est ça la vraie épreuve. » dis-je l’air pensif « Vous pensez pouvoir vous libérer pour m’accompagner ? Etant donné que vous êtes en partie responsable... » je la regarde, interrogateur puis ajoute « Sinon je demanderai aux filles de l’accueil, il y’en a bien une qui acceptera. Enfin j’espère. ».
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Andrea Manzonni
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]   Mer 22 Nov - 15:56


Mon père exige, le petit peuple se doit de suivre. Il en a toujours été ainsi, et ça n’est pas prêt de changer. Personne n’a jamais osé contrarier les plans du grand Sandro Manzonni, en dehors de moi, avec ma naissance, dans un premier temps, ensuite avec mon manque total d’intérêt pour toute activité féminine et enfin en souhaitant obtenir une vie masculine, une carrière et non un mariage réussi en premier lieu. Si ma mère l’encourage, mon père déplore ce besoin d’indépendance et d’assurance. Pourquoi aurais-je besoin de travailler ou de prouver quoi que ce soit alors qu’un homme peut le faire pour moi ? Pour moi-même justement, pour l’indépendance, le titre et l’autosatisfaction. Il est content quand il conduit une grosse bagnole ou bien encore quand il ramène une jeune secrétaire, non ? Je suis fière de moi quand je gagne une affaire, peu importe si la cause est louable ou non, il y a longtemps qu’on a oublié de m’inculquer quelconque valeur morale.
Il me faut en référer à mon collègue, ami, amant. Je ne saurais trop dire ce qu’il est, toujours est-il qu’au bureau, il est mon collègue et encore un débutant. Si ce weekend, il m’est arrivé de me transcender durant un moment d’intimité comme il m’avait rarement été donné de partager, aujourd’hui, je dois occuper le rôle d’une avocate investie. Et je le suis, profondément passionnée par mon métier.
La réunion prend fin et mon père annonce la couleur. C’est une réelle corvée pour lui de se plier à ce que ma mère demande, je dois avouer que pour moi aussi. Tout doit êter parfait, elle est dans un stress pas possible quelques jours avant l’évènement et répercute ces tensions sur le personnel, elle ne veut que la crème de la crème, 20 ans d’expérience pour servir dans un cocktail. Ma mère quoi. Je l’aime, mais parfois elle vit hors réalité, tout comme mon père. Je crois que je suis encore la seule à avoir un semblant de lucidité dans tout ce mic mac. Encore que je ne m’estime pas la plus objective qui soit. Je suis carrément consciente de la petite cuillère en argent que j’ai dans la bouche depuis ma venue au monde. « Qu’ils m’épargneraient ? Et pourquoi donc ? » « Parce que vous êtes parmi les éléments préférés de mon père, vous ne prenez pas encore d’antidépresseurs, c’est un signe. » Mon père met une telle pression à ses collaborateurs qu’à voir le comportement qu’il a avec Arthur, je me demande s’il ne l’a pas déjà pris sous son aile. En général, ses requêtes concernant le chiffre prennent la forme de menaces à peine voilées. C’est très intimidant, je le conçois. « J’ai une tête à savoir danser la valse ? Ou c’est mon côté british ? » « Les deux, pourquoi ? Votre éducation est déjà parfaite, j’imagine que ça fait partie du package, non ? » Je suis sincère, je pense qu’il maîtrise toutes ces conventions, mais peut-être que je me plante. Qui ne sait pas danser la valse ? J’ai parfois des principes un peu bourgeois, que j’ai à revoir, je le concède aisément. « Donc il me faut une cavalière et un créneau horaire, c’est ça la vraie épreuve. » « Vous avez quelque-chose de prévu après 20 h ? » Facile de récupérer un créneau horaire quand il s’agit de servir la cause Manzonni. « Vous pensez pouvoir vous libérer pour m’accompagner ? Etant donné que vous êtes en partie responsable... » « Pardon ? Responsable, de ? » Je subis cette tradition depuis ma naissance, alors il est gentil mais responsable… Je ne suis pas responsable, je suis punie, c’est tout ! « Sinon je demanderai aux filles de l’accueil, il y’en a bien une qui acceptera. Enfin j’espère. » « Inutile, je suis libre. » Lâchais-je véhément avant qu’il ne lui prenne une autre idée saugrenue, tapant la tranche de mes dossiers sur le bureau pour les aligner. « Donc, 21 h ? Ce soir, évidemment. » Je lui laisse même pas le temps de répondre que je décroche le téléphone pour appeler moi-même la salle de danse et réserver professeur et parquet. « Je viens de vous épargner une vraie catastrophe, vous me le revaudrez. » Les filles de l’accueil sont un véritable enfer. Tant dans la discussion que dans la grâce, elles n’ont aucune chance de se démarquer au bar, je préfère qu’il soit au courant, et je ne saurais contenir une pointe de jalousie.

Ayant un travail titanesque devant nous, je retourne vaquer à mes occupations, et quand sonnent les 20 h 15 passées, c’est veste sur le dos et sac à l’épaule que je viens frapper à la porte du bureau d’Arthur. « C’est pas sain de travailler autant. » Un petit sourire en coin, et je remets une mèche de cheveux derrière mon oreille. « Prêt ? » Il ne semble pas savoir de quoi je parle, sans doute encore dans ses recherches et ses dossiers. « Le cours de danse. Vous m’avez oublié, vraiment ? » Je suis plus détendue, la journée est finie. J’arque un petit sourire plein de promesses, celle de lui faire la peau dans le cas où il m’aurait oublié. « A moins que nous ne préfériez y aller avec les filles de l’accueil… » Sur ce, je le laisse à son bureau, et presse le pas vers l’ascenseur, il saura me rattraper, ce ne sera pas la première fois. Nous nous retrouvons sur le parking. Sans doute a-t-il prit les escaliers. Je déverrouille ma voiture, fraîchement retrouvée et réparée. En même temps avec le scandale que je leur ai fait… Je lève un sourcil satisfait en constatant qu’il ne pose même pas la question de savoir quelle voiture on prend et qu’il me laisse conduire. Je nous conduis jusqu’au grand immeuble abritant les cours de danse. Déco style Versaille, des grands lustres en cristal, du parquet en chêne, des boiseries nobles… « Mon père vous l’a dit, c’est juste un mauvais moment à passer… » Taquine, rejoignant les vestiaires.

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Arthur Ross
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]   Jeu 23 Nov - 11:33

C’est pas faux Manzonni père m’a à la bonne, pour autant ça ne m’offre aucun passe droit quant aux traditions de l’entreprise et je le comprends aisément. Plus que l’avocate et fille du grand patron apparemment qui pensait que je serais exempté de cours de danse. Si dans son esprit de business woman elle voit certainement cela comme une perte de temps, j’y vois l’opportunité de passer un moment à faire autre chose qu’avoir la tête dans le boulot. Je l’ai voulu et choisis, tout le monde n’a pas ce luxe, mais je garde toujours à l’esprit que ce n’est justement qu’un passe temps. Le monde à l’envers je sais… je fais d’un travail un loisir et m’octroie du temps libre en fonction de celui-ci, c’est un fonctionnement un peu à part mais ma vie n’a plus jamais rien eu de réellement conventionnelle dès l’instant où les services secrets britanniques m’ont approchés, on s’y fait. Taquin j’essaye de trouver d’autres explications qui auraient pu me faire échapper à une leçon de danse, et visiblement mon éducation ainsi que mes origines auraient tout à fait pu faire fois sur mes capacités à danser la valse. Le compliment fait par Andrea est à peine dissimulé et je souris « Vous m’avez en bonne estime. » lâché-je en feignant un petit air étonné. Je ne compte pas faire changer cette dynamique entre nous, même après avoir fait un tour entre les draps de l’avocate. D’autant plus ici entre ces murs. Je résume donc le problème qui se pose à moi, finalement plus de l’ordre logistique que motivationnel. Une cavalière et un créneau horaire, ça paraît peu mais c’est déjà beaucoup quand on soutient un rythme comme celui qu’impose cette boite. Enfin libre à chacun de s’y plier, mais les invitations à s’impliquer avec zèle sont toujours très justement distillées. Je dois reconnaître au patron un vrai talent pour la menace subtile envers ses collaborateurs, chose dont il n’a pas encore usé avec moi, j’ai presque hâte, ça pimentera un peu les choses je m’en amuse d’avance.
« Après 20h ? Dîner éventuellement ou tout autre activité que je ne fais pas quand je suis ici au bureau. » répliqué-je avec malice avant de demander à l’avocate de m’accompagner à ce fameux cours, la plaçant comme un peu responsable de la situation. Elle s’en étonne, s’offusque presque et je souris plus largement « Vous m’avez fait engager sans me parler de ce bal de fin d’année. Pas sûr que j’aurai voulu le poste en sachant cela. » bien évidemment je plaisante et ma manière de dire cela le laisse parfaitement percevoir. Pas sûr qu’elle puisse se libérer j’émets une alternative qui est de proposer à une des filles de l’accueil de m’accompagner mais la réponse d’Andrea ne se fait pas attendre, elle viendra. Sa réponse ne laisse pas place ni au doute ni à la négociation, c’est séduisant cette petite touche d’autorité… « Ok 21h ce soir. » mon accord à peine donné elle décroche son téléphone pour réserver le créneau pour le prof et la salle. C’est ce que l’on appelle un problème efficacement réglé ! La jeune femme se place en héroïne et j’échappe un léger rire « Vous êtes magnanime Maitre Manzonni. ». Moi employé, membre du petit peuple me voit sauver directement par la fille du grand patron et figure respectée du groupe, ça pue presque le pistonnage cette histoire. Je ne vais pas m’en plaindre. « A ce soir donc. » dis-je avant de quitter son bureau pour rejoindre le mien afin de me mettre au travail.
On frappe à la porte de mon bureau, celle-ci s’ouvre dans la foulée sur l’avocate qui plaisante sur mon côté besogneux, quelle ironie. Je souris mais ne quitte pas mon écran des yeux tapant la dernière ligne du mail que je m’apprête à envoyer. Elle m’interroge mais je suis en train de me relire, je relève les yeux vers elle après avoir cliqué sur “envoyer“. Je secoue la tête quant à ses doutes sur ma mémoire ou mon envie de me rendre à ce cours en sa compagnie « Non, je n’ai seulement pas fait attention du tout à l’heure qu’il est. » dis-je tout en éteignant mon ordinateur, je relève la tête elle est déjà partie c’est une manie chez elle. Je récupère mes affaires, éteins la lumière et ferme la porte avant de la rejoindre devant l’ascenseur. Arrivés dans le parking je ne prends même pas la peine de demander quel véhicule nous allons prendre, ses pas décidés menant vers sa voiture adorée qu’elle a eu le bonheur de récupérer. « Vous allez me faire le coup de la panne ? » plaisanté-je avant de monter à bord. Nous arrivons à destination, un endroit que je ne connais absolument pas. Je découvre la salle que j’observe avec perplexité, ils en on fait des tonnes... c’est un décor de tournage ou quoi ? Ambiance bal assuré, au moins on se sent tout de suite dans le contexte. Andrea me sort de mes pensées, je lui adresse un léger sourire « Hum, ouais après je pourrais me retransformer en crapaud. ». Je me dirige vers le vestiaire uniquement pour y poser mon manteau, je n’avais pas vraiment prévu de prendre un cours de danse ce soir alors j’ai suivi les conseils d’une célèbre enseigne de fast-food “Venez comme vous êtes.“. Je suis de retour dans la salle avant l’avocate, le prof arrive en même temps qu’elle ils ont l’air de se connaître, ça n’a rien d’étonnant. Il me salue et me questionne sur ma familiarité avec la danse que je suis censé apprendre, et parce que je suis un foutu joueur je lui réponds avec un haussement d’épaule « J’ai jamais dansé la valse de ma vie. » un mensonge mais rien que pour voir la réaction à peine dissimulée d’Andrea ça vaut le coup.
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Andrea Manzonni
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]   Jeu 23 Nov - 12:26


«Vous m’avez en bonne estime. » « J’ai eu de quoi fonder mon opinion. » Souriant de façon ironique en attrapant mes dossiers. Il sait aussi bien que moi quels sont ses arguments et je dois avouer que le connaître sous cet angle-ci n’est pas non plus désagréable. Bien au contraire. « Après 20h ? Dîner éventuellement ou toute autre activité que je ne fais pas quand je suis ici au bureau. » « Il y a certaines choses non conventionnelles très intéressantes à faire au bureau, pourtant… » Laissant planer le double sens de mon aveux avant de presser le pas. J’adore me jouer de lui, j’adore sa façon de jouer le jeu à son tour. J’aime ses traits d’esprit et sa compagnie, il va vraiment falloir que je me calme. « Vous m’avez fait engager sans me parler de ce bal de fin d’année. Pas sûr que j’aurai voulu le poste en sachant cela. » « Mais à présent nous sommes dans le même bateau, imaginez, je suis née dans cette famille… Pas de quoi se plaindre de votre côté, pas vrai ? » J’ai beaucoup d’autodérision concernant ma famille. On ne fait pas plus cliché, je le reconnais et de toute façon je n’ai d’autre choix que de concéder le fait que ce soit mon héritage, voulu ou non. « Vous êtes magnanime Maitre Manzonni. » « Sérieusement, vous en doutiez encore ? » Ce petit air de peste supérieur qui ne me quitte que très rarement, a sans doute le don de lui plaire, sinon il ne le provoquerait pas comme ça sans raison. Nous convenons donc de nous retrouver ce soir après le boulot pour nous rendre ensemble au cours de danse.

Direction le parking, c’est ma voiture que l’on prendra, je ne la laisserais pas passer la nuit ici, ni même la soirée, autant m’assurer qu’elle tourne comme avant, et puis les sensations de la conduite, la route, tout ça m’apaise après une journée de boulot. Je pars parfois durant des heures, simplement pour faire de la route et me retrouver avec moi-même, autrement qu’enfermée entre quatre murs. Je rêve secrètement de la liberté que je m’illusionne me donner. « Vous allez me faire le coup de la panne ? » « Vous plaisantez ? Ça se fait encore ? Je suis bien plus subtile que ça… » En tout cas je me laisse y croire. Je n’ai pas besoin de coincer Arthur dans un coin pour lui demander des faveurs. Il a l’air assez réceptif à mon charme et c’est réciproque, mais il n’a pas besoin de savoir à quel point. Je lui intime de monter et referme ma portière. Nous arrivons sur les lieux, et je note une pointe de surprise dans les yeux de mon collaborateur. Ça l’impressionne tout ce luxe ? Alors j’ai hâte d’assister au bal. « Hum, ouais après je pourrais me retransformer en crapaud. » « Parce que vous êtes le prince charmant ? Dites le quand c’est comme ça ! » Je ris, parce que malgré tout, le fait de pouvoir le mettre en boite avec autant de complicité qu’avant me fait du bien. Faire l’amour avec une personne change une relation et je m’en serais voulu de perdre cet humour, qui font de mes journées de boulot, quelque-chose de bien plus agréable. Je vais me changer, ayant prévu un sac de sport, j’en ai toujours un dans ma voiture. Enfilant un legging de marque, une brassière et attachant mes cheveux, je finis par le rejoindre. Il est déjà en train de discuter avec le prof, un autrichien d’une cinquantaine d’années, qui en a vu passer des boiteux, et pour qui la danse n’est pas un loisir, mais un art. Une forme de vie. Cependant il a l’air sous le charme parce que son accent se fait entendre bien plus fort que les fois précédentes. « J’ai jamais dansé la valse de ma vie. » Alors j’étouffe un rire, parce qu’on risque de se marrer quand il va voir la catastrophe. Autant vous dire que s’il apprécie le charme du jeune homme, il finira par tout perdre quand il le verra danser comme un crapaud, et il a lancé l’expression le premier !

Nous nous plaçons, sur le parquet, nous ne sommes pas seuls, trois couples sont là. Je place mes mains dans celles d’Arthur, on lui fait signe de tenir ses bras, donc son cadre, non sans lui filer quelques coups dans les muscles. « Vous êtes en train de vous faire maltraiter sous mes yeux, Arthur… » Je ne peux retenir un rire cette fois, plongeant mon regard dans le sien. « Moi qui vous pensais élève modèle… » Je le provoque un peu, c’est de bonne guerre, on se retrouve dans une galère sans nom ici. J’ai appris à danser la valse dès mes 4 ans, et je vous garantis que les cours ont été plus un enfer pour mes professeurs que pour moi. Déjà à l’époque j’avais tendance à aller à contresens, en tout cas j’en rêvais et j’estimais en avoir le droit. « Friedich qui vous trouvait à son goût… » Il est finalement déçu, et moi très amusée.

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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]   Jeu 23 Nov - 13:20

Nos joutes verbales s’enrichissent d’avantage de double sens et sous-entendus, c’est inévitable après la nuit que nous avons passé ensemble. L’avocate est très à l’aise à ce petit jeu là, je l’ai toujours vu comme une partenaire de taille, et elle s’est avérée être à la hauteur. C’est important pour moi d’avoir quelqu’un qui sache rivaliser ou suivre mon esprit particulier, pas forcément évident à saisir. Je ne me place pas comme étant inaccessible mais je sais m’adapter et le plus gros atout d’Andrea c’est de me permettre d’être moi quand je suis avec elle, sans me freiner, sans peur de paraître pompeux ou illuminé. L’avocate aime être surprise autant qu’elle aime avoir le contrôle, joli paradoxe qui ne la rend que plus intrigante à mes yeux. Je n’en ai pas fini d’en apprendre sur elle, tout comme la réciproque est vraie et je ne me lasse pas de notre jeu. Hors des murs de l’entreprise elle se laisse aller à plus de malice encore, ses allusions se faisant plus franches. « Ça doit toujours se faire, il y a des conservateurs partout. » même en terme de méthode de séduction vieillissante et douteuse. C’est sans encombre, bercés par le bruit agréable du moteur de la voiture de l’avocate que nous arrivons à destination. Je suis un peu surpris par les lieux, c’est trop chargé à mon goût, ou plutôt un peu trop copié à l’époque des rois, reines et leur cour. L’influence française qu’il y a dans cette ville est clairement perceptible, ils ont dû vouloir faire un hommage à Versaille ou quelque chose dans ce genre là, mais dans un immeuble ça surprend. Je plaisante vaguement sur le sujet en m’appropriant un titre de noblesse provisoire, prince charmant c’est toujours ça, non ? En tout cas mieux que crapaud aux yeux d’une majorité.
Attendant l’avocate le prof de danse me fait la conversation. Il est européen, assume un accent assez prononcé et semble déjà fonder sur moi des espoirs que je vais malheureusement briser par simple goût du jeu. Je sais danser la valse mais affirme le contraire, m’affichant comme totalement ignare quant à l’art de tourner en rond sur un beau parquet ciré. Andrea échappe un rire, amusée par la situation qui présage de rendre le moment bien plus drôle que prévu. Dociles nous prenons place sur le parquet en compagnie de trois autres duos. Une bonne tenue est de rigueur, je me fais mettre au pli par le professeur, je m’exécute en redressant mon dos, faut avoir l’air pompeux pour danser ce genre de truc, moment pour moi de laisser un peu s’exprimer mon snobisme britannique latent. La jeune femme y va de son petit commentaire « Vous vous moquerez moins que je vous marcherai sur les pieds. » je hausse les sourcils, provocateur mais non moins taquin, nous nous renvoyons volontiers la balle. Je suis avec attention les directives du professeur qui explique les premiers pas, et bien dans mon rôle m’applique à me montrer maladroit. L’avocate souligne à quel point je dois être décevant aux yeux de ce pauvre autrichien dont je suis en train de me jouer, je hausse les épaules « Nul n’est parfait que voulez vous. ». Le but n’étant pas de tomber dans la caricature ou de donner trop de fil à retordre à cet homme plein de bonne volonté, je joue le jeu de l’élève appliqué qui par ses efforts grâce aux conseils avisés du professeur progresse petit à petit. C’est plutôt facile étant donné que je connais la valse, néanmoins certains de ses conseils me sont tout à fait utiles quand même.
« Vous n’avez pas trop honte ? » demandé-je à Andrea avec un sourire en coin « Mais je crois que vous avez dû faire bien pire lorsque vous appreniez vous même la danse. Vos professeurs arrivaient-ils à garder leurs cheveux ? ». Je poursuis dans mon rôle d’élève assidu tandis que nous abordons quelques points un peu plus technique. Il nous prépare pour danse avec les stars ou quoi ? Les bases suffisent pour faire trois ronds à un bal de charité, non ? « C’est un vrai passionné, non ? Un viennois comme on en fait plus sûrement. » glissé-je discrètement à ma partenaire. Plus nous avançons dans la séance plus les séquences de danse se rallonge, à tel point que par moment je perds un peu le fil de mon rôle de soit disant débutant… ce n’est pas si facile de feindre l’ignorance à temps pleins, surtout que malgré ce que j’ai dit je n’ai aucune envie d’écraser les pieds d’Andrea
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]   Jeu 23 Nov - 22:51


« Ça doit toujours se faire, il y a des conservateurs partout. » « Si c’était votre cas, vous perdriez de votre charme, vous êtes tellement plus subtile… » Une façon de lui faire comprendre qu’il n’a aucun intérêt à se donner à ce genre de pratiques. J’ai besoin d’un peu plus d’esprit. Parce que le coup de la panne c’était bon quand j’étais au lycée et en manque d’affection, que je pensais être la fille cool en répondant à leurs attentes, maintenant j’attends de l’esprit, de l’humour, de la finesse. Tout ce que représente Arthur, il faut vraiment que je me calme. Je ne saurais dire pourquoi il incarne à ce point l’homme parfait, mais il y a forcément un truc qui cloche. La perfection n’est pas, ce n’est qu’une illusion, une chimère. C’est de plus, un jugement parfaitement subjectif.

Le cours bat son plein, en tout cas notre professeur particulier ne manque pas une occasion de nous le faire remarquer. Et on doit se concentrer, bien que je sois d’humeur moqueuse. « Vous vous moquerez moins que je vous marcherai sur les pieds. » « Vous devriez éviter, c’est un conseil. » Un peu rustre, mais je préfère qu’il sache que son intérêt n’est pas là, bien au contraire. Je sais ce que je veux et en particulier ce que je ne veux pas, qu’on soit bien clairs là-dessus. Pour autant, j’apprécie beaucoup ce moment partagé, quand il prend ma main, quand il me fait tourner, certes maladroitement, mais qu’il semble y mettre tout son cœur et sa concentration. Cette petite veine sur son front qui se laisser percevoir quand il fait un effort particulier. C’est naturel pour moi, même un peu trop, de danser de cette façon, encore que c’est loin d’être ma danse préférée. J’en danse plusieurs, par goût, par choix, mais rien d’aussi sage. « Nul n’est parfait que voulez vous. » « Vous êtes déjà anglais, c’est assez chiant pour éviter d’être parfait. » Lui souriant, malicieuse. C’est une façon que j’ai de me foutre de lui, et qu’il a l’air d’apprécier parce que son côté anglais est aussi chiant selon la légende que ce qu’il l’empêche de m’envoyer balader. Parce qu’il est bien trop élevé pour ça. « Vous n’avez pas trop honte ? » « Honte ? A votre bras ? Jamais. Vous faites tellement d’efforts. » Je le note, je le lui fais remarquer, et puis quand bien même il ne saurait pas danser, quelle importance ? Ce n’est pas ce que j’attends d’un homme que je fréquente, que j’apprécie ou que… enfin bref, ce n’est pas un critère intéressant. « Mais je crois que vous avez dû faire bien pire lorsque vous appreniez vous même la danse. Vos professeurs arrivaient-ils à garder leurs cheveux ? » « Je sais danser Arthur, sans doute mieux que toutes les autres. Ce n’est pas pour autant que je ne me retrouvais pas au fond de la salle à chaque cours parce que j’étais punie. » J’arque un sourire, malicieux, je sais qu’il sait. Je sais qu’il a remarqué cette tendance à l’insubordination chez moi. « C’est un vrai passionné, non ? Un viennois comme on en fait plus sûrement. » « Le meilleur qui soit. Ma mère a horreur de l’amateurisme. » Je préfère le mettre dans le bain tout de suite, puisque de toute évidence, mon père va finir par l’inviter à dîner pour le présenter. Je ne sais pas pourquoi il a besoin de se pavaner tout le temps comme ça devant ma mère. Ça va, on le sait tous qu’ils n’ont plus rien en commun que le compte en banque. Et encore… Vu tous les comptes off shore que possèdent mon père !
Mais petit à petit, il prend ses marques, et je ne manque pas de le lui faire remarquer. « Vous l’avez presque ! » Fière de son accomplissement après si peu de temps. Il sera parfait le jour du mal, je le sais. Quand le cours prend fin, je lève le regard vers la galerie. « La reine mère n’en n’a pas perdu une miette… » Fis-je remarquer en lançant un regard à ma mère là-haut, en train de prendre les premières impressions du professeur engagé. J’ouvre une bouteille d’eau que je vide pour moitié avant de la tendre à Arthur. « Je crois que tu vas être présenté plus tôt que prévu… viens avec moi. » Je repasse au tu, nous sommes seuls ou presque, en tout cas personne pour juger du statut de notre relation. Je monte les escaliers menant à la galerie, Arthur à ma suite. « Maman, je croyais que tu ne chaperonnais pas les répétitions. Ça te rend nerveuse. » Et ça risque de foutre en l’air tout le calme et l’apparente sérénité régnant au manoir, mon père va être d’une humeur de chien ! « Et bien ma puce, tu ne me présentes pas ? Bonjour jeune homme… » Un grand sourire et une main tendue. Ma mère est plus amicale, mais moins dangereuse, je ne sais pas. « Vous êtes très impliqué visiblement. » Autant dans l’entreprise que dans la conquête de mes parents, c’est ça ? Elle est en train de dire quoi, là ? Elle ne ferait pas d’allusion à la conquête de sa fille, si ?
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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]   Ven 24 Nov - 19:54

L’avocate me déconseille de lui marcher sur les pieds. Serait-ce un semblant de menace ? Je souris en coin, pas franchement impressionné par la mise en garde et me prête donc au rôle d’élève assidu ou presque. Ainsi dans son élément Andrea fanfaronne volontiers, me taclant gentiment sur mon côté anglais donc chiant qui suffit déjà à asseoir une certaine imperfection. J’aime beaucoup son humour et son tempérament, ce n’est plus un secret, si tant est que s’en fut un jour. Malicieux je lui demande si elle n’a pas honte d’être la cavalière d’un – faux – novice, sa réponse est plutôt bienveillante. Le requin n’est pas juste fait pour mordre après tout, j’ai pu en avoir plus ample démonstration ce week-end. Mais avec un caractère comme celui de la jeune femme, nul doute que mes petites clowneries ne sont rien comparées à ce qu’elle a dû faire enduré à ses profs durant ses jeunes années. Une vraie rebelle dans l’âme en plus d’avoir une haute estime de ses capacités. J’ai bien fait de venir, tout ça m’amuse beaucoup et puis je n’avais sois disant pas le choix paraît-il. « Vous avez un fort penchant pour l’insolence. » dis-je tout en continuant de prendre en compte les conseils du professeur de danse qui se donne vraiment du mal pour que chacun progresse rapidement. Je le souligne et Andrea de bien vite confirmé que pour sa mère il n’y a que le meilleur qui compte, le reste ça ne l’intéresse pas. L’élitisme poussé à son paroxysme, un monde dans le monde. « Je vois. » répondis-je simplement tout en perdant un peu le fil de mon rôle de débutant. Forcément mes progrès sont notables, en quelques pas je me transforme mais réajuste mon niveau pour ne pas faire foirer ma couverture. J’apprécie les encouragements de l’avocate même si tout ça n’est qu’une mascarade, c’est toujours plaisant de se sentir encouragé.
La fin du cours se profile, l’autrichien nous libère après ces longs instants d’effort. C’était à la fois divertissant et riche d’enseignement, on apprend chaque jour même sur ce que l’on pense connaître. Andrea me fait remarquer que ça mère n’a rien raté de la séance, ou du moins de la fin de celle-ci. Je lève les yeux brièvement puis prends la bouteille d’eau tendue par ma partenaire, c’est que ça donne soif mine de rien ces conneries. Je manque d’avaler de travers suite à la remarque de l’avocate qui repasse au tutoiement pour m’annoncer que c’est le moment d’une présentation à sa mère. Pas que j’ai un problème avec ça, pas du tout, mais l’annonce était surprenante. « Ok. » et après avoir reposé la bouteille vide je suis Andrea dans l’escalier, restant légèrement en retrait alors qu’elle s’adresse à sa mère. Une femme dont on voit tout de suite le milieu d’appartenance, aucune doute possible sur son train de vie plus que confortable. Apparemment Manzonni mère n’a que peu à faire de la remarque faite par sa fille et son regard se plante directement sur moi, réclamant des présentations. Je la salue respectueusement et affiche un sourire poli « Bonsoir Madame. » je hoche positivement la tête à sa remarque « Ce cours m’a été vendu comme un passage obligé pour prétendre assister au bal de fin d’année de l’entreprise. Hors de question de rater ça. » je souris un peu plus franchement « Je ne voudrais pas entacher la bonne réussite de l’événement avec des pas hasardeux. » je glisse un regard en direction d’Andrea « Je pourrai sans doute me retrouver avec un procès pour ça. » ajouté-je sur le ton de la plaisanterie.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]   Ven 24 Nov - 21:25


« Vous avez un fort penchant pour l’insolence. » « Vous avez enfin fini par le remarquer ! » Encore une fois, mon sourire complice trouve sa place et sa justification. Il faut bien avouer qu’entre lui et moi, une certaine dynamique, très différente de celle de tous les autres, s’est installée. C’est agréable de pouvoir être soi-même, et il ne doit sans doute pas savoir ce que ça représente mais pour moi ça veut dire beaucoup. Dans un monde plein d’apparences, vous n’avez d’autre choix que de vous retrouver à porter un masque, chaque jour que Dieu fait et parfois on fait corps avec ce masque en oubliant ce que nous sommes au fond, qui nous sommes surtout.
Le cours prend forme, les efforts d’Arthur se font grandement sentir et je le sens légèrement plus à l’aise qu’au début. En même temps, pour l’être moins qu’à ses premiers pas sur le cours de danse, je ne saurais dire s’il en fallait peu. Il s’implique, docilement certes, mais pas que, il semble fournir de vrais efforts. Pour qui, je ne sais pas, mais c n’est certainement pas le genre d’homme à se plier en quatre pour faire plaisir à qui que ce soit, ni même son patron, dans la mesure où ce qu’il a à faire l’ennui. Un esprit particulier, il m’avait pourtant prévenu.

Fin du cours, repos tout le monde. J’attrape une bouteille d’eau, de quoi me désaltérer avant une bonne douche. J’en rêve ! Mais quand j’annonce la suite du programme à mon partenaire, il ne manque pas d’avaler de travers. Serait-il émotif ? « Ok. » Je sais que ma mère peut foutre la trouille, mais on s’y fait à son côté bling bling. Si une personne au monde a eu peu d’autorité sur moi en dehors des profs, c’est bien elle et ses airs de princesse, pardon, de reine. Non pas qu’elle ne soit pas crédible mais… Ma mère quoi. Je ne pensais pas qu’elle assisterait aux répétitions et je lui en fais part. « Ce cours m’a été vendu comme un passage obligé pour prétendre assister au bal de fin d’année de l’entreprise. Hors de question de rater ça. » « Et bien élevé en plus. Vous devez être l’élément prometteur dont me parle sans arrêt mon mari. » Parce qu’ils discutent, grande nouvelle. Elle lui tend la main, sans doute en vue d’un baisemain, ma mère est très traditionnaliste. Je n’y peux rien, je n’ai pas choisi ! « Je ne voudrais pas entacher la bonne réussite de l’événement avec des pas hasardeux. » Je lui lance un regard en coin, il est en train de rentrer dans son jeu ou je rêve ? « Je pourrai sans doute me retrouver avec un procès pour ça. » « Votre simple présence suffirait à faire oublier votre maladresse, il n’y a pas de risque. » Oui, bien sûr, elle est sous le charme. Un homme talentueux, brillant, bien élevé, le beau-fils idéal, pas vrai ? Je sens que je vais entendre parler de lui plus souvent que prévu. Ma mère a cette obsession du jour de mon mariage que j’ai en horreur. « Maman, on est un peu pressés là. » « Oui, bien sûr. Le boulot j’imagine. Jeune homme, ne laissez pas mon tyran de mari vous imposer un rythme pareil, c’est un conseil avisé. Que ma fille devrait suivre… » « Oui maman. Je t’appelle. » Je dépose un baiser sur sa joue et embarque Arthur vers les escaliers. « Là précisément, elle est en train de se demander de quelle couleur seront les faire part, tu paries ? » Au bas des escaliers, je détache mes cheveux, et glisse une main dans ma nuque, plutôt tendue. « On est mardi soir, et je vais sans doute passer mon weekend sur les dossiers. Et je n’ai toujours pas fait les cadeaux de Noël… » C’est une subtile invitation à venir faire du shopping nocturne avec moi s’il le désire. Pour tout avouer, faire les magasins seule me déprime. Toutes ces musiques de Noël, ces familles qui se regroupent devant les vitrines, l’odeur du vin chaud et des marrons, tout ça, c’est censé se partager.

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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]   Sam 25 Nov - 13:54

Tout juste remarquer son insolence ? La bonne blague ! Elle le porte sur elle. Probablement d’ailleurs que l’avocate n’en serait pas là aujourd’hui si elle n’avait pas fait preuve d’insolence. De un parce que son père lui aurait trouvé un mec avec qui se marier et fait barrage à la voir se lancer dans une carrière telle que la sienne. Il a l’air tout droit venu d’un autre temps le père Manzonni, mais il n’est pas le seul, y’en a pas mal qui galère avec l’idée qu’on est en 2017 et que les différences hommes/femmes va falloir que ça s’arrête. Ma mère me l’a assez répété dans mon enfance et je me souviens de la brasse monumentale que je m’étais pris quand une fois en rentrant de l’école j’avais osé dire que de toute façon les filles elles étaient juste faite pour faire à manger aux garçons. Ma féministe de mère n’avait pas franchement apprécié que j’oubli si vite les principes inculqués depuis petit… j’avais cédé à la facilité de dire comme tous le monde et donc inévitablement des conneries. J’ai compris mon erreur et j’ai appris, aussi jeune étais je à l’époque. Ainsi j’ai toujours eu beaucoup de respect pour les femmes, d’autant plus pour celles qui se battent afin de faire changer les choses et veulent vivre leurs vies comme elles l’entendent. Andrea en fait partie, une des première raisons qui a attiré mon attention sur elle je crois, après le fait qu’elle était un passage obligé pour que je sois embaucher dans la boite de son père. Mais désormais j’ai presque oublié mon projet d’origine, mon idée de fouiner juste pour le plaisir, j’occupe mon temps et j’ai trouvé bien plus intéressant de passer du temps en compagnie de la jeune femme que de m’intéresser à des dossiers. Je suis quelqu’un de mystérieux mais pas moins sociable pour autant.
Preuve en est je n’appréhende pas la rencontre avec la mère de ma cavalière, même si mon presque étouffement pourrait faire penser le contraire, simple question de timing. J’ai du bagou et confiance en moi, c’est tout ce qu’il faut pour faire une première bonne impression. Madame Manzonni n’est pas avare de compliments et je conserve une attitude modeste, inutile de fanfaronner d’être le favoris du patron, c’est de toute façon très éphémère comme situation. Je n’en retire pas franchement de fierté, c’est comme pour la déception, on ne peut être fier que si l’on a des attentes, mais moi la reconnaissance du boss ça me passe au dessus. C’est sans doute mon petit côté enfant gâté à moi aussi, celui que je m’octroie en venant d’un monde où tout paraît plus grand et décisif que toutes ses apparences. Je rentre volontiers dans le jeu de la mère d’Andrea, lui servant mon attitude de gendre idéal sans même que cela paraisse forcé. A vrai dire je n’ai même pas besoin de jouer un rôle, ça me vient naturellement, cette faculté à m’adapter est ancrée en moi. L’avocate indique que nous sommes pressés, ah bon ? J’adresse un nouveau sourire poli à notre interlocutrice « Ravi d’avoir fait votre rencontre Madame Manzonni. ». Pressée la jeune femme m’entraine vers les escaliers me mettant au fait de ce que ça mère est probablement en train d’imaginer. Je me mets à rire « Tu la connais mieux que moi… » si elle le dit je la crois, même si ça me semble exagéré. Nous nous arrêtons au bas de l’escalier, Andrea va probablement rejoindre les vestiaires pour une douche et moi… bah il va falloir que j’attende de rentrer. Mais les plans de l’avocate semblent vouloir contrecarrer le mien. Un léger sourire en coin étire mes lèvres « Mardi soir, évidemment… le marché nocturne. » apparemment ça sonne comme une invitation « Et tu propose que l’on y aille, j’ai bien compris ? » je suis perspicace mais je préfère avoir confirmation. Je hausse les épaules puis hoche positivement la tête « Ok pourquoi pas. Ça sera une première pour moi, on m’a dit que c’est plutôt sympa. » je fronce les sourcils « Je n’ai qu’une requête… on passe par chez moi pour que je puisse prendre une douche avant d’y aller. » mais pour l’heure c’est elle qui y va et à moi de l’attendre sagement.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]   Sam 25 Nov - 19:03


Cette rencontre avec ma mère ne sera pas pour faciliter ma tranquillité. Je sais que je vais entendre parler d’Arthur durant des mois. Advienne que pourra pour nous et ce que nous ferons de notre temps libre par la suite mais il se pourrait bien que ma mère soit en train d’échafauder un plan machiavélique pour nous ensorceler, nous marier et nous voir pondre une petite tribu. Le hic, c’est que je suis une femme indépendante, ayant besoin de faire mes propres choix, de mener ma barque moi-même pour m’accomplir. Je ne sais pas moi-même qui est Arthur pour moi, alors pourquoi le saurait-elle à ma place ? Quoi qu’il en soit, je n’ai pas franchement d’aspiration familiale pour le moment, j’ai trop de boulot ! Quand bien même, ces choses-là ne sont pas une évidence, elles prennent du temps, et le temps j’en ai besoin avant de me projeter. Pour le moment je prends ce qui vient, comme ça vient, et je m’en tire plutôt pas mal je trouve. « Ravi d’avoir fait votre rencontre Madame Manzonni. » Il est trop parfait, elle va finir par l’adopter. Je l’éloigne de ses envies de vampiriser son esprit et sans doute de s’emparer du mien. Tout ça ne vient que d’une bonne intention, je le sais, mais c’est pesant. Mon père voulait un beau mariage avec un homme ayant assez de poigne et de talent pour me tenir tête. Ma mère veut un homme qui me rende heureux, mais s’il n’est pas trop moche, c’est encore mieux, ça fait mieux en société, vous comprenez ? Le truc c’est qu’Arthur a toutes les qualités du genre idéal et ça c’est dangereux chez moi… « Tu la connais mieux que moi… » « Tu apprendras à la connaître, apprécie cet instant où tu n’en sais pas encore trop et peut te permettre de jouer l’insouciance, tu verras. » Une pointe d’ironie, mais justifiée, il en jugera par lui-même je ne suis pas inquiète !

« Mardi soir, évidemment… le marché nocturne. » « Le marché nocturne… » Je suis comme une enfant qui retient son excitation, mais j’adore ça. Je ne saurais dire pourquoi, parce que ce n’est pas franchement une fête ayant eu le don de me combler chaque année, je manquais toujours de quelque-chose, non pas de cadeau, mais de présence. Mais l’espoir, je crois que c’est ça qui me fait apprécier ce moment-là, l’espoir que cette année soit meilleure que la précédente, qui sait. « Et tu proposes que l’on y aille, j’ai bien compris ? » « Je me suis dit que tu pourrais éventuellement avoir la galanterie de m’accompagner, effectivement. » Présentons les choses de façon moins brutales que les autres, ce serait vraiment dommage qu’il me dise non. Là, il a le choix, ce n’est pas comme pour le boulot où je peux exiger de lui un document ou une performance. « Ok pourquoi pas. Ça sera une première pour moi, on m’a dit que c’est plutôt sympa. » « Attend… Tu n’as JAMAIS fait de marché de Noël ? Sérieusement ?! » Mais quelle jeunesse il a eu ce garçon ? Pas que je puisse critiquer ou juger, mais c’est une chose à ne pas rater ! Je dois sauver son âme, aussi vite que possible. Les fêtes de Noël me rendent douce, enfantine et sans doute un peu trop vulnérable étant donné que je me dévoile, mais pas à n’importe qui. Je perds toute notion du réel et de stature. « Je n’ai qu’une requête… on passe par chez moi pour que je puisse prendre une douche avant d’y aller. » « Requête accordée. » Je file dans les vestiaires, enfile mon trench et le rejoint moins de deux minutes plus tard, mon sac de sport sur l’épaule. « En fait je me doucherais chez toi, ça ira plus vite, et mes affaires de rechange sont dans la voiture. » J’ai toujours de quoi prévoir. Je suis un peu directive, certes, mais il semble adorer ça. Je nous conduis jusqu’à chez lui et le laisse me montrer à nouveau le chemin. A l’intérieur, une valise à roulettes me faisant suite, je l’ouvre sur le sol pour choisir quoi mettre et j’en ressors un jean et un petit pull en cachemire, nous allons nous promener, je pense que c’est bien de faire un effort et de se montrer sous un jour un peu moins stricte. « Ne me regarde pas comme ça, je suis juste prévoyante. Qui prend la douche en premier ? » J’ai l’impression de me retrouver à la fac là, à décider de qui aurait le droit à la première douche. Bon, OK, même si j’avais une salle de bain pour moi toute seule… Mais j’avais toujours quelqu’un à dormir, j’ai horreur de la solitude.

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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]   Sam 25 Nov - 22:47

Je ne doute pas que Madame Manzonni soit une femme de caractère, les chiens ne font pas des chats et quand bien même le fonctionnement de la famille a l’air plutôt particulier, je pense qu’Andrea et sa mère sont relativement proches. La petite opération de prévention de l’avocate me fait sourire parce qu’encore une fois cette remarque souligne combien le sujet de la famille est délicat pour la jeune femme. Elle renferme sans doute bien des secrets, des blessures, des frustrations qui y sont liés, j’en suis convaincu. Pas besoin d’avoir fait des études de psycho pour le comprendre… Andrea n’a de cesse de me mettre en garde que ça soit contre elle, son père, maintenant sa mère. Je ne sais pas ce qu’elle cherche à justifier, à me prouver ou se convaincre elle-même. Je finirai peut-être par le savoir un jour. Eloignés de la figure maternelle de l’avocate, cette dernière me fait une proposition à peine dissimulée de l’accompagner au marché de Noël. Nous sommes hors du contexte professionnel, elle ne peut rien exiger et en est parfaitement consciente. J’ai donc le choix, mais elle apprendra vite que j’ai de toute façon toujours le choix. Elle est habile, présentant son invitation différemment en faisant appelle à mon sens de la galanterie. Je n’ai de toute façon rien de prévu pour la soirée, j’avais déjà en tête de répondre positivement à sa requête, mais je ne peux plus faire autrement face à cet argument. J’accepte donc l’invitation et justifie que ce sera une première pour moi. La réaction d’Andrea est immédiate, je crois qu’elle affectionne ce genre de tradition, en tout cas à en croire sa surprise et son enthousiasme. Je secoue la tête, amusé par tant d’énergie de sa part « Pas ici… » corrigé-je pour la rassurer « Bien sûr que je suis déjà allé à un marche de Noël, on a ça aussi en Angleterre tu sais. » je prends un air taquin et ajoute « Mais vous les Nord Américains ne faite pas les choses pareilles, je suis donc curieux de découvrir un marché de Noël sur ce continent là. ».
Je pose une seule condition à ma venue celle de passer chez moi prendre une douche. Lorsque l’avocate disparaît dans les vestiaires je m’apprête à attendre plusieurs minutes mais ai la surprise de la voir revenir. Elle se douchera chez moi pour des raisons pratiques et je ne peux être plus d’accord. Arrivés à mon domicile je l’invite à entrer, elle et sa petite valise. Sérieusement ? Elle prévoit de peut-être partir en voyage en un claquement de doigts ou quoi ? Je l’observe choisir quels vêtements elle compte porter, hésitant entre l’étonnement et l’admiration. Mon regard n’échappe pas à Andrea qui se justifie aussitôt d’être prévoyante « Je vois ça. » répondis-je en hochant la tête « Enfin je dirais même que là on est au dessus de la prévoyance. » ajouté-je avec malice. Suite à sa question tout à fait juste à propose, je lui désigne la salle de bain « Les dames d’abord. » mais elle s’en doutait déjà, je suppose. Je la laisse prendre possession de la salle de bain et profite de ces quelques minutes pour préparer mes affaires puis checker le portable qui me sert de moyen de communication avec mes contacts britanniques, notamment des collègues de boulot, le vrai. Rien à signaler de ce côté là, j’éteins l’appareil et le range soigneusement. Mon tour pour la douche vient rapidement et c’est tout aussi vite que j’en sors propre et prêt à aller découvrir ce fameux marché de Noël. « Tu aimes ça, l’ambiance de Noël, n’est-ce pas ? » dis-je à l’intention de l’avocate alors qu’à peine sommes nous arrivés que je sens son regard changer.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]   Dim 26 Nov - 2:33


« Bien sûr que je suis déjà allé à un marché de Noël, on a ça aussi en Angleterre tu sais. » « Je ne suis pas snob. » Rajoutais-je pour préciser que si j’en ai l’air, ce n’est qu’une illusion. Je lis tellement dans son froncement de sourcils que c’en est risible. Je crois deviner ce qu’il pense et je ne me pense pas loin de la vérité. Certains tics et expressions sur son visage, je commence à savoir les interpréter. « Mais vous les Nord Américains ne faite pas les choses pareilles, je suis donc curieux de découvrir un marché de Noël sur ce continent là. »

Départ pour son appartement où je débarque carrément avec ma valise de secours. Je sais ce que risquent de penser ses voisins mais il a plutôt l’air de s’en contrefoutre, sans doute n’est-il pas très lié à eux, en même temps à qui se lie Arthur ? Si ce n’est à moi, mais depuis qu’il est dans l’entreprise, il n’y qu’avec moi qu’il entretient des rapports autre que professionnel, même durant les pauses café ou déjeuner. Je dépose ma valise sur son plancher afin de choisir une tenue, sous son regard observateur, et curieux je dirais. « Enfin je dirais même que là on est au-dessus de la prévoyance. » « En attendant, trop ou pas, ce soir je suis prête. » Levant un sourcil pour parer à toute remarque. J’aurais le dernier mot sur ce coup-là et même la première place dans la douche, j’en suis convaincue. « Les dames d’abord. » « Merci Mr Ross. » Lançais-je avec un sourire vainqueur. Je n’ai jamais douté de ce privilège mais j’attendais son aval.
Je referme la porte, me déshabille, use de son gel douche boisé et m’enroule dans une de ses serviettes. Je ne me laverais pas les cheveux sans sèche-cheveux, et j’imagine bien qu’il n’en détient pas un dans sa salle de bain, quelle utilité il en aurait ? Il ne fréquente personne à ce que je sais. Je n’abuse pas du temps de mon collègue et partenaire de danse ce soir, et sors rapidement de la salle de bain afin de pouvoir lui laisser la place.
Je traine un peu dans son appartement, et attrape un livre au hasard, dans sa bibliothèque. On dirait un appartement témoin, même les auteurs se trouvant ici ont l’air choisis au hasard… aucun rapport entre leurs philosophie, aucune préférence affichée pour quelconque courant littéraire, c’est comme si… comme s’il fallait meubler. J’attrape un Marcel Proust, donc je caresse la couverture avant de l’ouvrir et de le parcourir, assise sur le canapé du salon, en l’attendant.
Quand il reparait, je repose soigneusement l’ouvrage dans la bibliothèque, et passe devant.

Nous voilà au marché de Noël, l’ambiance, les couleurs, les odeurs, tout ça doit sans doute changer mon visage, étant donné la question d’Arthur. « Tu aimes ça, l’ambiance de Noël, n’est-ce pas ? » Je souris légèrement et baisse la tête, prise sur le fait, emmitouflée dans mon trench. « J’adore ça. Je trouve que c’est… comme suspendre le temps. Et puis regarde autour de toi. Tu en vois un sujet au stress ? Aux impératifs, ou à quoi que ce soit d’autre qui les rends malheureux ? Non, ils prennent juste ce qui se présente à eux, et ça fait du bien. » Je me pends à son bras, avance le long des allées. Perd mon regard dans chacun des petits baraquements que l’on longe. « Il faut que tu goûtes ça ! » Je le lâche une seconde et règle deux chocolats chauds au sirop d’érable. Je lui en tends un et reprends son bras. « Ca risque d’être un peu spécial, mais je crois savoir que tu aimes les défis. » Je lui souris, complice, et entame le mien, du bout des lèvres, c’est brûlant. « Par contre toi, les fêtes de fin d’années ont l’air de te faire ni chaud ni froid, tu n’as rien prévu pour Noël ? » Bon, féru de boulot, je le sais, mais le réveillon est un soir spécial pour la plupart des gens, il a une famille, il doit en être de même pour lui. Il a l’air de beaucoup tenir à sa mère, surtout de l’estimer énormément.
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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]   Dim 26 Nov - 22:08

Ce n’est pas bien difficile de remarqué que l’ambiance du marché de Noël a tout l’air de plaire à Andrea. Son regard change, elle apparaît soudain comme beaucoup plus détendue laissant place à cette version d’elle plus sensible et ouverte que celle qui arpente les locaux de l’entreprise. J’apprécie que la jeune femme n’hésite pas à se montrer sous ce jour là avec moi, sa compagnie m’est d’autant plus agréable que je la sais sincère. Je l’écoute m’expliquer ce qui lui plait dans cette ambiance particulière qui règne à la période des fêtes de fin d’année. Ce qui en ressort c’est l’apaisement, prendre le temps de vivre tout simplement. C’est comme si en venant ici elle se nourrissait de ce sentiment de liberté qu’on l’air d’avoir les autres mais qu’elle ne s’autorise pas vraiment. Elle parle des gens comme si ils étaient dans un autre monde, qu’on les regardait de derrière une vitre, c’est plutôt étonnant comme perspective. Elle s’accroche à mon bras et nous marchons le long d’une file de stand. C’est vrai que c’est agréable, et même si la température est basse ça a quelque chose de chaleureux. J’observe les différents marchands, les gens et leur air détendu. Ça fait une éternité que je n’ai pas mis les pieds dans un marché de Noël je m’en rends compte. L’avocate me tire un peu plus par le bras décidée à me faire découvrir quelque chose, un chocolat chaud au sirop d’érable et avec le froid qu’il fait je ne vais pas dire non. « C’est toi le guide. » dis-je en lui adressant un sourire complice. Elle me met en garde sur la particularité de la boisson, je hausse les épaules « Effectivement j’aime les défis. » je souffle sur le liquide, à en croire la chaleur que le gobelet diffuse dans mes mains c’est trop chaud pour être bu. Pourtant Andrea s’y aventure sans pour autant prendre vraiment de risque. Elle fait très justement remarquer que me concernant l’ambiance des fêtes n’a pas l’air de change quoi que ce soit, je ne peux pas lui donner tort « Ces dernières années je n’ai pas toujours pu en profiter, j’imagine que j’ai fini par oublier comment c’est. ». J’ai parfois passé Noël dans des endroits où ça ne se fête pas… ou n’existe même pas mais ça je ne peux pas le lui dire, pas sans en dire plus ou lui mentir et je n’en ai pas envie.
« Je vais peut-être rentrer trois jours en Angleterre pour passer Noël avec mes parents. Il y aura peut-être de la famille, je ne sais pas. » je n’ai rien décidé pour le moment et donc rien dit à ma mère quant à ma venu ou non. « Mais si je reste ici, non je n’ai rien de prévu. » je hausse les épaules pas franchement perturbé par cette idée. « J’imagine que toi par contre tout est déjà planifié d’une année sur l’autre ? » dis-je en souriant avant de tenter ma chance pour goûter à ma boisson. Pour la température c’est ok, verdict pour le reste… « C’est plutôt bon. » et totalement raccord avec l’ambiance ça c’est sûr. « Tu vois des trucs qui te donnent des idées de cadeaux ? » demandé-je puisque c’est la raison de notre présence ici, enfin celle mise en avant par l’avocate en tout cas. Je désigne un stand de chapeaux en tout genre « Pour ton père… » je contiens mon rire pour rester impassible, mais c’est difficile parce que l’image est vraiment drôle. « Non ? » j’arque un sourcil, toujours aussi sérieux. Plus loin se sont des pulls typiquement de Noël qui sont vendus, en fait c’est un marché comique, non ? « Tu as ça dans ta garde robe secrète au bureau ? » taquiné-je avec un petit sourire en coin « Et le soir quand il n’y a absolument plus personne au boulot tu le mets, ainsi qu’un fond sonore de chorale de Noël et tu travailles jusqu’à pas d’heure. » je plisse les yeux, fixant les siens « Démasquée Maitre Manzonni. ».
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Andrea Manzonni
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]   Lun 27 Nov - 0:55


J’ai toujours le sentiment ne pas faire partie du monde, de les regarder comme on regarde des poissons dans un aquarium, de jalouser leur quiétude en appréciant de les voir avancer à leur grés. Je ne suis pas capable d’en faire autant, je n’ai pas le temps, je n’ai pas la possibilité de le faire. Pas maintenant en tout cas, et puis j’ai des impératifs, des devoirs, et on compte sur moi. Je ne vois pas comment les choses pourraient changer, surtout si les affaires prennent de l’ampleur, ce que nous espérons tous.
« Ces dernières années je n’ai pas toujours pu en profiter, j’imagine que j’ai fini par oublier comment c’est. » « Comment on peut oublier Noël ? » Indignée, je ne comprends pas comment on peut en arriver à oublier ce genre de choses, c’est tellement… Important, en tout cas de mon point de vue de petite bourgeoise capricieuse. « C’est triste… » Et je le pense vraiment, je trouve ça bien trop triste de devoir en arriver là. Je crois que je suis un peu trop sentimentale durant cette période, mais je suis avec Arthur, je n’ai sans doute pas grand-chose à craindre, ma carapace peut se déverrouiller un peu, sans que je ne risque de perdre toute crédibilité.
« Je vais peut-être rentrer trois jours en Angleterre pour passer Noël avec mes parents. Il y aura peut-être de la famille, je ne sais pas. » « Je suis sûre que ça fera très plaisir à ta mère. » Lui assurais-je avec un sourire sincère. Il m’interroge du regard, surpris que j’évoque sa mère sans doute. « Tu en parles toujours avec beaucoup de respect, et d’admiration, je dirais. Alors vous devez être assez proches. Et on ne dit jamais non à sa mère. Quand on est un fils bien élevé. » Les conventions, encore et toujours. Mais je sais que si ma mère avait eu un fils, il aurait cédé à tous ses désirs. « Mais si je reste ici, non je n’ai rien de prévu. » « Tu comptes quand même pas passer Noël tout seul ? C’est interdit, c’est tout, c’est non. » Un peu directrice, une fois de plus mais je ne laisserais pas Arthur passer Noël seul dans son appartement, déjà particulièrement impersonnel. Comment peut-il envisager cette idée sans déprimer ? « J’imagine que toi par contre tout est déjà planifié d’une année sur l’autre ? » « Oh les traditions ont la dent dure, comme tu le sais. » Lui souriant légèrement. « La seule chose dont je sois sûre c’est qu’on sera au moins deux, au manoir. Ma mère donne leur soirée à tous les domestiques et on s’occupe nous même du dîner. Mon père nous rejoint dans un moment de grâce. » Ironique, mais je lui en veux. On attend toujours après lui, tout le temps. Alors comblées de cadeaux, nous ne le seront mais on en oublie l’essentiel, sauf que l’essentiel, chez nous, c’est le luxe. « C’est plutôt bon. » « Ca te plait ? Je commence à cerner tes goûts alors. » Je suis plutôt fière de cerner quelques trucs sur cet homme on ne peut plus mystérieux. Il est on ne peut plus opaque concernant ce qu’il est, et ça m’attire comme un aimant. « Tu vois des trucs qui te donnent des idées de cadeaux ? » « Oh non, pour les cadeaux, on va plutôt aller voir chez Chanel et Prada. En tout cas pour ma mère. Pour mon père je… je t’avoue que je sèche un peu. Qu’est-ce-qui plaît à un homme qui a déjà tout ? » Et Arthur ne perd pas une occasion de répondre à mon interrogation, avec un certain humour, je le concède ! « Pour ton père… » J’éclate de rire, et imagine vraiment peu mon père apprécier l’idée. « Non ? » « Tu tiens à te faire virer ? Si je lui dis que l’idée est de toi, il te foutra peut-être même en procès, qui sait. » Je ris encore une fois, un rire non retenu, naturel et pour une fois non ironique, ce qui se fait rare. Il se dirige naturellement vers les pulls qu’on peut appeler moches. Les pulls de Noël quoi… « Tu as ça dans ta garde robe secrète au bureau ? » Je secoue la tête, amusée. « Et le soir quand il n’y a absolument plus personne au boulot tu le mets, ainsi qu’un fond sonore de chorale de Noël et tu travailles jusqu’à pas d’heure. » « Tu étais flic dans une autre vie. » Entrant dans son jeu, on ne peut plus amusée, une fois de plus, je découvre avec bonheur qu’il a peut-être un vrai sens de l’humour. « Démasquée Maitre Manzonni. » « Non, espion. Espion ? J’ai vu juste ? » Son regard s’est éclairé. Je le taquine et me colle à lui. « Alors j’ai eu l’honneur d’avoir à faire à un vrai James Bond le weekend dernier ? » Murmurais-je tout près de son visage. « Ca a toujours été un énorme fantasme… » Lui glissais-je à l’oreille avant de lui lancer un regard équivoque, puis de le lâcher, pour poursuivre notre marche. « Ca c’était la partie cool, mais maintenant que t’es là, tu vas devoir affronter le centre commercial avec moi… » Oui, à cette heure-ci, tout est ouvert tard dans la nuit approchant les fêtes de Noël.
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Premier bal : l'épreuve du feu [Anthur #7]

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