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 quand l'abandon sonne à la porte (phoely)

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Elly Peterson
« hakuna matata »

» messages : 65
» inscrit le : 18/05/2017
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MessageSujet: quand l'abandon sonne à la porte (phoely)   Mar 4 Juil - 12:09

La vie est parfois plutôt ironique. Je me souviens de ce jour comme si c’était hier, c’était un lundi matin, et ma belle-mère m’a passé un coup de fil. Elle ne m’appelle pas souvent, je ne suis pas vraiment proche d’elle. Il faut dire que même si c’est elle qui m’a plus ou moins élevé, je n’ai pas ce rapport complice avec elle comme l’a ma demi soeur, Phoenix. C’est sa mère, elle l’appelle maman, tandis que moi je me contente de l’appeler par son prénom. J’adore Siobhan, elle est adorable et m’a rapidement considéré comme sa fille. Alors qu’elle avait été trompé… elle a bien du courage cette femme, ça, c’est sûr. Malgré tout, ma fille dormant dans son lit, je ne m’attendais pas à une nouvelle pareille quand j’ai décroché le téléphone. Sa voix était inquiète à l’autre bout du fil, et je n’ai pas su comment réagir. Je me souviens… 


¬ 13 mois plus tôt.
Le corps assis dans le fauteuil en face de la baie vitrée de l’appartement, la tasse chaude de café dans la main, je dépose mes lèvres dessus en observant le lever du soleil. Il est magnifique en cette saison, et les couleurs roses-orangées du ciel me font fondre chaque matin. Ma fille dort encore, elle n’est pas très matinale depuis le début de l’année. Je ne sais pas si c’est une bonne chose, mais en tout cas, je ne vais pas m’en plaindre. Elle n’est plus un bébé, et j’ai du mal à me dire que mon petit ange a déjà six ans. C’est carrément exceptionnel, et je crois que je n’arriverais jamais à me faire à ses anniversaires, à ces années qui passent et elle qui grandit. Ça grandit trop vite ces garnements, et je n’ai pas envie de voir mon bébé grandir. Perdue dans mes pensées et dans ma nostalgie, je n’entends pas mon téléphone sonner à la première sonnerie, et il me faut cinq bonnes minutes avant de comprendre que quelqu’un essaie de me joindre. Je fronce les sourcils, et me lève pour l’attraper. Quand la tête de ma belle mère apparait sur l’écran, je grimace un peu. « Oui, Siobhan, tout va bien ? » Sa voix ne tarde pas à se briser, et j’entends Rose pleurer derrière. C’est la fille de Shaelyn, la petite amie de ma soeur. J’ai un mauvais pressentiment. « Elle est partie. Elle a abandonné Phoenix, Elly. » Je lance un énorme « Quoi ?! » et la femme ne tarde pas à poursuivre pour m’expliquer. Quant à moi, je fais les cent pas dans mon appartement. « Shaelyn est partie, hier. Je ne veux pas laisser Phoenix toute seule, tu peux venir aujourd’hui ? Je ne peux pas rester, mais j’aimerais que tu sois là pour elle. » Mon coeur se serre, et ma voix ne tarde pas à se briser elle aussi. C’est quoi ce bordel ? Je n’hésite pas une seconde à répondre positivement à sa proposition. « Ok, je dépose Louna à l’école et j’arrive immédiatement. » Je raccroche, et pars réveiller ma fille pour la préparer rapidement. […]

Les mains sur le volant, je me gare rapidement dans l’allée de la maison de Phoenix, le coeur complètement serré. Je croise Siobhan, et lui adresse un léger geste de la main pour lui dire que ça va aller, et je m’avance vers la porte d’entrée. Je toque une fois, puis deux, et rentre sans attendre que ma demi soeur vienne, à quoi bon. Je m’avance dans la maison, timidement, et arrive dans le salon, où elle est sur le canapé, Rose n’est pas loin. « Phoenix… » Je déglutis.
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Phoenix Lancaster
« hakuna matata »

» messages : 18
» inscrit le : 03/07/2017
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MessageSujet: Re: quand l'abandon sonne à la porte (phoely)   Mar 4 Juil - 20:06


Il est très tard, ou très tôt le lendemain, à chacun sa vision des choses. 5 : 32 am. C’est l’heure qu’affiche le four quand je pénètre dans la maison endormie. Shay est une couche tôt, et Rose fait déjà ses nuits, un régal. Je sais que l’éducation de cette petite fille ne sera pas une corvée, bien loin de là. J’ai encore un sommeil trop lourd pour l’entendre pleurer à chaque fois, mais Shay est une reine dans ce domaine.
Je dépose mes affaires sur le canapé, ma veste et ma valise, celle dont j’ai eu besoin pour mon concert de ce soir. A pas de loups, et après avoir déposé mes baskets dans l’entrée dans le but de ne pas contrarier Shay quand elle se lèvera demain matin, je monte discrètement l’escalier menant jusqu’à la chambre de Rose. Je la regarde dormir quelques minutes, je ne me lasse pas de ce spectacle, c’est le plus beau qu’il m’ait été donné de voir jusqu’à présent. Une fois assurée du sommeil de ma princesse, je me déshabille et me glisse dans le lit, tout contre Shay, que j’entoure de mes bras, tendrement, sans la réveiller, je l’espère, et sombre dans un profond sommeil…

Quelques heures plus tard…
Des pleurs, ceux de Rose, qui sont d’habitude inaudibles pour moi à cette heure-ci, quand j’ouvre un œil pour constater l’heure en grognant. Je tends la main pour réveiller Shay d’une caresse, mais ça n’est que son oreiller vide que je trouve. Refusant de laisser pleurer Rose, je me lève, difficilement, les yeux qui piquent et la tête dans un bocal, foutue gueule de bois. Ça m’apprendra à boire plus de deux bières maintenant que je ne vis qu’à l’heure des bébés ! Je ne me couche tard que les soirs de concerts et ça aussi ça me fait tout drôle ! Mon régime bière, pizza et potes en a pris un sacré coup. Je la retrouve dans sa chambre, en larmes. « Et ben bébé, elle est où maman ? » Je la soulève doucement et viens la serrer tout contre moi, l’entourant de mes bras pour descendre jusqu’à la cuisine. « Bébé ? » Personne, pas de trace de Shay, ni de sa tasse de café ou de madeleine émiettée. Bizarre… Je prépare alors le biberon de Rose, pensant bêtement qu’elle a dû aller faire quelques courses. Mais elle laisse toujours un mot d’habitude. Le biberon fini, je la monte avec moi jusqu’à l’étage pour m’habiller. Rose ne reste jamais toute seule, en tout cas pas quand je suis là. Je la dépose sur le lit, gardant un œil sur elle le temps d’enfiler mes vêtements. Puis on sonne à la porte. Je récupère donc princesse Rose et nous descendons toutes les deux. La sonnette s’énerve en plus, putain j’ai mal à la tête, il patiente 5 minutes oui ?! J’ouvre de ma main libre. « Un recommandé pour vous. Vous êtes bien… » « Oui, je suis. » Je lui signe son bond, il est en train de se demander s’il ne doit pas me demander un autographe, il ose à peine alors je signe le petit bout de papier blanc qu’il me tend. « Bonne journée. » Il a gagné sa journée, et moi je me demande encore quel procès peut m’être mis aux fesses cette fois. Les recommandés, ce n’est jamais bon dans mon cas ! La plupart des choses de ce genre est envoyé à mon agent, soit ma mère. Je dépose Rose dans son transat, et ouvre le pli qui m’est destiné. Ce sont des papiers d’adoption, ainsi qu’une lettre signée de la main de Shay… Et mon monde s’écroule…

Inconsolable, c’est ce que je suis depuis tout à l’heure. J’ai à peine eu le courage d’envoyer un texto à ma mère pour lui dire de me rejoindre. Il ne lui a pas fallu plus de 10 minutes, sans doute la peur que je ne fasse une connerie de trop. Les seules fois où je lui ai envoyé ce genre de choses sans autre explication, c’était après avoir senti que j’avais pris trop, trop chargée, trop… trop, trop et me sentir partir. Pas un mot, je lui tends la lettre, elle comprend et des torrents coulent sur mes joues, à l’intérieur de moi… Tout est détruit.
« Phoenix… » C’est ma sœur. Elly. Ma petite sœur. Ma mère vient de partir, et elle a appelé du renfort. Cette foutue peur que je me foute en l’air. Je lui ai fait du mal à ma mère, je m’en rends compte seulement maintenant… Je lui lance simplement un regard empli de larmes. Et lui tend la lettre de Shay ainsi que le formulaire d’adoption. Rose dort dans son transat. Je me lève et tape dans le mur près de la baie vitrée, et sors sur la terrasse, j’ai besoin de fumer une clope. C’est tremblante que j’allume la première, sous le choc, c’est le premier mot que je décroche, quand Elly traverse le salon pour me rejoindre, je la sens dans mon dos. « Elle est partie… » Elle aura compris toute seule pourtant.
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Elly Peterson
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: quand l'abandon sonne à la porte (phoely)   Jeu 6 Juil - 18:06

Quand ma belle mère m’appelle, il me faut peu de temps avant de comprendre qu’il y a un truc qui cloche. Son appel à une heure si matinale tout d’abord, puis sa voix qui s’éclate au téléphone en m’expliquant que la petite amie de Phoenix l’a abandonné. Je ne comprend pas bien sur le moment, et je panique légèrement. J’ai l’impression de vivre un véritable cauchemar, les abandons parentaux c’est la plaie et je ne peux m’empêcher de penser à la petite Rose. Est-ce qu’elle l’a laissé elle aussi ? Est-ce que cette femme est capable d’abandonner la femme qu’elle aime mais également sa propre petite fille, encore nourrisson ? Pour le moment je n’en sais rien, et je me dépêche de raccrocher pour préparer ma fille afin de la déposer à l’école. Un léger au revoir de la main avant qu’elle ne rejoigne sa classe accompagnée de sa meilleure amie, et je me dépêche de me rendre au domicile de ma demi-soeur pour lui apporter mon soutien nécessaire.

Je me gare dans l’allée des voitures, et adresse un geste de la main à ma belle-mère en souriant. Je toque quelques minutes à la porte, et rentre, m’avançant dans le salon où est Phoenix, avec le bébé dans un transat. Cette femme a donc abandonné sa fille, également. En tant que mère, j’ai du mal à comprendre comment c’est possible, et même comment elle réussit à respirer. Je n’imagine pas une seconde ma vie sans Louna, et la laisser le week-end à son père est déjà suffisamment affreux comme ça pour imaginer l’abandonner définitivement. Je sais que rien n’est définitif, mais tout de même. Je m’approche de ma soeur, et elle me lance une lettre, et je la lis attentivement. Y est joint un formulaire d’adoption, et immédiatement, mon coeur se serre en pensant à ma demi-soeur, et à la décision qu’a dû prendre la mère du nourrisson. Je peine encore à comprendre, et quand Phoenix tape dans le mur, je sursaute un peu en jetant un coup d’oeil à Rose pour vérifier qu’elle dorme bien. Je m’approche doucement du transat pour lui remettre sa tétine, et rejoins ma soeur sur la terrasse. Elle est en train de fumer une clope, complètement tremblante, et je baisse un peu les yeux. « Elle est partie… » J’hoche la tête, et passe devant elle, la prenant par la main pour l’inviter à s’asseoir sur le rebord de la terrasse. Un abandon de cette façon, une adoption peut-être non prévue à l’initial, et voilà que la vie de ma demi-soeur change en un quart de seconde. En une nuit. Je pose ma main sur son épaule, et soupire. « Je sais. » Une légère caresse pour la rassurer, et je reprend la parole. « Tu dois être forte Nix. Pour toi, mais avant tout pour elle. » Elle, c’est bien la petite qui dort à poing fermés dans son transat, sans se douter que sa maman vient de lui dire adieu, en la confiant à une autre qui en deviendra une nouvelle. Difficile pour moi de comprendre ce qui est passé dans la tête de Shaelyn pour en venir à une décision pareille, et je m’oblige intérieurement à me dire qu'il faut absolument que j’essaie de la contacter, pour comprendre. Je ne remettrais pas en doute sa décision, elle a certainement des raisons, mais quand même. « Je suis là Phoenix. Tu ne dois pas te laisser abattre par ça, ça va être difficile, c’est vrai, tu vas découvrir une nouvelle vie, un nouveau rythme. » Je lui souris, pour la rassurer, même si mon coeur se serre dès que je pense à ce que peut ressentir ma soeur. « Rose a besoin de toi, plus que jamais maintenant. Tu ne peux pas l’abandonner, tu n’as pas le droit. Montre lui comment c’est la vie, et apprend lui à être forte. » Je lui souris, même si c’est difficile. « Tu n'es pas seule ma belle. Tu ne le seras jamais. Nous allons faire ça ensemble. Toi, moi, Siobhan. Nous ne t’abandonnerons jamais Phoenix. » Je vois qu’elle vient de terminer sa cigarette, et j’attrape le paquet afin de lui en offrir une seconde. Une proposition significative, moi qui suis tant réticente à ces cochonneries. Mais elle en a besoin, maintenant plus que jamais.
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Phoenix Lancaster
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: quand l'abandon sonne à la porte (phoely)   Ven 7 Juil - 9:05


Je suis terriblement impulsive, c’est une foutue habitude chez moi qui m’a pourtant pas mal coûté, en tous temps. Je sais pertinemment que ça n’est pas la solution et ma mère essaye encore de m’en faire prendre conscience. Je passe mon temps à taper dans tout ce qui bouge quand je suis énervée, et quand je suis déçue, la seule chose qu’il me vient est la violence, avant de laisser les larmes prendre le pas. Mais tout est une question de timing, tout vient à un moment précis. Comme un foutu mode opératoire. Seulement je ne suis plus violente envers les gens, mais bel et bien le mobilier. Moindre mal.
La seule chose qui est concrète dans tout ça, c’est que je suis seule à présent, enfin seule, mon cœur manque d’une partie de lui-même et je me rends compte être complètement perdue. Comment je vais faire sans Shay ? Ma famille est autour de moi, enfin ma mère, ma sœur et j’ai Rose dont je vais devoir m’occuper à présent mais chacun sa une place précise et celle de Shay manque… Elle me manque déjà. Je me demande même pourquoi je ne l’ai pas réveillée cette nuit pour profiter de sa présence. Si j’avais su qu’elle m’échapperait, jamais je ne l’aurais quittée des yeux. Jamais.
« Tu dois être forte Nix. Pour toi, mais avant tout pour elle. » « Mais quel avenir tu veux qu’elle ait cette gosse Elly ? Je suis à peine foutue de m’occuper de moi-même… » Ma mère est toujours derrière moi et ça me rassure, je ne suis pas indépendante, ça c’est ce que les gens croient mais où je suis elle est aussi, et ça, je ne suis pas sûre de pouvoir faire sans. Pour le moment la question de ne se pose pas, c’est Shay qui est partie comme une voleuse, pas ma mère. « Je suis là Phoenix. Tu ne dois pas te laisser abattre par ça, ça va être difficile, c’est vrai, tu vas découvrir une nouvelle vie, un nouveau rythme. » « Je suis pas capable de vivre sans elle… » C’est ça la vérité, c’est que je suis incapable de vivre sans Shay, parce que c’est elle depuis le début et que je n’ai pas été capable de me la sortir de la tête, alors oui j’ai fait des erreurs mais jamais au grand jamais il n’aurait dû y avoir ce genre de coups d’éclats entre nous. Toutes mes erreurs passent en boucle dans ma tête et je me demande ce que j’ai bien pu foirer ce coup-ci. « Rose a besoin de toi, plus que jamais maintenant. Tu ne peux pas l’abandonner, tu n’as pas le droit. Montre lui comment c’est la vie, et apprend lui à être forte. » « Si elle est tout pour moi, elle a besoin de sa mère. C’est pas moi qui l’ait portée c’est… Elle aura forcément besoin d’elle. Elle aura mal, elle aura… Ce manque. Que j’aurais aussi. Comment je peux le combler à moi toute seule ? » Je me pose tout un tas de question et je vois que ma sœur est derrière moi, prête à me coacher, sans jamais me laisser tomber, je dois avouer qu’Elly est une des jeunes femmes les plus courageuse qu’il m’ait été donné de rencontrer. Et pourtant elle aurait eu toutes les raisons de mal tourner. Mais je crois que j’ai fait des conneries pour deux. « Tu n'es pas seule ma belle. Tu ne le seras jamais. Nous allons faire ça ensemble. Toi, moi, Siobhan. Nous ne t’abandonnerons jamais Phoenix. » Je serre sa main pour la remercier, elle sait à quel point il est plus facile pour moi d’exprimer mes sentiments en musique plutôt que de vive voix comme ça, en face à face. Une façon de se protéger ou une condition psychologique retenue de l’enfance et s’apparentant à un blocage, qui sait. Toujours est-il que je prends la clope qu’elle me donne en la remerciant, l’allumant à la suite de l’autre et me levant pour faire les cents pas. Il ne fait pas si chaud que ça sur la terrasse, mais j’ai vraiment besoin de me changer les idées, de prendre un bon bol d’air frais. « Il faut que je la retrouve, c’est peut-être juste un test ? Elle veut voir si je tiens vraiment à elles ? » Le déni maintenant, après la colère…
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Elly Peterson
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: quand l'abandon sonne à la porte (phoely)   Dim 9 Juil - 11:22

« Mais quel avenir tu veux qu’elle ait cette gosse Elly ? Je suis à peine foutue de m’occuper de moi-même… » Je secoue vivement la tête. Je suis certaine que Phoenix s’en sortira très bien, elle n’est pas toute seule et elle ne le sera jamais, si moi je ne peux pas l’accompagner il y aura toujours sa mère, qui est une femme merveilleuse. Rose sera heureuse, j’en suis certaine, et j’apprendrais à ma soeur à devenir une mère merveilleuse, même si je sais que ça ne s’apprend pas. Elle a besoin d’être rassurée pour le moment, et de savoir qu’elle n’est pas seule. « Je suis pas capable de vivre sans elle… » Je la regarde en baissant un peu les yeux, et pose ma main sur son épaule avant de lui expliquer qu’elle ne peut pas abandonner Rose, parce qu’elle a vraiment besoin d’elle. Ce n’est pas facile pour un enfant de grandir sans sa mère biologique, je le sais mieux que personne puisque ma mère est décédée quand j’avais sept ans. Et pourtant, aujourd’hui, ce manque n’est plus et Siobhan a réussi à combler cette perte. Phoenix va faire la même chose, j’en suis sûre. « Si elle est tout pour moi, elle a besoin de sa mère. C’est pas moi qui l’ait portée c’est… Elle aura forcément besoin d’elle. Elle aura mal, elle aura… Ce manque. Que j’aurais aussi. Comment je peux le combler à moi toute seule ? » Je la regarde en souriant, son questionnement est nécessaire, inévitable même. « Nix, j’ai grandi sans ma maman, tu le sais. Et regarde aujourd’hui, je m’en sors bien. C’était difficile parfois, c’est inutile de le cacher, mais ta mère était toujours là pour me rassurer, je ne me suis jamais sentie abandonné. Et ça sera la même chose pour Rose, je serais là pour elle aussi si tu le souhaites. C’est ma nièce quand même. » Je lui souris, pour la rassurer, et continue de lui expliquer qu’elle ne sera jamais seule, et qu’il y aura toujours moi ou sa mère pour l’aider, la soutenir. Elle serre ma main, et mon coeur se serre un peu. Elle a mal, je n’ai jamais vu ma soeur comme ça, malgré tout ce qu’elle a traversé. Elle doit se sentir tellement abandonnée, c’est atroce à vivre. Je lui tend une deuxième cigarette, et elle ne tarde pas à l’allumer en se levant pour marcher un peu. Je reste assise à la regarder faire, en baissant un peu les yeux. « Il faut que je la retrouve, c’est peut-être juste un test ? Elle veut voir si je tiens vraiment à elles ? » Je secoue vivement la tête. Je ne connais pas très bien Shaelyn, mais je pense qu’elle n’est pas ce genre de personne qui prend l’abandon pour un jeu. Et puis Phoenix se ferait plus de mal que de bien à la chercher, car si elle ne la trouve jamais, elle va s’effondrer encore plus qu’aujourd’hui. « Non Phoenix, ne lui cours pas après. Je ne connais pas très bien Shaelyn, mais je suis sûre que ce n’est pas ce qu’elle veut. » J’aimerais lui dire qu’elle reviendra quand elle en ressentira le besoin, mais encore une fois, je pense que ce n’est pas l’idéal de lui offrir de l’espoir. Je me lève, et m’avance vers elle. « Elle sait très bien que tu tiens à elle, c’est pas pour rien qu’elle vient de te désigner pour être la mère de Rose. Ce n’est pas une décision facile pour une mère de faire ça tu sais. » Je lui souris un peu, j’ai moi même une petite fille, mais je serais incapable de prendre une décision pareille. « Et puis si tu ne la retrouve pas Nix, tu seras encore plus mal après. Reste ici, prend soin de toi, prend soin de bébé, et je suis sûre que tout ira bien. Je suis là d’accord ? » Je lui souris à nouveau. « Tu veux boire un coup ? Un café ? Un truc plus fort ? Quoi que je parierais que tu es en pleine gueule de bois, je me trompe ? » Je la connais par coeur. « Tu veux que je vienne m’installer quelques jours ici pour t’aider avec la petite ? Je peux prendre des congés si tu veux. Dis moi de quoi tu as besoin. » Je la regarde dans les yeux, pour qu’elle comprenne bien que je veux faire de mon possible pour l’accompagner, jusqu’à abandonner quelques temps mon boulot si c’est pour son bien.
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Phoenix Lancaster
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: quand l'abandon sonne à la porte (phoely)   Mer 12 Juil - 13:18


« Nix, j’ai grandi sans ma maman, tu le sais. Et regarde aujourd’hui, je m’en sors bien. C’était difficile parfois, c’est inutile de le cacher, mais ta mère était toujours là pour me rassurer, je ne me suis jamais sentie abandonné. Et ça sera la même chose pour Rose, je serais là pour elle aussi si tu le souhaites. C’est ma nièce quand même. » Je sais que ma sœur sera là pour moi, et pourtant, elle aurait toutes les raisons d’en vouloir au monde entier. Mon père n’est qu’un connard de géniteur qui transmet la vie sans le vouloir. Je ne suis pas persuadée d’avoir été une enfant désirée, et Elly sait pertinemment qu’elle ne l’a pas été. Alors je pars du principe où elle aurait pu détester tout le monde, à commencer par moi, qui avait cette foutue légitimité dont je ne me sentais pourtant pas empreinte, tout comme elle aurait pu en vouloir à ma mère de lui tendre une main, qui n’était pas légitime non plus. Mais au final, c’est moi qui ait fait tout un tas de conneries. Après l’armée, j’ai tout fait, drogue, alcool, coucheries, scandales, tout, absolument tout m’était possible et accessible avec ma notoriété et je ne me suis jamais rien refusé. Jusqu’à rencontrer Shay… « Non Phoenix, ne lui cours pas après. Je ne connais pas très bien Shaelyn, mais je suis sûre que ce n’est pas ce qu’elle veut. » Encore une fois, les paroles d’Elly sonnent juste. Elle a toujours été la plus censée de nous deux, la plus intelligente aussi sans nul doute et la plus brillante. J’ai toujours mis en avant le fait que je voulais vivre ma vie différemment des autres, ne pas rentrer dans le cadre, faire comme bon me semblait et j’ai fini par faire de grosses conneries, au contraire d’Elly qui s’est accroché dur comme fer et qui a fini par mener sa vie seule et comme un maître. J’admire ma petite sœur. « Elle sait très bien que tu tiens à elle, c’est pas pour rien qu’elle vient de te désigner pour être la mère de Rose. Ce n’est pas une décision facile pour une mère de faire ça tu sais. » « Alors pour quelle raison on peut le faire selon toi ? T’es maman toi aussi, tu devrais savoir ce qui te pousserais à tout foutre en l’air comme ça, non ? » Je lui demande, et je ne parviens pas à trouver un juste équilibre entre le fait de m’asseoir quelque part, tirer sur ma clope ou me lever et marcher. « Et puis si tu ne la retrouve pas Nix, tu seras encore plus mal après. Reste ici, prend soin de toi, prend soin de bébé, et je suis sûre que tout ira bien. Je suis là d’accord ? » « Alors j’ai juste à attendre ? Je peux pas rester les bras croisés, qu’est-ce-qu’elle pensera de moi Rose ? Quand je lui expliquerais que j’ai rien fait pour elle ? » Je pars du principe où si j’en suis responsable, je me dis que je vais devoir trouver toutes les excuses pour assurer à Rose qu’elle était aimée, de sa mère, de moi, même si pour Shay, difficile de trouver un exemple flagrant, mais moi je sais qu’elle aime sa fille, je le sais plus que n’importe qui ! « Tu veux boire un coup ? Un café ? Un truc plus fort ? Quoi que je parierais que tu es en pleine gueule de bois, je me trompe ? » « J’aurais jamais dû accepter ce concert sans elle, rentrer si tard… » Et j’en viens à me dire que tout ça ne serait jamais arrivé sans ce foutu concert, si j’avais daigné rester près d’elles, j’aurais pu en profiter autant que j’en aurais eu besoin. « Tu veux que je vienne m’installer quelques jours ici pour t’aider avec la petite ? Je peux prendre des congés si tu veux. Dis moi de quoi tu as besoin. » « Non je… C’est gentil ma puce mais je… Je sais pas si je vais m’en sortir, mais faut que j’essaye. Et puis t’as ton job et… la petite. Tu peux pas la déraciner elle non plus. Je vais assurer, je crois… Je vais… Putain je sais pas. » Je fonds en larmes à nouveau, chose que je ne m’accorde que devant ma mère !

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Elly Peterson
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: quand l'abandon sonne à la porte (phoely)   Dim 16 Juil - 16:24

Je ne comprendrais sans doute jamais le départ de Shaelyn, surtout en laissant Rose à Phoenix. Je sais que ma soeur sera une mère formidable, enfin, ça risque d’être difficile mais elle va s’y faire, j’ai confiance en elle. Malgré tout, je ne peux m’empêcher de défendre un peu la mère biologique du bébé. Cette décision n’a pas dû être facile pour elle, je le sais, je suis moi même mère. Malgré tout, si je suis certaine d’une chose, c’est que ma soeur ne doit pas courir après cette femme. Si elle est partie, elle doit avoir ses raisons, et ça ne sert à rien. « Alors pour quelle raison on peut le faire selon toi ? T’es maman toi aussi, tu devrais savoir ce qui te pousserais à tout foutre en l’air comme ça, non ? » J’hausse un peu les épaules, et la regarde s’agiter. Ma soeur aînée a toujours eu des tendances hyperactive, et je sais que c’est plutôt nerveux, par rapport à notre enfance. Elle est celle qui en a le plus souffert. Je ne dis pas que ça a été simple pour moi aussi. Arriver à sept ans dans une famille qu’on ne connait pas, être la fille d’un adultère et se retrouver face à la victime… ce n’est jamais évident, et Siobhan aurait pu se venger. Et pourtant, il n’en a pas été. Elle a toujours été adorable avec moi, comme une seconde mère, et je ne la remercierais jamais assez. Parfois, la meilleure des mères n’est pas la biologique, et c’est à nouveau le cas pour Phoenix. Il me faut de la rassurer. « Je ne sais pas vraiment, je pense qu’on ne sait pas tant qu’on y est pas confrontée. Mais tu vas être une bonne mère Nix, ça j’en suis certaine. » Je lui souris un peu, et reprend la parole pour lui expliquer qu’elle doit rester là, car si jamais elle ne retrouve pas la femme, elle sera encore plus mal. Elle doit prendre soin d’elle, et du bébé désormais. Je serais là si elle a besoin, je serais toujours là pour elle. « Alors j’ai juste à attendre ? Je peux pas rester les bras croisés, qu’est-ce-qu’elle pensera de moi Rose ? Quand je lui expliquerais que j’ai rien fait pour elle ? » Je baisse un peu la tête, le temps de réfléchir, et je reprend la parole. « Rose te remerciera d’avoir pris soin d’elle tu sais, et je serais là pour elle aussi. Tu n’as pas rien fait pour elle, tu vas accepter le formulaire d’adoption, le signer, et elle t’en sera éternellement reconnaissante. Si ce n’est pas toi, avec qui veux-tu qu’elle grandisse ? Pas avec son père, certainement pas. Elle sera compréhensive, j’en suis sûre. » Je lui adresse un tendre sourire pour la rassurer, même si elle risque d’être négative et dans le doute pendant un moment. Je termine par lui proposer de boire quelque chose, en faisant la constatation qu’elle doit certainement en pleine gueule de bois. Je l’ai vu dans ces moments, plus d’une fois, et je sais le reconnaître. « J’aurais jamais dû accepter ce concert sans elle, rentrer si tard… » Je secoue vivement la tête. Elle ne doit surtout pas culpabiliser, ça ne sert à rien. « Phoenix ce n’est pas de ta faute ! Tu as besoin de vivre, tu ne vas pas arrêter ta carrière pour elle, et tu ne le feras pas pour Rose. Elle risque de te prendre du temps, mais tu dois quand même te garder des moments à toi ! » Je lui souris un peu. Je lui propose de venir m’installer avec elle pour l’aider, de prendre des congés. J’en ai en retard, alors autant en profiter et c’est le moment ou jamais. Elle a besoin de moi, maintenant plus qu’à un autre moment. « Non je… C’est gentil ma puce mais je… Je sais pas si je vais m’en sortir, mais faut que j’essaye. Et puis t’as ton job et… la petite. Tu peux pas la déraciner elle non plus. Je vais assurer, je crois… Je vais… Putain je sais pas. » Elle est en plein doute, c’est normal, et quand elle fond en larmes, mon coeur se serre. C’est la première fois que j’assiste à une crise de larmes, Phoenix a toujours été très pudique avec moi, et je ne la pensais pas capable de pleurer. Voir à quel point elle est en détresse me confirme ma proposition, je vais venir ici, je ne peux pas la laisser comme ça. Je m’approche un peu d’elle, tout en douceur, et l’attire tranquillement contre moi. Phoenix n’est pas une fan des étreintes, mais là, c’est la meilleure chose à faire. Elle doit se calmer, se reprendre, et je dois l’aider. Je lui caresse un peu les cheveux, pour qu’elle se rassure. « Ça va aller ma belle, tu es une des femmes les plus fortes que je connais. Tu as vu les épreuves que tu as déjà traversé ? Tu as vécu bien pire… J’ai confiance en toi, je sais que tu vas y arriver, mais tu ne dois pas rester toute seule pour le moment d’accord ? » Je lui prend la main pour l’entrainer à l’intérieur de la maison, et attrape un mouchoir pour le lui tendre afin qu’elle essuie son visage humide. « Tu vas aller prendre une bonne douche, ça va te remettre les idées au calme, et ça va te faire du bien d’accord ? Je reste là, je vais m’occuper de bébé, ne t’inquiète pas. Tu dois avoir confiance en toi Phoenix. » Je lui adresse un léger sourire.
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Phoenix Lancaster
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: quand l'abandon sonne à la porte (phoely)   Mar 18 Juil - 10:41


« Je ne sais pas vraiment, je pense qu’on ne sait pas tant qu’on y est pas confrontée. Mais tu vas être une bonne mère Nix, ça j’en suis certaine. » « Je voulais que Shay me laisse plus de place avec Rose, mais j’étais pas prête à tout ça moi… » Je deviens la seule personne qui est capable de la rassurer, la seule personne à pouvoir l’élever, je viens de me voir conférer un pouvoir sans limites sur cette gamine et son avenir. Un bébé entre les mains, sa vie, et tout ce qui s’y rapporte vient de me tomber dessus. Je ne comprends rien de ce qui va m’arriver dans les prochains jours, les prochaines années, qu’est-ce-que je vais bien pouvoir devenir moi ? Et elle ? « Rose te remerciera d’avoir pris soin d’elle tu sais, et je serais là pour elle aussi. Tu n’as pas rien fait pour elle, tu vas accepter le formulaire d’adoption, le signer, et elle t’en sera éternellement reconnaissante. Si ce n’est pas toi, avec qui veux-tu qu’elle grandisse ? Pas avec son père, certainement pas. Elle sera compréhensive, j’en suis sûre. » « Elly, tout le monde n’est pas toi, tout le monde n’est pas foncièrement bon. Il arrivera bien un moment où elle pensera que le problème c’est elle. Je le pense encore à mon âge… » Que le fait de ne pas avoir su tisser une vraie relation avec mon père venait de moi. Et je le pense encore parfois, si j’avais su m’adapter à ses demandes, à ce qu’il attendait de moi, si j’avais été quelqu’un de meilleur et de plus courageux… « Phoenix ce n’est pas de ta faute ! Tu as besoin de vivre, tu ne vas pas arrêter ta carrière pour elle, et tu ne le feras pas pour Rose. Elle risque de te prendre du temps, mais tu dois quand même te garder des moments à toi !  » « Et ma carrière ? Comment tu veux que je continue la musique et que je l’élève ? Je peux pas lui imposer ça. Les tournées tout le temps, la déraciner à chaque fois, le temps que je passe en studio… Elle mérite mieux que ça non ? » Je n’y avais jamais pensé avant, parce que Shay était là et qu’elle prenait le relais, quand je n’étais pas capable de le faire. Mais là ? Je ne peux pas la laisser à ma mère tout le temps. Je ne sais pas comment font ces actrices qui trainent leur tribu partout.

Je crois que c’est la première fois que je m’autorise à faire ça, pleurer devant ma sœur et me laisser aller dans ses bras, et pourtant elle a raison, ça fait un bien fou ! Je ne sais pas depuis quand je ne me suis pas sentie si démunie. Je ne sais pas non plus si je remonterais la pente un jour. « Tu vas aller prendre une bonne douche, ça va te remettre les idées au calme, et ça va te faire du bien d’accord ? Je reste là, je vais m’occuper de bébé, ne t’inquiète pas. Tu dois avoir confiance en toi Phoenix. » « Merci. » Je la serre longuement contre moi. J’ai toujours eu pleins de câlins de la part de ma mère mais Elly en a finalement toujours manqué, je ne comprends pas comment elle peut tenir sans ça. Ma petite sœur est un roc. Je monte prendre une longue douche, chaude, pour me détendre, et me laisse totalement aller sur le sol, les larmes se mêlant au reste de l’eau coulant encore inlassablement. Je finis par en sortir quand j’entends Rose pleurer. Ça doit être l’heure du biberon. Et si je sais que ma sœur veille, je ne peux la laisser seule avec le bébé. Je sors, me sèche en tant soit peu les cheveux et me rhabille. Je les retrouve en bas, dans mon jean troué, et mon débardeur blanc, je me fous de ce à quoi je peux bien ressembler. Je récupère le biberon dans le chauffe biberon de la cuisine et retrouve la terrasse. « Vraiment Elly… Pourquoi tu fais tout ça ? Ta fille, t’es prête à lui faire changer de vie ? Elle a son équilibre, c’est fragile à cet âge-là. » Je ne sais pas si je me sens surtout d’assumer que ma petite sœur change sa vie pour la mienne, je crois que je lui ai déjà pris assez de place en lui prenant la légitimité de la paternité de notre père. Même si j’aurais été ravie de lui céder ! « Vous pourriez juste rester quelques jours et… appeler ça des vacances ? » Je ne veux pas perturber la petite, surtout pas. Et je sais pourtant que c’est un détail qui peut la faire changer de vie.
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Elly Peterson
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: quand l'abandon sonne à la porte (phoely)   Mer 19 Juil - 10:32

« Je voulais que Shay me laisse plus de place avec Rose, mais j’étais pas prête à tout ça moi… » Je baisse un peu les yeux, je comprends ses craintes, ses peurs, mais je suis sûre qu’elle se débrouillera très bien avec la petite fille. J’ai confiance en ma soeur aîné, je sais qu’elle va assurer. Ça va être difficile, c’est vrai, mais je me dois de la rassurer quant au sujet de la petit, de son éducation. Rose ne lui en voudra pas si elle ne recherche pas Shaelyn, j’en suis sûre. Je suis peut-être un peu trop positive et optimiste, c’est vrai, mais c’est important dans ce genre de situation. Nous ne devons pas nous laisser abattre. « Elly, tout le monde n’est pas toi, tout le monde n’est pas foncièrement bon. Il arrivera bien un moment où elle pensera que le problème c’est elle. Je le pense encore à mon âge… » Je baisse un peu les yeux, elle a raison, mieux que personne. Il est évident que Rose s’en voudra un jour, c’est même inévitable je dirais et pourtant, il est important d’être positif, de lui montrer que ce n’est pas de sa faute. J’ai eu énormément de chance de bien m’en sortir et d’arriver à grandir avec un optimisme certain pour le bonheur dans ce monde, mais je sais que ce n’est pas le cas de Phoenix. Elle a tellement de vécu tragique derrière elle, son père ou plutôt notre père qui était vraiment la pire chose sur terre, l’armée qui lui a offert un cadeau indélébile dont elle souffre aujourd’hui encore de temps en temps, et la drogue. J’ai tendance à penser que la lumière au bout du long tunnel de la vie de Phoenix est Shaelyn, mais finalement, que va-t-elle devenir quand la lumière sera éteinte ? Nous en sommes là aujourd’hui, Shay n’est plus là, et même si je suis optimiste, j’ai peur. Elle semble vouloir se rendre coupable du départ de sa blonde, et je secoue la tête, lui expliquant que ce n’est pas de sa faute. Ni de celle de Rose, et qu’elle doit garder des moments pour elle, et ne pas vivre uniquement à travers sa fille. Quand on y pense, c’est comique, quand on sait que c’est exactement ce que je fais depuis que j’ai quitté le père de Louna. Je travaille, certes, mais mon temps libre est consacré à ma fille et uniquement elle. « Et ma carrière ? Comment tu veux que je continue la musique et que je l’élève ? Je peux pas lui imposer ça. Les tournées tout le temps, la déraciner à chaque fois, le temps que je passe en studio… Elle mérite mieux que ça non ? » Je soupire un peu, c’est vrai que son boulot va lui prendre du temps, mais je suis certaine qu’elle va réussir à trouver un équilibre. « Tu trouveras un équilibre, mais tu ne dois surtout pas abandonner ta carrière, car le jour où Rose saura que tu as abandonné pour elle, outre le fait que tu as fait ça pour être toujours avec elle, c’est à ce moment là plus qu’à un autre qu’elle comprendra que c’est de sa faute. » Je lui offre un léger sourire rassurant, et ne tarde pas à proposer à Phoenix de venir ici pour la seconder. Elle semble hésitante, refuse, et finalement, elle fond en larmes. Je m’approche d’elle, pour la câliner même si je sais qu’elle n’aime pas ça, mais elle en a besoin. Je sais que c’est la meilleure des façons de soigner un maux de coeur, un maux de vie. Je la câline, pendant quelques minutes le temps qu’elle se calme, et quand je vois que ses larmes se calment, je l’invite à revenir à l’intérieur avant de lui proposer de prendre une douche, en précisant bien que je vais m’occuper de son bébé. « Merci. » Je souris un peu, et la serre une dernière fois avant de la laisser partir.

Je m’approche de la petite fille qui dort encore, et sort mon téléphone afin d’envoyer un message à Shaelyn, lui demandant ce qu’il se passe, en précisant bien que je ne viens pas de la part de Phoenix. Je soupire un peu en cliquant sur ‘envoyer’, et me tourne vers la petite fleur qui ouvre déjà ses deux yeux ronds. « Coucou bébé, tu vas devoir être sage et super mignonne, je suis sûre qu’elle va tomber amoureuse de toi ! » Je souris un peu, et le bébé ne tarde pas à s’agiter, sans doute à cause de la faim. J’hésite quelques secondes avant de la prendre contre moi, et elle se met rapidement à pleurer. Elle est quand même vachement fragile, mais grâce à mon boulot, j’ai l’habitude des bébés de cette taille. Phoenix apparait rapidement, et je souris. Elle a pleuré, je le sens, et pourtant, elle est déjà là, prête avec le biberon en main. Elle vient me rejoindre avec le biberon, et je lui place la petite fille dans les bras, je ne vais pas lui enlever ce moment. « Vraiment Elly… Pourquoi tu fais tout ça ? Ta fille, t’es prête à lui faire changer de vie ? Elle a son équilibre, c’est fragile à cet âge-là. » J’hausse un peu les épaules, je ne réfléchis même pas à la question, Phoenix est ma soeur, ça me semble normal. Et puis Louna a l’habitude de bouger, et ne s’en rendra même pas compte, elle sera surtout très contente, elle adore la maison. « Vous pourriez juste rester quelques jours et… appeler ça des vacances ? » J’hoche la tête, et la regarde nourrir Rose avec le sourire. « Oui, ça va prendre cette tournure là auprès de Louna, mais tu sais elle adore venir ici, elle s’en fera une joie alors ne t’inquiète pas pour elle. Et puis elle t’adore, t’es une star pour elle. » Je souris un peu, et regarde l’heure. « Ma belle, je dois y aller, ça ne te dérange pas ? Je dois aller au boulot, je préviendrais que je m’arrête jusqu’à la fin de la semaine d’accord ? On verra en fonction, ne t’inquiète pas. Je suis là et je ne partirais pas. » Je lui souris, et l’embrasse sur la joue en guise de au revoir, avant de faire un tendre baiser sur le front du nourrisson.

fin
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