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 can you forgive me? [elox#4]

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Oxana Davidov
« behind blue eyes »

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MessageSujet: can you forgive me? [elox#4]   Mer 30 Aoû - 14:47

Voilà bien deux bonnes semaines que je n’ai plus aucun contact avec Ellen. Zero. Pas un coup de fil, pas un sms, pas un mail. Mais les pensées sont omniprésentes, d’autant plus que Noah passe beaucoup de temps au boulot ces derniers temps, et moi j’essaie de ralentir un peu la cadence. J’habite à moitié chez lui et je sous-loue mon appart à une amie pour arrondir mes fins de mois, même si personne n’est au courant. Depuis ma discussion avec Ellen dans les toilettes de la salle de réception de la fac, je ne fais que ressasser ses paroles, je les entends, avec la même intonation qu’elle les a prononcées. Debout fasse à l’immense miroir de la chambre, je répète un texte que j’ai appris sur le bout des doigts. Une réplique, ou plutôt un monologue d’une pièce que j’ai particulièrement adoré, j’en lis énormément depuis deux semaines, les bouquins s’entassent. Je mets le ton, recommence, encore et encore, sans jamais céder. Je veux que tout soit parfait, mais parfait pour qui, pour quoi ? A quoi me servira de savoir cette réplique par coeur si ce n’est dans l’espoir de la jouer un jour sur des planches, pour de vrai. Je sursaute en sentant les mains de Noah entourer ma taille et je pose mes mains sur ses siennes. « Tu m’as fait peur. » « Tu te débrouilles bien… » « Quoi ? » « Je t’ai écoutée un peu, c’est juste, tu te débrouilles bien, pourquoi tu te mettrais pas au théâtre, pour de vrai ? » Je soupire un peu en secouant la tête. « Ne t’y mets pas toi aussi. » « Ah bon, quelqu’un d’autre que moi te pousse à vouloir réaliser tes rêves secrets ? » Mon coeur se met à battre plus vite et je hausse les épaules. « Une amie, oui. Mais c’est bête, j’ai encore un accent trop fort, je trouverai jamais de rôles. » C’est l’excuse que je me donne, bien sûr. Je me sépare de l’étreinte de Noah et l’embrasse à peine. « Je comptais aller me promener, tu as fini le boulot ? » Il grimace et je comprends bien vite. « Non, je passais juste chercher un truc que j’avais oublié, mais j’adore te savoir ici quand je suis pas là. » Je lui souris, l’embrasse à nouveau et le laisse partir.

Une heure plus tard, je suis à l’université. Je me suis laissée mener par ma voiture sans trop réfléchir et maintenant, j’erre dans les couloirs à la recherche de ma motivation. Je salue quelques personnes qui me sourient, leur répondant d’une esquisse de sourire en coin. La vibration de mon téléphone me sort de mes pensées et je jette un oeil sur ce dernier, je m’attendant pas à ce que quelqu’un me rentre dedans. Je m’excuse platement en me baissant pour récupérer les bouquins de l’étudiant et me relève en lui souriant aimablement. Il me sort un jeu de drague absolument affreux et je me mets à rire, me foutant de lui ouvertement, mais gentiment. Mais lorsque mon regard bifurque à peine, je crois apercevoir Ellen au loin. J’ignore si elle m’a vue mais elle continue son chemin comme si de rien n’était. Je m’excuse auprès de l’étudiant et me précipite dans le couloir pour courir après la rouquine. « Ellen ! » Mes talons claquent et je m’étonne qu’elle ne se retourne même pas. Après tout, notre dernière discussion ne s’est pas nécessairement bien terminée. J’arrive à son niveau et glisse ma main sur son poignet pour la faire s’arrêter. « Ellen… » Je la fais se retourner, frissonnant lorsque son regard croise le mien. « Tu comptes me fuir chaque fois qu’on se croisera par hasard ? »
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Ellen Hamilton
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MessageSujet: Re: can you forgive me? [elox#4]   Mer 30 Aoû - 17:10


Can you forgive me ?
Ellen & Oxana


L’amphi n’est pas plein à craquer ce matin, tu m’étonnes, un vendredi matin, les soirées étudiantes étant le jeudi, je me doutais bien de ne pas croiser grand monde ce matin, surtout pour un cours de littérature comparée. Je ne saurais vous dire combien de temps les élèves sont capables de suivre avant de décrocher. Mais après tout, je mets tout le cours sur internet par la suite, histoire de ne pas léser tout le monde. Je ne suis pas une prof sadique. Moi la première, j’ai souvent fait la fête à la fac et les cours du lendemain étaient rarement assumés. Elève sérieuse mais rebelle. Je pensais pouvoir suivre le deux, au final, je me suis rendue compte que non. Je prends le partie de rester la prof cool et à l’écoute.
Mon cours terminé, je range mon ordinateur, mes cours et quitte l’immense salle après avoir salué mes élèves. Je dois aller assurer un cours de théâtre, qu’on anime à deux, avec une collègue, un atelier entre midi et deux qui nécessite du temps et de l’implication, mais mon temps, je l’ai. Je n’ai plus mes enfants à la maison et la personne qui hante mes pensées n’est présente que dans ma tête. Les jours passent mais le manque reste, je m’en remettrais, après tout, j’ai réussi à me remettre de l’absence de mon mari au bout de tant d’années…

Je suis déjà à la bourre et je dois me dépêcher si je veux espérer arriver à l’heure pour mon cours, se trouvant à l’autre bout du campus. Cours Ellen ! Je presse le pas, et je n’entends même pas mon prénom quand une voix pourtant si familière m’appelle. Ce n’est que quand quelqu’un attrape mon poignet que je sursaute. « Ellen… » Ellen, c’est mon prénom et la façon dont elle le prononce me fait frissonner. Mon regard se perd une seconde dans le sien, une seconde de trop étant donné tout ce qu’elle a dû pouvoir y lire… Le manque, l’absence. « Tu comptes me fuir chaque fois qu’on se croisera par hasard ? » « Etant donné que je bosse ici et que tu n’es pas étudiante, je doute que ce soit une rencontre fortuite. » Pardonnez-moi la logique mais qu’est-ce qu’elle pourrait bien faire ici ? Je l’ai attendu la dernière fois, chez moi, après la soirée. Elle n’a pas donné signe de vie, je n’en n’ai plus donné non plus, je suis en pleine désintox, si elle permet, et j’aimerais qu’elle le respecte. Je ne peux l’oublier si je la croise à chaque fois que je commence à aller mieux. « J’ai un cours, tu m’excuses ? Rentre chez toi Nina. Si un élève est pris à réquisitionner tes services, il pourrait perdre sa place ici. » C’est d’un blessant ! Je m’en veux immédiatement et lui lance un regard coupable et désolée, je suis blessée, j’ai mal, je réagis à chaud. « Qu’est-ce-que tu veux, Nina ? »
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Oxana Davidov
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MessageSujet: Re: can you forgive me? [elox#4]   Jeu 31 Aoû - 18:49

Enfin le regard de la rousse vient se poser dans le mien et je tente de faire fi de la vague de frisson que ce simple échange non verbal vient de provoquer en moi. Je lui demande si elle compte me fuir longtemps, une simple question, mais si elle avait des éclairs dans les yeux, je ne serai déjà plus de ce monde. Je saisis le message. Mes doigts se séparent de son poignet, et j’attends qu’elle assène son coup. « Etant donné que je bosse ici et que tu n’es pas étudiante, je doute que ce soit une rencontre fortuite. » Je plisse un peu les yeux, pas totalement surprise du ton sec qu’elle emploie. Visiblement blessée que je n’ai pas répondu à ses attentes il y a deux semaines lorsqu’elle me demandait de la rejoindre chez moi. Tout ça est si compliqué, j’ai tellement du mal à y voir clair. Alors je me contente de soupirer, juste assez pour lui faire comprendre que je déteste cette espèce de guerre puérile. Mais je ne suis pas au bout de mes peines. « J’ai un cours, tu m’excuses ? Rentre chez toi Nina. Si un élève est pris à réquisitionner tes services, il pourrait perdre sa place ici. » Je fronce les sourcils, sentant dans ma gorge un noeud se former, pourquoi est-elle toujours aussi blessante lorsqu’elle parle de mon boulot ? Je vois heureusement sa propre désolation dans son regard. « Qu’est-ce-que tu veux, Nina ? » « J’en sais rien. Pas que tu continues de tout ramener à mon boulot, ça c’est clair. » A moi d’utiliser un ton plus dur, alors que j’étais partie pour être gentille et m’excuser de n’avoir donné de nouvelles. Je n’ai plus aucune envie de m’excuser. Je soupire alors, tentant de me calmer pour remettre les choses à l’endroit et me la jouer adulte. Ce serait déjà une bonne chose. « Je voulais me renseigner sur les cours de théâtre. » C’est bien ce qu’elle voulait non ? Que je prenne ma vie en main, que je fasse autre chose que vendre mon corps à qui paiera suffisamment. Comme quoi, j’écoute parfois, même si on dirait pas. « Je pensais pas te croiser à vrai dire, c’est pas vraiment ce que je cherchais. » Et c’est la vérité, je ne suis pas venue pour elle. Je crois que c’est bien assez compliqué comme ça. Mais encore une fois, je prends cette rencontre comme un foutu signe à la con. « Mais c’était idiot, j’aurai pas dû venir. Je sais pas ce que je fous là, et désolée de t’avoir mise en retard. » Ma phrase sonne comme un nouvel au revoir, un peu amer, mais un au revoir voudrait que je me retourne pour partir, alors que je suis là, encore immobile face à elle, mon regard ancré dans le sien. Comme une balle que je viens de mettre dans son camps.
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Ellen Hamilton
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MessageSujet: Re: can you forgive me? [elox#4]   Jeu 31 Aoû - 21:29


Can you forgive me ?
Ellen & Oxana


C’est plus fort que moi quand je me retrouve face à Nina, je me défends comme un animal blessé, comme si elle m’attaquait et je ne saurais réagir autrement tellement sa présence me trouble, sans que je n’ai le droit d’y réagir. Je deviens dingue quand elle est près de moi, une ado sous hormones. Je ne me contrôle plus. Je ne savais pas que l’attirance pouvait rendre aussi méfiante, méchante, ou encore injuste. Parce que je le suis et je ne l’épargne pas, je ramène toujours tout à sa condition d’escorte, sans doute parce que je suis blessée… jalouse ? Je n’oserais ! « J’en sais rien. Pas que tu continues de tout ramener à mon boulot, ça c’est clair. » « Pourtant la seule chose qui nous lie est bien le fait que j’ai été cliente, non ? » Bim, encore une fois ! Je ne sais me tenir. Mais elle refuse de parler de quoi que ce soit de plus alors j’en conclus que la seule chose que nous partageons est cette transaction. Ça allait quand les autres la payaient pour que je passe la soirée avec elle mais quand moi j’ai voulu allonger les billets, il n’y a plus eu qu’un fantôme ! Elle reste pourtant face à moi, elle doit me haïr, merde. « Je voulais me renseigner sur les cours de théâtre. » « Les cours de théâtre… » Je comprends que soit je me fourvoie depuis le début, soit je suis la reine des garces au point de lui faire assez peur pour trouver ce genre d’excuses. « Je pensais pas te croiser à vrai dire, c’est pas vraiment ce que je cherchais. » « Tu es dans le bâtiment des lettres, ici. » Pas des arts de la scène. Mais après tout elle n’est pas étudiante, pas étonnant qu’elle se soit trompée, bien que je ne doute pas qu’un petit jeune ou deux se serait damné pour lui montrer le chemin jusqu’au théâtre du campus. « Mais c’était idiot, j’aurai pas dû venir. Je sais pas ce que je fous là, et désolée de t’avoir mise en retard. » « Non, ça ne l’était pas. Ce qui le serait c’est de ne pas aller au bout. Viens. » Je suis un peu directive, mais c’est pour mieux me protéger. Je suis complètement perdue entre mes sentiments, qui se ravivent à chaque fois que je la croise et la haine que je ressens envers moi pour cette faiblesse. Mais au fond, elle ne m’a fait aucune promesse, jamais, c’est moi le souci dans cette histoire.
Je lui lance un regard un peu plus doux, qui veut se faire pardonner, et l’incite à me suivre jusqu’à l’immense théâtre. Je suis prête à parier qu’elle n’en n’a jamais vu des comme ça. Je prends un malin plaisir à la voir s’émerveiller et je me radoucis instantanément. « Ca te plaît ? » Elle reste quelques secondes interdite, en haut des marches, sans doute subjuguée par la profondeur de la salle, ça m’a fait ça moi aussi au début. « Tu veux assister au cours ? C’est moi qui le donne… »
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Oxana Davidov
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MessageSujet: Re: can you forgive me? [elox#4]   Mer 6 Sep - 13:15

Pourquoi elle a ce pouvoir sur moi, celui de me faire me sentir une moins que rien ? Je déteste ça, je déteste lui donner autant de crédit, mais c’est plus fort que moi. Je vois bien qu’elle le regrette à l’instant même où elle l’a dit, mais le mal est déjà fait. Je refuse d’imaginer qu’elle soit ce genre de personne manipulatrice, elle n’a rien de tout ça, elle est sans doute simplement blessée par mon comportement avec elle. Mais je ne sais pas non plus comment agir, elle me retourne le cerveau, et rien que poser mes yeux sur elle, je deviens dingue. « Pourtant la seule chose qui nous lie est bien le fait que j’ai été cliente, non ? » Je serre les mâchoires alors que mon regard s’embrume. Elle n’a décidément rien compris. Si elle n’avait été que ma cliente, jamais je ne l’aurai laissée pénétrer autant mon coeur. Mais j’aurai mieux fait de m’abstenir visiblement. « Les cours de théâtre… Tu es dans le bâtiment des lettres, ici. » Elle va arrêter de me prendre pour une conne un jour ou pas ? Je déteste tellement ce sentiment. Comment j’aurai pu savoir dans quel département j’étais, je connais pas cette université, et rien n’est marqué nulle part. J’ai juste suivi les panneaux marqué accueil. Encore une fois, j’aurai mieux fait de m’abstenir, rester chez moi, ou plutôt chez Noah. Noah. Je m’efforce de penser à lui pour arrêter de me sentir aussi touchée par les paroles d’Ellen. Je décide une nouvelle fois de rebrousser chemin, parce que c’est encore ce que je fais de mieux lorsque je suis avec elle. Un pas en avant, trois pas en arrière. C’est pourtant elle qui m’a dit que je devais faire vivre mes rêves au lieu de les garder enfouis, et maintenant que j’essaie, elle me renvoie bouler. Pourquoi ça fait si mal ? « Non, ça ne l’était pas. Ce qui le serait c’est de ne pas aller au bout. Viens. » Je suis abasourdie par son changement de comportement. Elle est bipolaire ou quoi ? Elle se radoucit doucement et me fait signe de la suivre. J’hésite un instant mais me résigne à la suivre, sans un mot. Mes talons claquent à l’unisson des siens sans autre son que ce dernier, et nous arrivons dans un immense théâtre. Je suis impressionnée par la taille et ce que je peux ressentir actuellement, comme si je prenais conscience réellement de cet amour que je porte à cet art si particulier. « Ca te plaît ? » « C’est magnifique. » Je n’ai pas d’autre mot, et mon regard pétille de voir tan de beauté. « Tu veux assister au cours ? C’est moi qui le donne… » Je tourne mon regard vers elle, surprise. Elle n’avait jamais mentionné donner de cours de théâtre quand on a parlé de ses activités. « Qu… quoi ? Je… oui… enfin… » Je bredouille, je ne sais pas quoi répondre, je me retrouve comme une idiote. Finalement je soupire et me contente de hocher la tête. « D’accord. » Je déglutis avec un peu de difficulté et désigne un fauteuil, assez loin de la scène pour les regarder sans participer. « Je vais rester là, je ferai pas de bruit. » J’ai l’impression d’être une enfant.
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Ellen Hamilton
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MessageSujet: Re: can you forgive me? [elox#4]   Mer 6 Sep - 17:42


Can you forgive me ?
Ellen & Oxana


Je suis une teigne, vraiment intenable, et surtout je deviens méchante alors qu’elle fait le premier pas. Se pourrait-il que je sois si blessée ? Je ne réagirais pas comme ça autrement. Je ne sais pas qui je suis, parce que je n’ai jamais eu à éprouver ce genre de sentiments interdits et surtout inconvenants. Mais il est clair que si cette attirance n’était pas réelle, j’aurais fini par me faire une raison, à la différence près que non, je ne suis pas prête à faire les choses à moitié, parce que mon inconscient me pousse à en faire un peu trop, à réagir, et refuse de juguler ce foutu sentiment de jalousie dès que je la vois entourée d’une tierce personne.
Je fini par me raviser, et lui propose de lui montrer le chemin jusqu’au théâtre et quand je la vois s’émerveiller de la vie depuis là-haut, sur la scène, je ne peux réprimer ce petit pic au cœur, ce tourbillon dans le ventre, que je ressens quand je la vois si… heureuse. Imprégnée des lieux, fascinée, passionnée. « C’est magnifique. » Son regard bleu pétille comme celui d’une enfant, et je sais à ce moment-là que mon cœur est bien plus lié au sien que je ne voudrais l’accepter. Ça me fait autant de mal que de bien de savoir qu’elle souffre de ce que je peux lui dire. Je l’incite à descendre avec moi les marches menant à mon groupe d’élèves tout en lui révélant que c’est moi qui anime ce cours. « Qu… quoi ? Je… oui… enfin… D’accord. » Nous nous rajoutons à la masse d’élèves que je salue un par un, avant que Nina ne prenne un peu de recul. « Je vais rester là, je ferai pas de bruit. » Je lui fais un signe de tête, le temps de me mettre en place, mais je n’en n’ai pas fini avec elle.
Je dispose mes affaires près de la scène comme j’en ai l’habitude et nous montons tous sur cette dernière, en cercle. Je commence le premier exercice, le sentiment de la journée, c’est important de tous se connecter. Et quand nous avons enfin fait le tour, j’adresse une question toute innocente. « Et toi, Nina, comment te sens-tu aujourd’hui ? » Haussant un peu le ton, l’invitant à se joindre à nous. « Si tu rejoignais le cercle ? » Je ne suis pas pour les spectateurs qui ne participent pas, et je sais que Nina rêve de ce genre de cours, qu’elle aimerait pouvoir les suivre comme n’importe quel étudiant universitaire. Mais ses moyens faisant… « Assied-toi parmi nous et exprime ton ressenti. Par des mots, une chanson, un texto, n’importe quoi qui t’a touché au cours de la dernière semaine. Une conversation qui t’a marqué… quelque-chose d’humain. Un sentiment, qu’il soit positif ou négatif. » Nous l’écoutons tous avec attention, parce qu’une troupe fonctionne en harmonie à la seule condition que l’écoute soit réciproque. Je ne suis pas une prof excentrique, je suis simplement consciente que les jeunes ont besoin de s’exprimer, de parler, de faire corps avec les émotions qu’ils ressentent, et ils doivent les comprendre et les exprimer, pour mieux les exploiter.
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Oxana Davidov
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MessageSujet: Re: can you forgive me? [elox#4]   Mer 6 Sep - 18:50

Je suis soufflée, c’est la première fois que je pose un pied dans un théâtre de cette envergure. Dans un théâtre tout court d’ailleurs. Mes yeux pétillent et en cet instant, je ne pense plus à rien, je suis seulement là. Ellen me propose d’assister au cours qu’elle va donner. Surprise, je bégaye un peu mais accepte finalement, et lui dit simplement que je vais rester assise à regarder. Je ne suis pas étudiante, je serai seulement spectatrice. Je me cale bien dans le fauteuil alors que mes yeux s’attardent sur les moindre détails. Ellen est d’une aisance sur scène et face à ses élèves, c’est bluffant, au point que je ne regarde qu’elle quasiment. J’observe ce qu’il se passe, les élèves assis en rond qui prennent la parole chacun leur tour, je souris parfois, suis émue aussi, mais je reste attentive et très à l’écoute, jusqu’à ce que je sursaute en entendant mon surnom. « Et toi, Nina, comment te sens-tu aujourd’hui ? » Mon coeur s’emballe d’un seul coup et je peine à comprendre avant qu’elle ne reprenne la parole. « Si tu rejoignais le cercle ? » Je tremble, secoue la tête, je suis pétrifiée. Mais mon regard ancré dans celui d’Ellen quelques mètres plus bas m’aide à prendre confiance. Je prends une inspiration un peu plus grande et me lève, laissant sur mon siège mon sac à main, et je retire mes escarpins pour descendre les quelques marches et grimper sur la scène, pieds nus. Fouler les planches était un rêve, et même si c’est d’une façon plutôt singulière, j’y suis enfin. Un premier pas en tout cas. « Assied-toi parmi nous et exprime ton ressenti. Par des mots, une chanson, un texto, n’importe quoi qui t’a touché au cours de la dernière semaine. Une conversation qui t’a marqué… quelque-chose d’humain. Un sentiment, qu’il soit positif ou négatif. » Les élèves se décalent pour me laisser une place dans le cercle pour m’asseoir, quasiment pile en face d’Ellen. Je me racle un peu la gorge, hésitante, ma voix un peu faiblarde au début, et prends enfin la parole. « Je me sens… complètement perdue ici au milieu de vous tous. » Je ris un peu et hausse les épaules, d’une sincérité qui m’est rarement appartenu. « Je ne me sens pas légitime d’être parmi vous, mais puisque j’y suis invité, je vais faire au mieux. » Nouveau raclement de gorge. « Ma semaine a été plutôt mitigée, j’ai l’impression d’être dans une période charnière de ma vie, on me tend des mains et je les refuse pour la plupart… » Mon regard se pose sur Ellen, cherchant le sien pour lui faire comprendre qu’à travers mes mots, c’est à elle que je parle. « J’ai vécu des moments intenses avec quelqu’un, et puis j’ai été déçue aussi par cette personne, touchée d’une façon dont personne ne m’avait touchée avant, autant dans le positif que dans le négatif. » Naturellement je viens poser mon poing fermé sur mon sternum et continue, la voix pleine d’émotion. « J’ai beaucoup de choses à donner, et j’ai l’impression qu’on m’en empêche, alors qu’en fait c’est moi qui suis mon propre frein. Et c’est atroce de se rendre compte d’une chose pareille. » Je me pince un peu les lèvres avant de me redresser un peu, prenant une inspiration un peu plus importante. « Mais je suis profondément positive alors je me relèverai, comme je l’ai toujours fait. » Un sourire, dans le vague, un peu triste mais lourd de sens.
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Ellen Hamilton
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MessageSujet: Re: can you forgive me? [elox#4]   Mer 6 Sep - 22:27


Can you forgive me ?
Ellen & Oxana


J’aimerais entendre ce qu’elle pense, ce qu’elle ressent, ce qu’elle voudrait faire passer. Je sais Nina pleine d’émotions qu’elle réfrène, en permanence, c’est un trait de sa personnalité qui m’a beaucoup marqué, quelque-chose que j’ai remarqué il y a déjà quelques temps. C’est une jeune femme à fleur de peau, qui donne pleinement, sans compter, je le sais très bien, je pense pouvoir dire que je la connais, je sais surtout très attentive à ce qui la concerne. Nous n’en sommes pas là par hasard, je pense tout simplement que je ressens quelque-chose, parvient à la comprendre et à la reconnaître, à savoir pertinemment ce qu’elle peut ressentir quand il s’agit de ses propres frustrations. Je m’emballe peut-être, mais c’est ainsi que ça m’apparaît. Je lui fais alors signe de nous rejoindre, de participer au cours, et elle n’a pas l’air prête à tout ça. Elle ne se doutait sans doute pas de l’idée que j’avais derrière la tête. Mais elle veut se lancer, le plus tôt sera le mieux. Je me fous de son inscription légale, c’est moi qui anime le cours non ? « Je me sens… complètement perdue ici au milieu de vous tous. » Des sourires l’accompagnent et l’encourage autant que le mien le fait, tout du moins je l’espère. « Je ne me sens pas légitime d’être parmi vous, mais puisque j’y suis invité, je vais faire au mieux. » « Si tu partages l’amour du théâtre, et l’envie d’apprendre, alors tu es aussi légitime qu’il le faut dans ce cours, Nina. » La regardant dans les yeux, mes paroles sont on ne peut plus sincères. « Ma semaine a été plutôt mitigée, j’ai l’impression d’être dans une période charnière de ma vie, on me tend des mains et je les refuse pour la plupart… » Je me reconnais dans ses propos et j’ai bien peur d’écouter la suite, ça ne me plaît pas, mais je pense que c’est sa façon de me parler, et je dois la respecter, moi qui la pousse à parler depuis hier… je ne comprends pas ce qui m’arrive mais à l’intérieur, je me liquéfie. « J’ai vécu des moments intenses avec quelqu’un, et puis j’ai été déçue aussi par cette personne, touchée d’une façon dont personne ne m’avait touchée avant, autant dans le positif que dans le négatif. » Je dois le prendre comment ? Faire le tri dans ce qu’elle dit et ça me soulage autant que ça me blesse, mais sa démarche est tout à son honneur, je prends conscience que sous un autre angle, je ne l’aurais ni écoutée, ni comprise de la même façon. « J’ai beaucoup de choses à donner, et j’ai l’impression qu’on m’en empêche, alors qu’en fait c’est moi qui suis mon propre frein. Et c’est atroce de se rendre compte d’une chose pareille. » Serait-ce une prise de conscience ? Un écho aux paroles prononcées dans les toilettes de la fac la dernière fois ? Celles de la salle de réception, quand elle escortait le ponte de cet établissement. Je ne saurais dire ce qui m’a pris d’imposer une telle proximité avec elle à ce moment-là, mais comment lutter autrement ? Je crois qu’en amour, tous les coups sont permis et que je ne ressemble à rien de plus qu’une ado en ce qui la concerne. Capricieuse en plus de ça. « Mais je suis profondément positive alors je me relèverai, comme je l’ai toujours fait. » Je m’éclaircis la gorge et tente de reprendre mon rôle de prof tandis que tout le monde l’applaudit, touché par ses paroles. « Et bien… merci Nina. Pour ces confidences. Je crois qu’on va pouvoir commencer le cours. » Encore sous le choc, je quitte la scène pour m’asseoir au premier rang et distiller petit à petit mes consignes, faire des groupes pour les faire passer chacun leur tour, dans des improvisations et ce genre de choses, je sens que Nina se donne à fond, et j’en suis très émue. Quand la fin du cours sonne, c’est à moi de le leur rappeler. « On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Bravo à tous, vous avez été brillants. On s’applaudit, et on salut. » Je leur souris et les encourage à saluer comme une vraie troupe, avant de se disséminer ça et là pour quitter le théâtre, et une fois ce dernier un peu plus vide, je m’approche de ma nouvelle élève. « Je suis très impressionnée. Tu es… vraiment pleine de talent. Et je te laisse pas le choix, je veux te revoir la semaine prochaine à la même place. » Ca, c’est la prof qui parle, quant au côté cœur… « Excuse-moi. Je suis désolée. Pour tout… » Pour les sentiments que je développe malgré elle, pour ce que je lui fais endurer, pour les tensions que ça crée, pour les questions qu’elle se pose… pour tout.
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Oxana Davidov
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MessageSujet: Re: can you forgive me? [elox#4]   Dim 10 Sep - 10:07

Ce n’est pas simple de poser les mots sur ce qu’on ressent en temps réel. C’est un exercice périlleux pour les émotions, mais je m’y plie puisque c’est ce que demande la professeur qui n’est autre qu’Ellen. Cette femme avec qui j’entretiens, ou plutôt j’ai entretenu des rapports intimes tant physiquement que psychologiquement. « Si tu partages l’amour du théâtre, et l’envie d’apprendre, alors tu es aussi légitime qu’il le faut dans ce cours, Nina. » Nos regards se croisent, s’ancrent, avant que je ne trouve la force de parler avec mon coeur, de mes ressentis, mes sentiments, mes peines, mes joies. Je fuis parfois le regard d’Ellen et parfois, je l’accroche volontairement comme pour appuyer mes dires. Une fois terminé, je soupire un peu, parce que je sens que je me suis dépassée. M’ouvrir de cette manière ne m’est pas habituel, mais je dois dire que ça fait du bien, mine de rien. « Et bien… merci Nina. Pour ces confidences. Je crois qu’on va pouvoir commencer le cours. » J’esquisse un sourire, un peu mal à l’aise d’entendre tout le monde m’applaudir, et nous commençons donc le cours. Je suis très concentrée, sur la voix d’Ellen, les consignes, mais aussi et surtout sur moi-même, sur mes camarades qui sont tous bien plus jeunes que moi même si ça ne se voit pas forcément. Je me prends au jeu, m’applique à faire ressortir ce que j’ai en moi dans les exercices qu’elle nous donne.

« On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Bravo à tous, vous avez été brillants. On s’applaudit, et on salut. » Le cours touche à sa fin et je me sens fatiguée, très fatiguée, mais j’imagine que c’est de la bonne fatigue. Après avoir salué, je descends de la scène pour aller chercher mes affaires alors que le théâtre se vide de ses élèves. Quelques mots d’encouragement de certains élèves me font plaisir. J’enfile mes chaussures et m’apprête à partir quand Ellen s’approche de moi, doucement. « Je suis très impressionnée. Tu es… vraiment pleine de talent. Et je te laisse pas le choix, je veux te revoir la semaine prochaine à la même place. » Mon regard oscille entre ses yeux, je ne sais pas quoi dire, quoi penser, je suis touchée, émue. « Merci mais… enfin je crois pas avoir les moyens pour me payer des cours comme ça. Et tu es une très bonne professeur. » J’esquisse un sourire un peu incertain qu’elle me rend dans la même intensité. « Excuse-moi. Je suis désolée. Pour tout… » Mon coeur s’emballe, je sais à quoi elle fait référence. Les mots sortis un peu plus tôt lui étaient pour la plupart destinés, et le but n’était pas nécessairement de la toucher, mais je suis heureuse que ça ait pu lui faire comprendre à quel point cette situation me perturbait plus que je ne veux bien le laisser paraître. Je secoue un peu la tête, n’arrivant pas à la regarder, je garde les yeux rivés sur mes doigts qui tripotent le tissus de mon sac. « C’est pas grave. Enfin j’veux dire, c’était perdu d’avance, on savait bien que ça rimait à rien tout ça. J’essaie de me dire qu’on a pris le meilleur. » Ma gorge se trouve être plus serrée, ce cours m’a chamboulée je crois. Je redresse sur elle mon regard brillant. « Ellen je… » Je me pince les lèvres, ne sachant plus quoi dire, quoi faire, tiraillée entre mon envie de fuir et celle de la prendre dans mes bras, l’embrasser, la retrouver. Je louche sur ses lèvres et secoue la tête, lâchant un petit rire nerveux pour moi même. « Tu me rends folle putain. » Je passe mes mains sur mon visage pour me calmer un peu et soupire. « Tu es sûre que c’est une bonne idée que je revienne la semaine prochaine ? »
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Ellen Hamilton
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MessageSujet: Re: can you forgive me? [elox#4]   Dim 10 Sep - 12:06


Can you forgive me ?
Ellen & Oxana


Le cours prend fin et comme à chaque fois, nous avons fait le plein d’émotions, ensemble. Quelque-chose me lie avec mes élèves et le fait de se révéler autant durant ces cours y est pour beaucoup. Les émotions soudent les êtres humains, c’est un fait. Je dois sans doute prendre un peu plus de recul, je m’implique énormément dans tout ce que je fais et étant donné que mon métier est un peu tout ce qu’il me reste dans mon quotidien, je fais en sorte de ne pas passer à côté. Mes enfants sont grands et font leur vie, ils n’ont plus besoin de moi de la même façon qu’avant. C’est un mal nécessaire pour qu’ils soient épanouis, je ne peux pas les couver comme quand ils étaient encore enfants, ils ont besoin de s’épanouir, autrement.
Chacun quitte le théâtre avec un au revoir différent, et je dois dire que ça me fait du bien de tous les savoir près de moi. J’aime ce sentiment d’unicité, qui ne dure que deux heures, mais c’est tout de même important, comme une soupape de sécurité qui permet de se libérer avant de retourner à notre vie à cent à l’heure.
Naturellement, Nina et moi nous rejoignons. Je lui intime de nous retrouver la semaine prochaine, je crois que c’est nécessaire, et qu’elle aurait vraiment à gagner à persévérer. Je le pense sincèrement. « Merci mais… enfin je crois pas avoir les moyens pour me payer des cours comme ça. Et tu es une très bonne professeur. » « Ne t’occupe pas des frais de scolarité… » Ils sont pour moi, et je refuse de lui laisser l’occasion de se défiler. Elle a du talent, ce serait dommage de le gâcher alors que je suis capable de faire quelque-chose pour elle. Je suis professeur ici, si le doyen me pose problème, je règlerais moi-même son semestre, on ne parle plus d’argent, ça la vexe. Je ne lui en propose pas, je m’occupe de tout, c’est différent. Je formule d’ailleurs à nouveau des excuses, je suis sincèrement désolée, pour tout ce qui a pu se passer, pour le mal que j’ai pu lui faire, mais certainement pas pour les nuits passées toutes les deux. Je ne me souviens que trop bien de la sensation de sa peau sur la mienne, de son regard plongé dans le mien… De ce que nous avons partagé. « C’est pas grave. Enfin j’veux dire, c’était perdu d’avance, on savait bien que ça rimait à rien tout ça. J’essaie de me dire qu’on a pris le meilleur. » « C’est marrant, j’arrive à rien me dire du tout. » Je baisse le regard moi aussi, je ne pense pas que ce soit perdu d’avance, je pense qu’on a la trouille, toutes les deux, et que si je me bats comme je le fais, je ne me rends pas compte de ce que ça impliquerait par la suite. « Ellen je… » Je relève mon regard sur son visage, si fin, si jeune surtout, et visiblement si embarrassé. « Tu me rends folle putain. » Je ne peux répondre à ça, mais mon ventre se tord, j’entrouvre les lèvres et puis me ravise, non, je ne peux rien dire, après tout ça ne serait pas une bonne idée. « Tu es sûre que c’est une bonne idée que je revienne la semaine prochaine ? » « C’est à toi de décider. Mais je pense que tu perdrais vraiment quelque-chose à renoncer. Si le souci vient de moi, je peux m’arranger pour que tu sois dans le cours de ma collègue. Ça ne change rien pour ta scolarité, je m’occupe de tout. Je veux simplement que tu réussisses, crois-moi, t’as tout à gagner. » Ca me fait mal de ne pas pouvoir insister, de devoir la diriger vers ma collègue mais je crois que j’y tiens assez pour ne voir que son bonheur, en tout cas voir le sien avant le mien. « Ne me regarde pas comme ça, s’il te plaît… Tu me manques. Je pensais pouvoir gérer ce genre de choses, mais j’en suis totalement incapable… » Je glisse une main sur ma propre joue pour masquer ma nervosité et attrape mes affaires. « Tu peux retirer un formulaire d’inscription à l’accueil. Bâtiment A, sur ta droite en sortant. » Je refuse un dernier regard, trop nerveuse et presse le pas vers la sortie…
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