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 Have a break, take a breath (Anthur #8)

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Arthur Ross
« hakuna matata »

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MessageSujet: Have a break, take a breath (Anthur #8)   Ven 1 Déc - 22:53

C’est le week-end et j’ai la bougeotte, besoin de sortir, de prendre l’air. J’ai passé toute la semaine à travaillé comme un forcené, prenant peut-être bien mon rôle trop à cœur. Enfin c’est encore et toujours le même problème qui se pose à moi, je ne supporte pas l’ennui, alors tant que j’ai des choses à faire j’en profite. Mais là j’ai besoin de nouveauté, j’ai peur de finir par me lasser de ce boulot que je me suis trouvé, il va falloir que je me diversifie pour le rendre plus attractif et ne pas risquer de tomber dans la monotonie. La seule personne en ville que je puisse considérer comme une amie c’est Andrea et comme c’est une acharnée du boulot je prends le parti que cette petite sortie lui fera autant de bien qu’à moi. Je l’admets j’ai également envie de passer du temps en sa compagnie, c’est devenue une habitude mais celle-ci n’a rien de routinière et je ne m’ennuie jamais avec l’avocate. Non pas même pendant les deux heures de shopping que j’ai dû endurer, je ne m’ennuyais pas, j’en avais marre ce n’est pas tout à fait pareil. Il est probable que j’aurais fini par m’ennuyer dans peu de temps, mais j’ai su manifester mon ressenti avant que ça ne tourne encore plus au vinaigre. Je n’en veux pas à Andrea, elle vient d’un milieu où on se soucis peu des autres et de leurs désidératas, elle lutte contre cela parfois, mais il y a ces instants où elle pense que tout lui est dû. Je la pense suffisamment intelligente pour savoir apprendre de ses erreurs. Quoi qu’il en soit ce que je prévois est loin d’une séance de shopping.
Je me gare à proximité de l’immeuble où habite la jeune femme et sonne à l’entrée, le gardien me reconnaît. Je suis venu deux fois et sais faire en sorte que les gens se rappellent de moi si ça peut-être utile. Je frappe à la porte de l’appartement de l’avocate, forcément elle est surprise habituellement elle sait à l’avance qu’elle a de la visite. « Tu as vu un fantôme ? » dis-je en me retournant brièvement comme pour vérifier que rien ne se cache derrière moi. Sourire aux lèvres mon attention se porte à nouveau sur Andrea « Je sens que tu as besoin de prendre l’air. » je la fixe avec conviction « Si je t’assure. Penses y… » je lui laisse quelques secondes de réflexion et arque un sourcil « Alors ? Tu laisses ce que tu es en train de faire, tu t’armes contre le froid et tu mets une paire de chaussure avec lesquelles tu puisses vraiment marcher ? » libre à elle de refuser, d’ailleurs elle va peut-être protester un peu mais j’ai un argument de taille « Je vais quand même pas te rappeler les deux heures de shopping… » ajouté-je avec un sourire en coin. Oui je sais, c’est moche d’utiliser ce genre d’argument mais c’est pour la bonne cause.
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Andrea Manzonni
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: Have a break, take a breath (Anthur #8)   Sam 2 Déc - 0:12


Le weekend approche à grands pas et je n’ai toujours rien de prévu si ce n’est de régler cette paperasse qui encombre mon bureau, mais dans l’atmosphère rassurante de mon chez moi. Sans doute avec une dizaine de litres de café à disposition et une bonne dose de volonté. Je ne peux plus laisser tout ça s’accumuler. De toute façon, avais-je mieux à faire ? Peut-être m’accorder une nuit intensive de lecture… Je fonctionne déjà comme une vieille fille, je me fais de la peine toute seule.
Bien sûr que je pense à Arthur et imagine les projets qu’il pourrait avoir pour son propre weekend. Sans doute pas une sortie entre amis, il ne connait pas grand monde par ici, pas encore, il vient d’arriver, et sa famille est trop loin. Il ne sait même pas s’il va les rejoindre pour Noël et je m’en offusque encore.
Nous avons passé une nuit ensemble, une nuit plus que… reposante. Puis une autre, cette fois-ci on ne peut plus chaste. Sans doute a-t-il compris ce soir-là que je n’étais pas aussi assurée que je m’en donnais l’air. Je dois me méfier, je ne peux pas trop me dévoiler, ça va finir par me causer du tords, un jour ou l’autre.

Je pensais que le programme de ma journée serait tout tracé, mais des coups frappent à la porte, m’interrompant en pleine répétition de ma plaidoirie de lundi matin. Yankee en est le premier inquiéter, quand il lève la tête en direction de la porte. Il est 11 h du matin, je porte un simple legging et un t-shirt beaucoup trop grand. Qui ose ? J’ouvre finalement la porte après un coup d’œil par le judas. Arthur. Surprenant. « Tu as vu un fantôme ? » « Non, je… qu’est-ce-que tu fais là ? » Suspicieuse. Il ne me semble pas que nous avions convenu de nous voir… Je ne comprends pas ce qu’il fait là, comme ça, à l’improviste, et puis comment il aurait su que j’étais là ? Et non pas de sortie. « Je sens que tu as besoin de prendre l’air. » « Ah ouais, tu sens ce genre de choses toi ? Ecoute j’ai… » Je ne peux pas argumenter, il a lui-même préparé sa défense. « Si je t’assure. Penses y… » Il me coupe en pleine réflexion en plus ! De toute façon qu’est-ce qu’il veut faire de moi ? J’ai encore en tête le shopping, et je sens qu’un jour ou l’autre je vais prendre le retour du bâton. « Alors ? Tu laisses ce que tu es en train de faire, tu t’armes contre le froid et tu mets une paire de chaussure avec lesquelles tu puisses vraiment marcher ? » « Excuse-moi ? » C’est la paire de chaussures avec laquelle je peux vraiment marcher qui me fait tilt. Je marche très bien en talons que je sache ! « Je vais quand même pas te rappeler les deux heures de shopping… » « Attends, tu viens jusqu’ici me faire du chantage ? Sur mon propre palier ? Tu ne doutes jamais de rien toi… » Je soupire et l’invite à entrer. « Je ne sais même pas où tu m’emmènes, comment tu veux que je prenne une décision ? » Nouvel argument de taille, je ne peux réfuter et vais dans ma chambre retourner mon placard à la recherche d’une paire de chaussures qui aille. J’ai tellement de chaussures… Baskets confondus. Mais lesquelles mettre ? J’attrape finalement par dépit une paire de Stan Smith et les laisse tomber au pied de mon lit avant d’enfiler un jean et une marinière. Habillée, je le rejoins dans le salon. Il a patiemment attendu les mains dans les poches. « Je le sens vraiment pas ton plan. Tu prévois de te venger ? » Non, je le demande, je me le demande surtout ! « Je dois emmener quoi d’autre ? » Je suis plutôt légèrement vêtue et il va me faire la réflexion. J’attrape alors un sweat de la fac qui traine sur le dossier de mon canapé. « Tu as d’autre conseils ? » Oui, sans doute un blouson et de quoi me couvrir… Je la sens mal cette journée, c’est marrant ! Je me saisis d’un blouson de ski, d’un bonnet et de gants et le dévisage. « Tu vas vraiment finir par me faire croire que je suis punie. C’est quoi la prochaine étape ? » Je le suis à sa demande jusqu’à sa voiture, monte et dois même me taire… Cet homme se permet plus de libertés que n’importe qui ne se l’est permis avec moi jusqu’à présent, et moi je ne dis rien…
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Arthur Ross
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: Have a break, take a breath (Anthur #8)   Sam 2 Déc - 14:06

Je sais que l’avocate me pense d’un culot monstre pour oser me pointer comme ça à sa porte sans prévenir. Mais elle commence sans doute à s’y faire, je n’ai pas cessé de bousculer ses petites règles établies depuis que j’ai mis les pieds dans son bureau la toute première fois. Je me souviens encore de son regard glacial et de son ton sec, puis de cette manière qu’elle a eu de cacher que je l’intriguais. Ce fut d’assez courte durée, j’ai réussi à attiré son attention et obtenir les bonnes grâces de son père. Et maintenant ? C’était il y a quelques semaines mais ça me semble déjà loin, le boulot fait désormais parmi du décor, en revanche la connaître toujours un peu plus s’est naturellement placé au premier plan. J’aurai pu m’en tenir à cette nuit que nous avons passé ensemble, sauf qu’il s’est passé quelque chose ce soir là, plus que je ne le pensais et j’ai aperçu une partie d’elle tellement éloigné de l’image qu’elle renvoie au quotidien que ma curiosité n’en est mise qu’à plus rude épreuve. Andrea a une personnalité complexe et sans doute que si je m’y intéresse tant c’est parce que ça fait écho à la mienne, à qui je suis derrière toutes ses identités que j’ai arboré depuis plusieurs années désormais. La surprise dans le regard de la jeune femme lorsqu’elle ouvre la porte est déjà une première satisfaction pour moi. Forcément elle veut savoir ce que je fais là, c’est légitime et je lui offre pour toute explication que j’ai une intuition sur son besoin de prendre l’air. Ce n’est pas vraiment une question, plutôt une affirmation et je ne la laisse pas vraiment essayer de contrer ce que j’avance. Je lui propose – mais ça ressemble à une sorte d’ordre – de s’habiller chaudement et de mettre des chaussures avec lesquelles elle pourra marcher correctement. Je n’en ai pas fini et en rajoute une couche en remettant cette histoire de shopping sur le tapis. Je sens bien que l’argument contrarie l’avocate, pas le genre de plaidoirie qu’elle veut entendre je suppose. « Effectivement, je ne doute de rien. » lâche-je sur un ton enthousiaste contrastant avec celui de mon interlocutrice qui a tout l’air d’être partagée sur la conduite à tenir.
C’est vrai, elle ne sait rien d’où je l’emmène c’est même là tout l’intérêt. « Laisse ta curiosité choisir à ta place. » lui indiqué-je avec le sourire. Elle part finalement vers sa chambre, c’est bon signe. Mon regard croise celui de Yankee qui m’observe, je crois que ce chat ne m’aime pas beaucoup pourtant j’adore les animaux, mais il a tout l’air de ne pas voir ma présence d’un très bon œil. Possessif ce félin. Mon attention ce reporte sur Andrea qui réapparait habillée plutôt léger en dépit de mes recommandations. Je secoue la tête à sa question « Non, je ne vais pas me venger. » dis-je si ça peut la rassurer sur le déroulement de cette journée. Elle me questionne sur ce dont elle a besoin d’autre, mon regard lui en apporte la réponse, elle comprend tout de suite où je veux en venir avec un simple haussement de sourcil. Un sweat supplémentaire c’est un bon début, j’insiste encore du regard et elle prend également un blouson, des gants ainsi qu’un bonnet. Je souris à sa remarque avant de juste lui faire signe que nous partons, ce sans un mot de plus, énigmatique jusqu’au bout. « Et ne me demande pas où on va pendant le trajet, je ne dirai rien. » affirmé-je une fois à bord de ma voiture. Je mets le contact et nous voilà partis pour l’extérieur de la ville, vers le nord. Je m’arrête à proximité d’une zone boisée, le thermomètre affiche trois degrés de moins qu’en ville et ce qui change aussi c’est le quasi silence qui règne ici. « Je ne plaisantais pas en parlant de prendre l’air. » je prends mon sac à dos dans le coffre et après avoir mis mon bonnet j’invite Andrea à m’accompagner sur un sentier s’enfonçant dans les bois « Ça fait combien de temps que tu n’as pas mis les pieds hors de la ville ? » je lui souris et échappe même un léger rire « Fais pas cette tête, respire le bon air. Je ne vais pas te faire marcher durant deux heures si c’est ce qui t’inquiète. » je peux au moins lui donner cette information là.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: Have a break, take a breath (Anthur #8)   Sam 2 Déc - 15:26


Je dois lui reconnaître un grand sens du culot. Il fonce, advienne que pourra. C’est pourtant un homme réfléchi, mais je remarque cette fois-ci un côté grandement spontané, surprenant mais pas le moins du monde désagréable. Enfin, ça aurait été le cas s’il ne m’avait pas donné l’impression de me donner un ordre. Je ne reçois pas d’ordre, si ce n’est de mon père et encore, il a la façon plus subtile de me faire sentir que c’est une question de vie ou de mort. En dehors de ça, je n’autorise aucun autre homme à m’en donner. Je ne saurais trop vous dire si quelqu’un y parviendra un jour, la question n’aurait pas dû se poser, mais si, voilà, il est là, et en train de me dire d’enfiler d’autre fringues, de prévoir autre chose et en plus de le faire relativement rapidement. « Laisse ta curiosité choisir à ta place. » L’argument fait mouche et je penche pour le oui, je vais même me préparer dans la chambre. Je ne saurais lui donner la satisfaction de me dépêcher plus que nécessaire. Après tout… « Non, je ne vais pas me venger. » Me voilà légèrement rassurée et je lui affirme d’un signe de tête, avant de suivre ses directives et encore une fois je m’en félicite, parce que ce n’est pas avec tout le monde que je fais preuve d’autant de docilité.
« Et ne me demande pas où on va pendant le trajet, je ne dirai rien. » « Le plan c’est que je te suive et que je me taise ? » Amusée, ironique, non mais il se fout de moi ? Visiblement pas. Je ne trouve rien d’autre à répondre, il m’a coupé la chique, il peut s’en féliciter. Rare sont les personnes capables de me faire taire, elles se comptent sur les doigts d’une main. « Je n’ai rien le droit de dire, mais la musique, c’est pas interdit, ça, si ? » Je sors alors un album de mon sac à main, et j’introduis le CD dans son poste. Une compilation des plus grands morceaux rock connus à ce jour. J’ai toujours une complication qui traine. Qu’il m’appelle inspecteur gadget si ça lui chante.
Il s’arrête dans une zone boisée. Le néant. Du vert, du vert, et du… De la neige, de la terre. Rien, RIEN AUTOUR. « Je ne plaisantais pas en parlant de prendre l’air. » « A quel moment tu plaisantes toi, rappelle moi ? » Attrapant fébrilement mes affaires dans le coffre. Je me couvre de mon écharpe, d’un blouson chaud et d’un bonnet. Génial. « Ça fait combien de temps que tu n’as pas mis les pieds hors de la ville ? » « Si je te dis depuis ma naissance ? » Je sens que mon humour perd en qualité. Je me décide tout de même à répondre à sa question un peu plus sérieusement. « Dans ce genre de pièges ? J’avais 10 ans. » En pleine nature quoi. Le spot parfait pour un tueur en série. Cacher un corps ici est presque trop facile. « Fais pas cette tête, respire le bon air. Je ne vais pas te faire marcher durant deux heures si c’est ce qui t’inquiète. » Je respire profondément, j’ai froid, mais je le suis. Je vais tenter d’y mettre un peu de bonne volonté. Il en a mis, lui, pendant le shopping. « Attends-moi. » Je presse le pas. Pas que je ne me sente pas en sécurité mais s’il venait à me perdre… « Y a même pas de réseau ici ! » Secouant mon téléphone en le tenant à bout de bras comme si ça avait le pouvoir de changer quoi que ce soit. « Tu vas me dire où tu m’emmènes maintenant ? » C’est bon, je n’ai pas posé de questions jusqu’à présent. Le paysage est sans doute magnifique, mais là ce sont des questions pratiques qui m’interpellent s’il permet.

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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: Have a break, take a breath (Anthur #8)   Sam 2 Déc - 23:58

Qu’elle me suive et se taise ? Ce n’était pas le plan initial, mais si elle n’arrive pas à s’empêcher de poser des questions sur le programme de la journée, alors le silence peut être une bonne alternative. Enfin tout est relatif, Andrea propose un fond musical pour agrémenter le trajet et je n’ai rien contre, bien au contraire. Je lui connais de bons goûts en la matière, je sais donc que ça n’aura rien d’un supplice. Et sans surprise la route se déroule dans une ambiance musicale tout à fait agréable. Je sens que l’avocate est un peu tendue de ne pas savoir où l’on va ni ce que j’ai prévu mais j’apprécie qu’elle joue le jeu, ça lui coûte même sans doute plus que je ne l’imagine. Nous arrivons à l’endroit que j’ai choisi, se retrouver en pleine nature n’a pas l’air de mettre Andrea plus à l’aise. Elle avait cru que je plaisantais en parlant de prendre l’air ? Peut-être bien. Un peu surpris par sa réaction je me renseigne sur ses sorties à la campagne, elle exagère, avec humour mais ça aurait tout aussi bien être tout à fait véridique. C’est une citadine pure et dure, y’a qu’à voir la tête qu’elle a fait en voyant que je m’arrêtais là, à l’entrée d’un bois. Je suis quand même surpris de son aveu. Ça fait une vingtaine d’années qu’elle a pas mis les pieds vraiment dans la nature ? C’est fou. Je l’encourage à se détendre, à vrai dire je ne pensais pas qu’elle aurait une telle réaction. Je l’invite à respirer ce bon air qui ne sent pas le pot d’échappement ou autre et me mets en marche. J’ai deux mètres d’avance et déjà elle réclame que je l’attende, ça promet ! Je la regarde du coin de l’œil qui essaye de capter du réseau en levant le bras, je ne peux m’empêcher de rire. Elle veut savoir où je l’emmène, je pense qu’elle va finir par vraiment s’impatienter si je ne lui donne pas au moins un élément de réponse « Dans un endroit sympa et reposant. » dis-je en lui adressant un sourire.
« Tu vois ça, là ? » demandé-je en montrant un arbre, Andrea m’interroge du regard, ne voyant pas où je veux en venir « Et bien c’est avec ça qu’on construit des bureaux. C’est du bois… du bois d’arbre. » je me moque gentiment de sa tendance à être éloignée des réalités et surtout de son côté citadine. C’est bienveillant, je n’ai pas la volonté de la rabaisser j’essaye juste de la détendre « Quoi ? Je pensais que tu l’ignorais. » je la pousse doucement de l’épaule « Andrea Manzonni qui se balade dans la forêt. Si je fais cet aveu à quelqu’un, à moins d’avoir une photo comme preuve y’a personne qui me croira n’est-ce pas ? ». J’espère quand même ne pas lui faire vivre un vrai supplice en l’amenant ici, quoi qu’elle a assez de tempérament pour s’opposer à ma petite excursion si elle avait voulu le faire. Après une demi-heure de marche à peu près la forêt se fait moins dense, s’ouvrant sur une zone plus dégagée et donc plus ensoleillée. Je repère des tables en bois et me dirige vers l’une d’elle « Je n’ai pas oublié la pause déjeuner. » après tout il est un peu plus de midi et il est hors de question de profiter du  paysage le ventre vide. Je m’assoie et sors de mon sac à dos deux boites floquées de la marque d’un traiteur plutôt réputé « Je ne voulais pas que le sevrage avec le luxe soit trop brutal. » dis-je à l’avocate en posant la boite devant elle. J’ai été chanceux qu’à dix heure du matin, quand l’envie m’a pris de partir en vadrouille, ce traiteur soit ouvert. « Ça t’aide à profiter un peu plus du calme et de la beauté de l’endroit ? » demandé-je avec le sourire.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: Have a break, take a breath (Anthur #8)   Dim 3 Déc - 0:47


Je n’ai pas l’habitude de perdre le contrôle sur mon environnement. Ça n’est pas dans la marche à suivre habituelle. Je dois tout savoir, tout pouvoir anticiper, c’est comme une façon de pouvoir gérer les imprévus, avoir les pleins pouvoirs, c’est rassurant. Sauf que maintenant, Arthur a décidé de foutre un énorme coup de pied dans tout ça, et voilà comment ça se termine. Je me retrouve embarquée en voiture, un samedi, et je sais que je risque d’avoir très froid. Il faisait déjà froid à New-York, mais comparé au Canada… Alors je prends sur moi pour n’avoir au final que le droit de choisir la musique durant le trajet en voiture. J’estime qu’il fait presque un effort à me laisser faire ça. Il a l’air d’avoir tout en tête, mon Dieu, dans quoi je me suis embarquée, et pourquoi je le laisse avoir autant d’emprise sur moi ? Pourtant ce n’est pas mon genre. Surtout pas de laisser un homme faire ce qu’il veut de mes weekends ou même de moi. Mais je lui laisse le privilège de décider pour moi, j’espère ne pas le regretter. Il n’a pas l’air de penser à mal, Arthur est quelqu’un de généreux, en tout cas avec moi, et j’ai pu le constater plusieurs fois. Sans doute aussi me sentais-je redevable depuis cette séance shopping interminable et proche de la punition pour lui ?
Nous marchons maintenant depuis un long moment, enfin à mon goût et je me décide enfin à lui poser une question à laquelle il aurait le droit de me refuser la réponse. « Dans un endroit sympa et reposant. » « Ah ouais, c’est précis ça. » Je me fous de lui et presse le pas, avant qu’il ne m’arrête. « Tu vois ça, là ? Et bien c’est avec ça qu’on construit des bureaux. C’est du bois… du bois d’arbre. » « Sans déconner ? » Je me fous de lui à mon tour, levant un sourcil, non parce que son humour, je pense pouvoir m’en passer, ça va aller, je vous jure. « Quoi ? Je pensais que tu l’ignorais. » « Il paraît aussi que c’est avec ça qu’on fait les cercueils non ? » Un peu macabre, mais il sent à quel point je pourrais devenir violente là ou pas ? Quoi que mon humour a toujours été un peu particulier. « Andrea Manzonni qui se balade dans la forêt. Si je fais cet aveu à quelqu’un, à moins d’avoir une photo comme preuve y’a personne qui me croira n’est-ce pas ? » « Evite de prendre des photos, si jamais tu disparaissais mystérieusement, tu laisserais trainer des preuves contre moi. » Des menaces à peine voilées. Mais je continue tout de même à marcher, me raccrochant à son bras quand je pense voir une pierre qui bouge sans raison ou bien une araignée traversant notre route. C’est quoi ici, la jungle ? Mais nous arrivons sur un spot un peu plus intéressant, en tout cas magnifique et les tables en bois nous tendent les bras. « Je n’ai pas oublié la pause déjeuner. » Déjà mon visage s’illumine un peu. Sérieusement, je crois que c’est la meilleure nouvelle de la journée ! Il sort quelques boites d’un traiteur fameux, que je connais bien. « Je ne voulais pas que le sevrage avec le luxe soit trop brutal. » « Tu es hilarant. » Je dois lui reconnaître sa tentative, bon, OK, je pourrais être dans de meilleures dispositions mais c’est juste une question de timing ça. « Ça t’aide à profiter un peu plus du calme et de la beauté de l’endroit ? » Je comprends à cet instant que tout ce qu’il veut, c’est profiter avec moi d’un moment de calme, il aurait pu le faire tout seul, mais il a préféré le partager avec moi surtout en sachant que je trainerais les pieds, je le soupçonne de me connaître presque par cœur. Il est très fin analyste. « J’apprécie… C’est juste que… Je me sens pas à ma place. » Je ne sais pas comment lui expliquer, je me sens vulnérable. « C’est trop grand, trop libre, trop… J’ai l’impression que je vais me perdre à chaque pas. » J’ai pris l’habitude d’être enfermée et de trouver ça rassurant, d’être prise dans l’ambiance étouffante de la ville, et d’avoir l’impression d’y trouver mon chemin. Je tremble de froid, je crois que je n’ai pas prévu assez chaud, pas faute d’avoir été prévenue pourtant ! « Comment tu connais cet endroit ? » C’est quand même assez profond dans la forêt pour être soit dans ses habitudes, soit repéré auparavant par ses propres soins et s’il l’a fait pour moi, je trouve ça simplement adorable.

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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: Have a break, take a breath (Anthur #8)   Dim 3 Déc - 23:32

Une fois n’est pas coutume, j’use d’un peu d’humour pour tenter de dérider Andrea. Volontairement j’opte pour quelque chose de pas subtil du tout, à la limite du moqueur de façon à la faire réagir. C’est plutôt réussi, je retrouve son sens de la répartie sur fond de petite menace à peine dissimulée. Comment lui dire qu’elle ne m’effraye absolument pas ? Et bien ne pas lui dire… c’est encore le mieux, de toute façon elle sans doute probablement vu dans quoi je l’entraine. J’ai beau la provoquer un peu, la jeune femme reste plutôt calme, faut dire qu’elle n’est pas sur un terrain qui lui ai favorable si ça fait vingt ans qu’elle a pas foutu les pieds en forêt. Ça me semble presque surréaliste, et à la fois ça n’a rien de si surprenant, sa vie elle la passe majoritairement dans les locaux de l’entreprise, au tribunal, chez elle et dans tout endroit assez luxueux pour avoir grâce à ses yeux. Cette forêt n’en fait pas partie ça c’est clair et j’apprécie d’autant plus son effort de m’accompagner, car si je suis convaincu du bénéfice de cette sortie je crois que l’avocate ne voit pas les choses de la même manière. Le sentier où l’on marche est balisé et bien entretenu mais c’est apparemment déjà trop sauvage pour elle si j’en crois sa manière de s’accrocher à moi quand le chemin se fait un tout petit peu plus accidenté. Nous arrivons finalement à la première étape de cette petite excursion et c’est l’heure de la pause déjeuner. Nous nous installons à une table, profitant des rayons du soleil hivernal qui nous honore de sa présence. Je sors nos repas de mon sac à dos et plaisante sur le standing de ces derniers, j’aurais tout aussi bien pu lui donner un pauvre sandwich… nul doute que j’en aurai entendu parler longtemps.
Je ne sais pas si l’idée de l’emmener ici était bonne. Sûrement pas de son point de vue à elle ça je l’ai compris, néanmoins elle est là et j’ai à cœur qu’elle en profite, parvienne à s’ouvrir un peu à ce moment de calme. J’aime les défis ce n’est pas nouveau… et partager du temps en compagnie d’Andrea je ne peux le nier, alors faire d’une pierre deux coups que pouvais-je espérer de mieux pour occuper mon samedi ? J’essaye de prendre un peu la température, vérifier qu’elle n’est pas en train de vivre un enfer, ce n’est pas le but. J’écoute attentivement son explication sur son ressenti, et je suis intrigué par sa sensation de trop de liberté. C’est quand même étrange, non ? Elle a tellement l’habitude d’être entre quatre murs que le grand air l’effraie. Bien sûr la jeune femme est curieuse de savoir comment je connais cet endroit, j’espère qu’elle ne va pas être déçu « J’avais envie de sortir aujourd’hui, donc j’ai tout bêtement chercher un endroit… via internet et le coin est sympa. » avoué-je en toute transparence. Malgré le caractère soudain de mon envie de prendre l’air et m’éloigner de la ville j’ai pu assez facilement préparer cette sortie. « Donc je le connais pas tellement plus que toi en fait, mais j’ai l’avantage de savoir où je vais. » je lui souris « Si je te dis où on va ensuite, ça t’aiderait à être un peu plus à l’aise ? » je sors de mon sac un pull que j’ai pris en plus au cas où j’aurais froid. Moi ça va mais Andrea n’a pas l’air assez couverte, je le lui tends « T’as certainement pas envie de quitter ton blouson mais mets ça en plus quand même. » quelques secondes dans le froid pour la bonne cause.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: Have a break, take a breath (Anthur #8)   Lun 4 Déc - 17:50


Arthur aurait sans doute mérité meilleure compagnie pour ce paysage, je le reconnais. Mais outre l’effet de surprise, c’est surtout l’angoisse des grands espaces qui prend les devants. Il a pourtant pensé à tout et même à mon confort, en tout cas concernant le repas de midi. Je ne suis pas certaine qu’il aurait fait autant de chichi s’il était venu seul. Il respecte ma condition de petite princesse, je crois que de toute façon, il ne peut passer à côté. Un véritable enfer que ce doit être pour lui de devoir déroger à plusieurs de ses règles pour me contenter moi. Je ne suis pourtant pas sa petite amie, mais il se comporte parfois comme le mien. C’est étrange mais particulièrement plaisant. Après tout, pourquoi venir s’embêter la vie en venant me chercher chez moi en prenant le risque d’essuyer un refus alors qu’il aurait pu profiter du calme ici tout seul ? Je ne sais pas, mais sans doute est-ce parce qu’il apprécie ma présence autant que j’apprécie la sienne ?

Nous nous installons pour déjeuner, et si je dois reconnaître le cadre magnifique, je n’en n’oublie néanmoins pas le froid qui règne. Frileuse ? Je le reconnais bien volontiers et pourtant à New-York les hivers sont froids. Mais quand vous passez gamin de la limousine de votre père aux couloirs chauffés de votre école privée, le froid n’est pas un souci. Je n’ai jamais eu à souffrir du froid étant gamine en allant à l’école, tout comme les autres élèves j’imagine, se rendant à leur cours comme tous les enfants « normaux » du pays. Des fois j’enviais leur liberté, celle de se dire qu’ils ont l’occasion d’aller faire un tour au parc avec leurs amis après les cours, d’aller boire un verre ou de faire du shopping sans un garde du corps. Ça m’aurait sans aucun doute beaucoup plu. « J’avais envie de sortir aujourd’hui, donc j’ai tout bêtement chercher un endroit… via internet et le coin est sympa. » « Tu es le genre de mec à faire confiance à internet… Ca me surprend. » Ce serait plutôt mon genre à moi, ça. Je lui aurais plutôt vu un côté scoot. Mais ça me fait plaisir, au fond, qu’il ait pensé à moi encore une fois pour sortir. J’entame une des barquettes, c’est divin, je dois le lui reconnaître, il n’est pas allé chez le traiteur le moins connu et s’est souvenu de mes goûts. De mon amour pour l’avocat et le sucré salé. Je dois encore une fois l’en remercier. « Donc je le connais pas tellement plus que toi en fait, mais j’ai l’avantage de savoir où je vais. » « Tu sais lire une carte et une boussole ? » On n’est au moins pas perdus. De toute façon Arthur maîtrise ou semble maîtriser tout ce qu’il fait, comme si jamais aucune faille ne pouvait l’atteindre, c’est dingue. « Si je te dis où on va ensuite, ça t’aiderait à être un peu plus à l’aise ? » « Ca se voit à ce point ?... » Que je n’ai pas l’esprit tranquille. Je tente pourtant de donner le change mais ça n’a rien de facile. Galamment, il me tend finalement sa veste. Gentleman jusque dans un froid aussi polaire. Oui, pour moi, c’est polaire ! Permettez. « Merci. » Je claque des dents mais brave le froid pour enfiler son pull dans lequel je me réfugie. Il porte son parfum, et je ne me cache pas d’en profiter, avant de renfiler mon blouson par-dessus. Je tiens plus du Michelin sur pattes que de l’avocate mais en temps de survie… « Alors, où tu m’emmènes ? » Je suis curieuse, et lui propose par la même de goûter la barquette qu’il vient de me laisser choisir, il ne peut pas passer à côté de ça, c’est divin.
« Parmi tous les endroits où tu pourrais passer ton weekend, c’est la forêt qui t’attire ? » Je ne juge pas, je lui demande simplement pourquoi. Si c’est le calme, le froid, la verdure, le paysage, la solitude… Je ne sais pas d’où lui vient cet intérêt pour la nature mais je ne demande qu’à en apprendre d’avantage. « Tu étais le genre de petit garçon qui rêvait de devenir bucheron au Canda ? Avoue, c’est la chemise à carreaux qui te plaisait… » Je lui souris malicieusement, j’ignore vraiment ce qu’il avait pu avoir en tête étant gamin. Je ne sais déjà pas ce qu’il a en tête maintenant…

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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: Have a break, take a breath (Anthur #8)   Mar 5 Déc - 13:03

Je crois que définitivement la préoccupation première d’Andrea est que l’on ne se perde pas. Je souris à sa question et hoche la tête « Ouais je sais lire une carte et me servir d’une boussole. Mais tu sais on est sur un chemin balisé, y’a pas de risque. » et je ne compte pas en prendre, ça tient déjà bien assez de l’épreuve pour la jeune femme. Honnêtement je ne pensais pas qu’elle serait autant hors de sa zone de confort, j’avais même pensé que c’était le genre d’activité à laquelle elle aurait pu s’adonner dans les moments où elle a besoin de souffler. Erreur d’appréciation de ma part, ça peut m’arriver je suis loin d’être infaillible. Devant son inquiétude et surtout ayant comme objectif principal que l’on passe tous deux un bon moment je lui demande si savoir où nous allons pourrait aider à ce qu’elle soit plus détendue. Apparemment elle essayait de donner le change, mais c’est plutôt raté « Un peu. » dis-je avec un sourire bienveillant. Remarquant également que l’avocate à tout l’air d’avoir froid je lui donne le pull que j’avais prévu en plus. Sans surprise elle est preneuse d’infos supplémentaire sur ce que je prévois pour la suite de la journée « Pas très loin il y a un lac, sur les photos ça avait l’air magnifique. Et en plus il y a une petite auberge où ils servent entre autre du vin chaud. » là je crois que j’ai un peu plus de son attention « Je te sens un petit peu plus enthousiaste, non ? » dis-je sur le ton de la plaisanterie tout en continuant de manger. Je hausse les épaules à la question qui suit « Ce week-end c’était la forêt mais ça aurait pu être autre chose. Je fais au gré de mes envies. » je regarde autour de nous puis reporte mon attention de nouveau sur Andrea « Je me sentais un peu à l’étroit en ville. Le bureau, la voiture, l’appartement, les resto… tout est fermé et j’avais besoin d’ouverture. ». Il n’y a rien de plus à expliquer, je suis à l’écoute de mes ressentis, de mes envies et je profite du point le plus positif de ma mise au vert : la liberté. Ces dernières années j’ai vécu des choses incroyables, dangereuses aussi mais j’étais toujours sous le joug d’une mission à accomplir et de comptes à rendre.
J’échappe un rire. Moi bûcheron au Canada ? Non pas vraiment. « J’étais le genre de petit garçon qui voulait être Indiana Jones. » dis-je avec sincérité « J’ai eu le classique épisode astronaute aussi. » je marque une pause pour boire un peu d’eau et reprends « Puis policier. Et toi ? Pas princesse parce que tu étais traitée quasi comme telle… vétérinaire ? Rock star ? » je la vois bien annonçant à son père qu’elle veut monter un groupe de rock et partir en bus sur les routes. Notre pause déjeuner terminée nous reprenons notre marche en direction du lac. Le paysage alterne entre forêt et zones plus dégagées, la marche est facile, rien qui je l’espère ne fasse vivre le bagne à Andrea. « Tu te retiens de me demander si l’on est bientôt arrivé ? » plaisanté-je en lui adressant un regard malicieux avant de lui baisser son bonnet sur les yeux. Ça m’arrive d’être un gamin taquin par moment, une facette de ma personnalité qu’elle n’a pas encore eu le loisir de découvrir jusqu’à présent. C’est chose faite. Au loin on peut apercevoir un chalet, je le désigne d’un geste de la main « Le vin chaud approche. » lui dis-je en guise d’encouragement.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: Have a break, take a breath (Anthur #8)   Mar 5 Déc - 20:01


« Ouais je sais lire une carte et me servir d’une boussole. Mais tu sais on est sur un chemin balisé, y’a pas de risque. » « Ah, c’est un chemin balisé. Tu pouvais pas commencer par ça ? » Voilà que ma tension descend d’un cran. Je nous pensais réellement perdus en pleine forêt. Je suis une trouillarde, je le reconnais, en tout cas en pleine nature. Le vide et le silence m’ont toujours angoissé. J’ai besoin de savoir que quelqu’un se trouve à proximité. Arthur est là, ce qui fait que je peux me maîtriser mais je ne supporte pas la solitude. Chez moi, il y a Yankee. Oui, il me tient compagnie, malgré le peu de conversation qu’il a, mais je le comprends.
Il doit sentir mon embarras étant donné qu’il me propose de me dire où nous allons, autrement dit, il sacrifie une partie de la surprise, juste pour mon propre confort, si ça ce n’est pas une preuve ! « Pas très loin il y a un lac, sur les photos ça avait l’air magnifique. Et en plus il y a une petite auberge où ils servent entre autre du vin chaud. » « Tant qu’il y a de l’alcool… » Lui lançant un sourire malicieux. « Pardon, ça doit être ma condition de fille de bourge, on commence tôt chez nous. » A boire. Si vous voyez ce que ma mère est capable de descendre dans une soirée qui tourne au fiasco… généralement quand mes grands-parents sont de la partie. Ma mère ne vient de rien, mais elle donne le change pour faire penser le contraire. Mais alors mon père… J’ai une famille gratinée, ce n’est pas faute d’avoir prévenu ! « Je te sens un petit peu plus enthousiaste, non ? » « Je ne suis pas de super compagnie. Je vais me rattraper. » Je le lui dois je pense. Si je lui ai fait vivre un enfer dans mes magasins, voilà que je me rends compte que je ne suis pas très agréable. C’est pourtant une surprise faite pour moi. En partie. « Ce week-end c’était la forêt mais ça aurait pu être autre chose. Je fais au gré de mes envies. » Je comprends que c’est quelqu’un qui a besoin de bouger, souvent, tout le temps même. Il a l’air d’avoir besoin de s’occuper. Rester à ne rien faire ne doit pas faire partie de son ADN. Il aurait du mal à nous suivre en vacances… ma mère adore le farniente. Je dois avouer que rester tranquille au bord de la piscine avec un bon bouquin me plaît. Mais dans l’idée où il nous arriverait un jour d’aller à la plage ensemble, je promets de ne pas lui faire sentir l’ennui. « Je me sentais un peu à l’étroit en ville. Le bureau, la voiture, l’appartement, les resto… tout est fermé et j’avais besoin d’ouverture. » « C’est marrant qu’on soit si différents et qu’on arrive tout de même à passer notre temps ensemble. » Il a l’air d’avoir besoin d’un peu plus de précisions. « J’ai besoin qu’une porte soit toujours ouverte, de sentir que quelqu’un vit à proximité et je déteste le silence. Et j’ai besoin de murs, de limites, l’horizon m’angoisse. » Ne pas savoir où mon espace prend fin. Je me demande d’où ça peut venir…

« J’étais le genre de petit garçon qui voulait être Indiana Jones. » Je suis surprise, mais souris, je trouve ça très intéressant. Je l’aurais bien vu aventurier moi aussi. J’aime partager ce genre de confidences avec lui, pouvoir en apprendre d’avantage sur le petit garçon qu’il a pu être. C’est tellement difficile de glaner quelques infos sur lui, même la moindre ! « J’ai eu le classique épisode astronaute aussi. » J’aurais pu deviner. « Puis policier. Et toi ? Pas princesse parce que tu étais traitée quasi comme telle… vétérinaire ? Rock star ? » « Mm, non, je crois que sur ce coup-là, je pourrais te surprendre. » Il m’interroge du regard, aurais-je réussi à le surprendre ? C’est flatteur. « Policier j’y ai pensé. J’ai eu ma période garçon manqué à courir partout et jouer aux cowboys et aux indiens. Et puis j’ai secrètement nourri une passion pour l’idée de devenir écrivain, que j’ai gardé pour moi. Mais défendre les autres, ça a toujours été une vocation. J’ai commencé à vouloir faire du droit aux alentours de… 8 ou 10 ans. » Dans mon milieu, nous sommes très vites amenés à rentrer dans le monde des adultes, et je savais à quoi ressemblait un code pénal à peine avais-je fini le cours préparatoire. C’est presque naturellement que je me suis inscrite en fac de droit.
Nous nous remettons en route et j’y met du mien, franchement. Parce que je comprends qu’il a tout de même fait des efforts pour me faire passer une bonne journée. Malgré le fait que je me tienne à lui comme à une bouée de sauvetage… « Tu te retiens de me demander si l’on est bientôt arrivé ? » « Mm… on est bientôt arrivés ? » Je suis comme une petite fille qui tente de savoir ce qui va lui tomber dessus. Mais il se met à jouer avec mon bonnet et me voilà prisonnière de ce dernier. « Mais ! » Je replace mon bonnet et lui grimpe sur le dos. Il n’a d’autre choix que de me porter tant bien que mal. « Le vin chaud approche. » « Oui je vois ça, c’est tout droit. » Lui indiquais-je en passant mes bras autour de son cou, le laissant presser le pas. Grand bien lui fasse, je ne descendrais qu’à bon port.

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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: Have a break, take a breath (Anthur #8)   Mer 6 Déc - 11:21

J’aime la manière qu’Andrea à d’ironiser sur son statut et son milieu d’origine. Elle a tout à fait conscience des travers que lui ont donné son éducation, un premier pas pour s’en détacher bien que ça fasse aussi partie de son charme. L’avocate admet ne pas être de bonne compagnie, mais je ne suis pas tout à fait d’accord… au fond c’est elle qui est la plus pénalisée, moi je profite de cette sortie. Elle m’affirme vouloir se rattraper je lui adresse un sourire amusé, j’attends de voir ça. Si me poser des questions peut l’aider à se détendre, alors c’est bien volontiers que je lui réponds. Même si parler de moi n’est pas ce que je fais de mieux, ou plutôt il y a toujours des détails sur ma vie dont je ne peux pas parler. Pour le reste j’ai toujours été franc avec la jeune femme et je pense qu’elle s’en est rendu compte. Je lui explique n’avoir fait que suivre mes envies en ce qui concerne cette sortie et par extension le choix de lui proposer de m’accompagner. L’ambiance citadine, être enfermé tout le temps ou presque j’y trouve rapidement mes limites même si grâce à ma grande capacité d’adaptation je m’en accommode si nécessaire. Sauf que là j’ai le choix, je suis libre et je ne me prive pas d’en profiter. Andrea souligne à quel point nous sommes différents, pourtant c’est vrai que l’on passe pas mal de temps ensemble et que j’en apprécie chaque moment, si l’on exclu la dernière heure de shopping de la dernière fois. J’insiste du regard afin d’en savoir un peu plus sur ce qui nous différencie tant. Au contraire de moi, le “confinement“ la rassure tout comme le bruit. L’horizon l’angoisse, je trouve la formule surprenante. « Trop de liberté t’effraie ? » demandé-je, curieux d’avoir plus de précision sur son ressenti.
Même si la nature et le grand air ne sont pas spécialement son truc, ça n’empêche pas l’avocate d’être curieuse. Elle cherche à savoir quel genre d’enfant j’étais, ça fait bien longtemps que je ne me suis pas replongé dans mes ambitions de petit garçon et pourtant il ne me faut pas plus d’une seconde pour lui répondre. Il est de bonne guerre que je lui retourne la question et je suis assez surpris par sa réponse. Flic ? Comme quoi nous ne sommes pas si différent. Défendre les autres a toujours été l’une de ses préoccupations, et le droit une vocation finalement. En bonus ça devait largement plaire à son père ainsi qu’au reste de sa famille qu’elle choisisse une voie comme celle-ci plutôt que de devenir flic. A chaque rencontre j’en apprends plus sur elle, je la découvre et c’est avec plaisir que je me laisse surprendre par des aspects de sa personnalité finalement éloigné de l’image qu’elle renvoie. C’est quelqu’un de complexe, un peu comme moi et je crois que c’est aussi ce qui contribue à notre complicité. Taquin et restant sur le registre de l’enfance je fais descendre son bonnet sur ses yeux. La réaction d’Andrea ne se fait pas attendre et elle saute sur mon dos en guise de vengeance, je poursuis ma marche. Notre destination approche, la jeune femme a tout l’air d’avoir décidé qu’elle finirait le chemin sur mon dos, je tiens ses jambes et accélère le pas. « C’était quoi que tu disais ? Que t’allait faire un effort ? » je ris « Moi je vois surtout que t’as des rechutes de comportement de fille pourrie gâtée. Et heureusement que tu n’as pas fait ça plus tôt parce que tu aurais écrasé notre déjeuner. » fais-je remarqué sur le ton de la plaisanterie.
Je termine de parcourir les quelques centaines de mètres qui restent et une fois aux abords du chalet m’arrête pour faire descendre la jeune femme. « Tu vas payer ta course au moins ? » demandé-je avec le sourire. Je me dirige vers l’entrée et lui tiens la porte pour la laisser entrer au chaud. Je retire mon bonnet et mes gants « Installe toi à une table je m’occupe des boissons. » lui dis-je avant de m’avancer en direction du bar de l’auberge. Quelques minutes plus tard je la rejoins avec deux tasses de vin chaud « De quoi te réchauffer. » je pose sa boisson devant elle et prends place face à l’avocate. « On contemplera le lac avant de repartir. » je n’allais pas lui faire l’affront de l’obliger à affronter le froid plus longtemps « Je comprends mieux pourquoi il fait toujours si chaud dans ton appartement… t’es frileuse. » ce qui n’explique cependant pas pourquoi je l’ai retrouvé à côté de moi sur le canapé quand j’ai passé la nuit chez elle en début de semaine. Nous n’en avons pas parlé et je ne le ferais pas.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: Have a break, take a breath (Anthur #8)   Jeu 7 Déc - 14:00


Je n’ai pour ainsi dire d’autre choix que d’user de l’humour pour me dédouaner de mon statut de petite fille pourrie gâtée et née avec une cuillère en argent dans la bouche. C’est un fait, c’est comme ça, mes standards ne sont pas forcément ceux des autres, et si je n’ai rien contre la simplicité, je n’ai pas grand-chose non plus contre le confort. Là, tout de suite, j’apprécierais qu’il fasse un peu plus chaud. Mais je crois qu’il me manque encore un peu de pouvoir pour changer le temps. Je m’y emploie, pas d’inquiétude. « Trop de liberté t’effraie ? » Me questionne Arthur à juste titre. « Il n’y a pas plus grande entrave à la liberté que le pouvoir et l’argent, Arthur. » Je suis lucide sur ce point. En tout cas je commence à l’être. Le pouvoir impose une stature, donc des contraintes, l’argent renvoi à des conventions encore une fois. Nul n’est plus libre que celui qui ne doit rien à personne. Au fond je crois que nul n’est libre. Nous sommes tous assujettis à un nombre de contraintes. Que ce soit un loyer à payer et donc un job minable à accepter, ou encore de donner le change parce qu’on porte un nom. Chaque couche sociale a son prix, mais on ne se rend compte de ça que quand on atteint son objectif. Quelle est la véritable liberté au fond ? Celle d’avoir le pouvoir de s’acheter ce qui nous plaît ? Celle de ne pas avoir à rendre de compte ? Ou encore celle de pouvoir partir sur un coup de tête aux quatre coins du monde ? Je crois que la liberté est propre à chacun, chacun a la sienne.
« C’était quoi que tu disais ? Que t’allait faire un effort ? » « Oui mais j’ai changé d’avis ! » Comme une gamine capricieuse à qui on a toujours tout passé. Ce qui n’est pas très loin de la vérité, j’en conviens. Je me trouve sur son dos, et il me porte sans broncher. « Moi je vois surtout que t’as des rechutes de comportement de fille pourrie gâtée. Et heureusement que tu n’as pas fait ça plus tôt parce que tu aurais écrasé notre déjeuner. » « Et j’aurais fait un caprice de plus, j’aurais demandé à ce qu’un chef étoilé nous livre un repas sur place. Question d’habitude. » Grossissant le trait pour tenir mon rôle de caricature. Nous sommes presque à bon port et je descends de son dos, le laissant enfin respirer. « Tu vas payer ta course au moins ? » « Peut-être bien que je la paierais en nature… » J’ose, oui, mais nous sommes seuls et cette conversation ne concerne que nous. Nous rentrons nous mettre au chaud où je peux enfin me découvrir. « Installe toi à une table je m’occupe des boissons. » Je le remercie du regard et vais trouver une table près de la grande baie vitrée qui donne pleine vue sur tout le lac, c’est tout simplement grandiose. « De quoi te réchauffer. » « Mon sauveur. Merci. » Récupérant la tasse pour l’entourer de mes mains et m’y réchauffer. Je ne saurais trop comment accueillir cette idée divine mais c’est tout ce dont j’ai besoin à présent. « On contemplera le lac avant de repartir. » « Je pourrais rester des heures à regarder ça. » C’est reposant, je dois le lui concéder et puis au chaud, c’est tout de même une autre histoire, non ? « Je comprends mieux pourquoi il fait toujours si chaud dans ton appartement… t’es frileuse. » « Hey, il ne fait pas si chaud dans mon appartement ! Juste assez pour ne pas avoir à s’engoncer dans un pull et se sentir en été. » J’aime pouvoir trainer en petit short et en t-shirt, me balader dans mon appartement sans avoir à garder un pull ou quoi que ce soit de ce genre. « Tu ne t’en es pas plains l’autre fois… » Rajoutais-je en me mordillant la lèvre, malicieuse. Ceci dit moi non plus mais c’est à lui que je m’adresse à cet instant. « Tu dois être quelque-chose comme… méta humain. T’as jamais froid, jamais chaud, tu te plains jamais et c’est à peine si on peut lire sur ton visage. » Je bois une gorgée de ma tasse et repose le regard sur lui. « Je rêvais d’en rencontrer un ! » Riant sincèrement. Je me sens légère quand je suis avec lui.

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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: Have a break, take a breath (Anthur #8)   Jeu 7 Déc - 22:57

Un paiement en nature ? Je n’en demandais pas tant, mais je note l’information dans un coin de ma tête. Pour le moment il est temps d’aller se réchauffer un peu, enfin Andrea surtout, moi ça va j’endure bien la fraicheur de l’air. Je l’invite à aller s’asseoir pendant que je vais nous chercher du vin chaud, c’est une récompense mérité après notre marche jusqu’ici. J’obtiens le titre de sauveur, c’est exagéré mais je prends les remerciements d’où il viennent. Je m’installe à table, elle a choisit d’être au plus près de la baie vitrée afin d’avoir une belle vue sur le lac, mais elle sera encore mieux quand nous ressortirons et qu’il n’y aura plus de vitre entre nous et ce beau paysage. Je crois qu’il a raison du manque d’entrain de l’avocate, elle admet que le cadre est reposant. J’acquiesce par un sourire et en regardant à l’extérieur je souligne avoir remarqué qu’elle soit frileuse. Pour ça je prends pour preuve la température qui règne dans son appartement et Andrea s’en défend. Elle ose comme argument que je ne m’en suis pas plains quand j’ai passé la nuit chez elle. « C’est un constat, pas un reproche. » je ris légèrement « Et puis c’est chez toi, si tu veux que ça soit l’été là-bas c’est ton droit le plus légitime. ». Je jauge la température de ma boisson et me risque à en boire une petite gorgée, sans me brûler fort heureusement. Je manque d’avaler de travers à la remarque faite par l’avocate, elle exagère, comme souvent j’ai l’impression. Ça aussi ça fait partie de son charme. Je hoche la tête en souriant « Et bien il faudra continuer de chercher. » pour sa rencontre avec un méta-humain « Sauf si tu considère être bien élevé tel un gentleman, être méta-humain. Là je peux être ton homme. Sinon c’est simplement que quand j’ai chaud je me découvre, quand j’ai froid je m’habille d’avantage. ». Je crois que sa remarque va au delà de ça, l’avocate met en avant que je suis difficile à cerner, ce à quoi je ne peux pas lui donner tort.
La discussion se poursuit tout naturellement le temps de la dégustation de notre vin chaud. C’est réchauffés que nous quittons le chalet, et après quelques minutes pour profiter de l’endroit nous prenons le chemin du retour. Andrea semble plus à l’aise, plus détendue le grand air lui ayant finalement été bénéfique. Une fois installés dans ma voiture je me risque à une question fatidique « Sois honnête, c’était le bagne pour toi cette sortie ou tu l’as quand même un peu apprécié ? » car j’avais promis que ça n’était pas une vengeance pour la séance de shopping que j’ai enduré, mais peut-être que ça l’a été, involontairement. « Je te laisse gérer la musique. » lui dis-je avec un sourire complice en prenant la route qui nous ramènera en ville. Je me gare à proximité de l’immeuble où vit l’avocate et la raccompagne jusqu’à son appartement. Devant la porte de ce dernier alors qu’Andrea déverrouille la porte je lâche tout naturellement « Tu me dois une course, semble t’il. » je souris et ajoute « Je n’ai pas oublié… et j’ai même une petite idée du tarif. ». Regard équivoque, j’attends d’être invité à entrer pour le faire. Le contraste de température est flagrant après l’après-midi que nous venons de passer dehors. Je retire mon blouson et désigne d’un regard la tenue de la jeune femme « Joli pull. » normal c’est le mien « Un peu grand peut-être. ». Complice et joueur je me rapproche de l’avocate « Pour ta dette, j’ai pensé que tu pourrai… » je laisse planer le suspens un court instant « …me jouer un petit truc au piano. ». Je ne plaisante pas, j’aimerai vraiment l’entendre même si je pense qu’elle s’attendait sans doute à une requête d’une nature différente.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: Have a break, take a breath (Anthur #8)   Ven 8 Déc - 17:49


Je fais part à Arthur de mon ravissement du fait d’avoir enfin rencontré un méta humain. Avec humour, comme celui qui jalonne chacun de nos échanges. J’adore ce genre de conversations, au travail, nous sommes obligés de rester formels. « Et bien il faudra continuer de chercher. Sauf si tu considères être bien élevé tel un gentleman, être méta-humain. Là je peux être ton homme. Sinon c’est simplement que quand j’ai chaud je me découvre, quand j’ai froid je m’habille d’avantage. » « A notre époque c’est rare. » Concédais-je. « Et si tu proposes d’être mon homme, je vais finir par devoir te prendre aux mots. » Je risque d’avoir besoin de lui pour jouer les gentlemans. Il ne sait pas à quel point ça peut servir dans une famille comme la mienne. Il est le gendre idéal, le genre d’homme qu’on a envie de présenter. Je sais que c’est un peu magouiller mais il serait parfait pour calmer les rumeurs. Celles qui disent qu’à mon âge, je n’ai toujours aucun homme dans ma vie, seulement le boulot et que mon avenir sentimental est compromis. Ils ne comprennent pas qu’une femme peut travailler et être heureuse. La condition féminine sur le terrain n’est pas une malédiction, c’est un choix !
Nous savourons notre vin chaud, bien à l’abri puis nous prenons le chemin du retour, où nous prenons le temps de nous arrêter devant le lac, et je mets toute ma concentration à contribution pour imprimer cette image dans ma mémoire, non sans avouer que tout ça est magnifique. Puis nous retrouvons sa voiture, dans laquelle il monte le chauffage, plus pour moi que pour lui, parce que j’imagine qu’il ne ressent pas le froid. « Sois honnête, c’était le bagne pour toi cette sortie ou tu l’as quand même un peu apprécié ? » Je lui adresse un petit sourire en coin. « Je pourrais te faire mariner… Après tout ce serait mon rôle de petite fille pourrie gâtée… » J’use de ma moue contrariée. « Mais en fait j’ai passé un super moment. Merci. » Je dis rarement merci pour rien, mais je dois saluer l’effort et surtout la prise de risque. Il commence à me connaître et savait forcément que je ne serais pas d’une compagnie idéale. Pourtant il a persisté dans son idée de prendre le risque de pourrir son samedi de repos. Je salue la performance. « Je te laisse gérer la musique. » Je lui souris sincèrement, amusée et choisi moi-même de quoi sera composé notre retour. Je trouve même le temps de m’endormir, contre la portière, le temps d’une vingtaine de minutes. La voiture m’a toujours bercé, et je crois que les efforts que j’ai mis à râler m’ont épuisé. C’est dur d’être une peste !

Nous sommes à bon port et Arthur me raccompagne jusque devant ma porte. « Tu me dois une course, semble t’il. Je n’ai pas oublié… et j’ai même une petite idée du tarif. » Je me colle presque à lui en relevant la tête pour lui sourire et poser mon regard sur ses lèvres, sans en faire d’avantage, juste lui suggérer que je crois avoir compris où il voulait en venir et l’incite à entrer à l’intérieur afin de refermer la porte. Je retire mon blouson pour le poser sur le canapé et glisser ma main sur le chat qui vient me faire comprendre que je l’ai abandonné. « Joli pull. » « Ouais, je trouve aussi. » « Un peu grand peut-être. » « Tu trouves ? » Prenant ensuite le tissu pour en sentir l’odeur. Il porte encore son parfum, j’y suis très sensible. « Pour ta dette, j’ai pensé que tu pourrai… » « Mm, ma dette. » Marchant vers lui d’une démarche un peu chaloupée. « …me jouer un petit truc au piano. » « Pardon ? » Je ne m’attendais pas DU TOUT à ce genre de requête. Ça intéresse qui que je sache jouer du piano à presque 30 ans ? Il a l’air sérieux. Je le regarde de façon un peu plus insistante, mais il ne semble pas changer d’avis. « D’accord. » Je ne vois pas trop où il veut en venir mais je retire mon pull afin de me mettre à l’aise et lui fait signe de s’installer où il le veut. J’entame mon morceau, quelques notes… puis je me laisse emporter par la mélodie. Un morceau d’Adèle, dont j’adore les mélodies. Mon jeu est fluide est assuré, peut-être un peu poétique aussi, je me laisse aller aux notes jouées, presque comme si je retirais chaque filtre qui compose ma carapace. La musique a le don de me changer. Lorsque je joue, je suis aussi appliquée que dans mon travail, mais moins stressée, c’est comme si tout était naturel. Quand le morceau prend fin, je joue les dernières notes en les laissant sonner. « Ais-je honoré ma dette monsieur Ross ? » Ma voix est autrement plus calme et posée.
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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: Have a break, take a breath (Anthur #8)   Sam 9 Déc - 17:50

“Payer en nature“ est le genre d’expression qui laisse peu de place au doute. Je sais très bien ce que cela peut sous-entendre et l’avocate n’a pas choisi ces mots là par hasard. Car outre ce petit jeu entre nous, s’opère également une réelle attirance. Depuis la nuit passé ensemble nous n’avons pas réellement réitéré cette proximité, mais notre complicité s’est renforcée. Joueur, comme à mon habitude, je remets sur le tapis sa dette. Je suis quasi sûr qu’Andrea n’a pas oublié, mais que les choses partent de moi me donne le contrôle. Je souris, satisfait de sa réaction totalement en adéquation avec ce que veut ce genre de situation.  Son regard, son sourire, ils sont une invitation à faire le premier pas dès à présent si je le souhaite. Mais pour le moment j’ai tout autre chose en tête. Par esprit de contradiction peut-être, ou juste pour le plaisir de la suspendre. J’aime aller où on ne m’attend pas, créer la surprise, maintenir l’incertitude plutôt que d’être prévisible. Probablement par peur de devenir ennuyeux, moi qui ai l’ennui en horreur ce serait le pire reproche que l’on puis me faire. Je noie le poisson en faisant une remarque sur mon pull, qu’elle porte, avant d’en revenir au vif du sujet. Féline, l’avocate se rapproche à nouveau de moi et je juge ce moment être idéal pour lui donner mon prix. Je veux qu’elle me joue quelque chose au piano. Ce n’est pas juste une requête en l’air, j’ai vraiment envie de l’entendre. Je lis la surprise sur son visage, elle pense même avoir mal entendu. Je garde mon regard fixé dans le sien, un léger sourire aux lèvres, non je ne plaisante pas et elle fini par le comprendre. Je la suis du regard alors qu’elle s’installe au piano, restant à une certaine distance afin de pouvoir l’observer en train de jouer.
Le début est scolaire, mais au fil des notes elle se dévoile, interprète d’avantage qu’elle ne récite sa partition. Ce que je vois, ce que je perçois, me séduit un peu plus que je ne le suis déjà parce que je la sens authentique et sincère. J’aime ces moments où elle baisse sa garde, et ils sont, je crois, de plus en plus fréquents. Le morceau se termine, c’est presque frustrant que ça s’arrête déjà. « Tu veux bien continuer ? » demandé-je en me rapprochant « S’il te plait. » je suis un garçon poli. « On dirait que rien ne peut t’atteindre et te perturber quand tu joues. » fais-je remarquer en continuant de me rapprocher alors qu’elle se remet à jouer. Un sourire étire mes lèvres, je m’arrête derrière l’avocate « Je serais curieux de voir à quel point ta concentration est tenace… » dis-je comme un défi, en posant délicatement une main sur le haut de son dos avant de me pencher vers son oreille « Attention aux fausses notes. » ajouté-je malicieusement avant d’embrasser son cou. « C’est très sexy de te voir jouer du piano… » soufflé-je en continuant d’explorer sa peau avec mes lèvres. Je crois que je suis en bonne voie pour ébranler sa concentration, et comme j’aime les défis mais surtout les gagner je n’hésite pas à user de toutes les armes que j’ai à disposition. Ainsi ma main libre se fraye un chemin sous le tissus de son haut, glissant doucement le long de son flanc pour remonter dangereusement vers sa poitrine.
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Have a break, take a breath (Anthur #8)

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