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 Ce foutu monde machiste [Anthur #3]

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Andrea Manzonni
« hakuna matata »

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MessageSujet: Ce foutu monde machiste [Anthur #3]   Lun 25 Sep - 21:21


Arthur, mon rendez-vous d’hier soir, est dans le bureau de mon père à l’heure qu’il est, si tant est qu’il soit ponctuel. Mais je ne doute aucunement du fait qu’il sache mettre en avant toute qualité pour se faire bien voir. Il voulait sans doute cet entretien mieux que personne avant lui et mérite sa chance. Rien en dit que ça mènera à quoi que ce soit, mais je dois au moins reconnaître avoir passé une bonne soirée hier. Un excellent dîner, une discussion qui donne du fil à retordre et du grain à moudre, en rentrant le soir, en y repensant. C’est un homme plein d’esprit, mystérieux, charmant et charmeur, quoi qu’il veuille bien en dire. Je ne suis pas ce qui se fait de plus docile, je le conçois et je crois ne pas lui avoir laissée grande marge de manœuvre au début du dîner, et encore moins à la fin vu comme j’ai dû écourter notre échange. Mon père a le don de foutre en l’air toute once de légèreté dans mon comportement, comme si je devais me sentir forcément coupable de tout ce qui peut me sortir de mon boulot une fois ma journée fini. Comme si ma seule fonction n’était pas celle d’être sa fille, mais de devenir le visage juridique de son empire.
Rien n’est toléré, et je suis prête à parier que mon père est en train de juger l’homme et non pas le bosseur qu’il est. Son CV ne l’impressionnera pas, ce qu’il veut en face de lui, c’est un homme fidèle. Mais à lui, pas à sa fille. A partir du moment où son physique est plutôt peu ingrat et susceptible de me plaire, il n’a plus aucune confiance en mon jugement. Ça a toujours été comme ça, il ne conçoit pas qu’une femme soit aussi solide qu’un homme face à ses hormones. On devrait plutôt parler de ses maîtresses, de ses secrétaires qui changent toutes les semaines parce qu’il s’en est lassé. Ma mère, de son côté, est pleinement au courant et s’adonne toute entière à travailler durement ses étirement de yoga, son revers au tennis ou quoi que ce soit qui nécessite un coach ou un artiste.

Je ne parviens pas à me concentrer et préfère mettre fin à ma torture en refermant mon ordinateur pour aller me chercher une tasse de café dans la salle commune. J’ai une machine dans mon bureau, mais il me faut marcher, prendre l’air aussi vite que possible. Je surveille l’heure au mur, 10 h… Si mon père a eu le bon goût de le prendre au sérieux, Arthur est encore dans son bureau et il n’a pas intérêt à se planter face à lui parce que c’est moi qui recevrait les brimades pour avoir osé accorder un tant soit peu d’importance à une belle gueule sans intérêt. Mais c’est sans compter sur la franche camaraderie qui semble déjà les lier, quand ils sortent tous deux de son bureau, en se serrant la main. Je les observe d’un œil distrait, Arthur est vraiment très fort… un as de la psychologie humaine, un maître. « Alors je vous dis à très vite Arthur. Et ne partez pas comme ça, demandez à ma fille de vous servir un café. Sur votre droite. » Il m’a pris pour la stagiaire en plus ? Sans Arthur dans les parages, je lui aurais dit haut et fort ne pas être sa boniche, que je ne suis ni stagiaire, ni secrétaire. Mais ça, ça reste dans le cadre familial, et il est hors de question que ça ne transparaisse en dehors de ces conditions. Je fais mine de rien et tourne le dos à la porte vitrée qui donne sur la pièce réservée au personnel. Quand il tape quelques coups à la porte, je me retourne. « Oh, bonjour Arthur. » Toujours aussi fermée. Je crois qu’il vient de marquer des points auprès du paternel et j’en suis plutôt contente, mais ça devient automatiquement une histoire d’homme quand il s’agit de mon père. « Mon père attend de moi que je vous serve un café pour clôturer l’entretien, c’est ça ? Vous êtes un chanceux. » Parce que ça veut dire qu’il apprécie sa compagnie. Rien ne dit quelle sera sa décision, mais au moins, il a le mérite de le faire réfléchir.
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Arthur Ross
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: Ce foutu monde machiste [Anthur #3]   Jeu 28 Sep - 0:06

Dans quatre minutes il sera neuf heure et je me présente à la secrétaire de Monsieur Manzonni en personne. Elle annonce mon arrivée par un rapide coup de téléphone et m’invite à attendre que le propriétaire de la compagnie me reçoive. J’ai hâte de voir ce fameux grand financier à l’ambition débordante. En fait ça m’a toujours fasciné ces gens à qui il en faut toujours plus, ils ne vivent que par et pour l’argent, leurs dents rayent les plus beaux parquets mais au bout du compte leur fin sera la même que n’importe quel autre être humain sur cette planète. Ayant rencontré sa fille je me doute que le bonhomme ait un caractère bien trempé, du genre à ne pas trop faire de concession et affirmant chaque instant la place qu’il tient ici mais aussi dans le monde qui est le sien. Je n’ai finalement que peu de temps pour tenter d’imaginer mon interlocuteur puisque je suis rapidement invité à me diriger vers son bureau où il m’attend. Je me mets dans la peau de mon personnage, un moi qui serait un féru d’affaires immobilières rentables et pourrait vendre une climatisation à un esquimau. Je frappe à la porte en bois massif qui se dresse devant moi, elle s’ouvre quelques secondes plus tard sur un homme à la stature moins imposante que je ne l’imaginais. Costume hors de prix, montre et chaussures de la même gamme, un étalage de richesse. Sans grande surprise sa poignée de main est ferme, mais pas écrasante, signe qu’il est prêt à écouter ce que j’ai à raconter. L’entretien se déroule au mieux, le comportement du père est beaucoup moins subtil que celui de sa fille, il ne s’embarrasse pas à adopter une certaine attitude de façade, il est déjà au sommet de son empire. Il est facile pour moi de cerner le personnage et d’adapter mon comportement afin de marquer des points. Je lui ai fait bonne impression, le courant passe bien, cependant je reste conscient que ça ne signifie pas embauche pour autant. Sourire aux lèvres, plutôt satisfait je prends congé après que le patron des lieux m’ai indiquer de réclamer un café avant de partir.
Docile, mais surtout curieux de voir l’avocate je me dirige vers ce que je présume être une salle de pause ou plus exactement un salon. Je tape à la porte pour signifier ma présence et Maître Manzonni se retourne, sa mine est fermée elle a remis son masque d’impassibilité. « Bonjour, Maître. » répondis-je avec un sourire courtois m’avançant en direction de la machine à expresso. La jeune femme de tarde pas à lancer l’assaut m’interrogeant sur la volonté de son père. Elle dit cela d’un ton un peu grinçant, quand bien même c’est un bon point pour moi. « Il m’a effectivement soumis l’idée de prendre un café avant de repartir. Mais je suis un grand garçon. » joignait le geste à la parole je prends un gobelet en carton, une dosette de café et utilise la machine pour me préparer ma boisson. « L’idée de réclamer un café à l’avocate de la compagnie me semble un peu fantaisiste. » ajouté-je alors que le liquide chaud coule. « Si vous avez anticipé c’est soit que vous avez entendu, soit que c’est une habitude. » fais-je remarquer avant de récupérer mon gobelet. Je pense que les relations entre le père et la fille sont peut-être un peu tendues, mises sous le joug de la réussite et des enjeux financiers. Il n’est pas impossible que je me trompe, mais j’ai comme l’impression que la jeune femme est agacée par cette position dans laquelle elle a été mise. « Et puis je ne veux pas prendre le risque que vous partiez sans même finir de me servir. » regard malicieux à l’appui je fais référence à son départ précipité de la veille. C’est de bonne guerre, non ?
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: Ce foutu monde machiste [Anthur #3]   Jeu 28 Sep - 19:20


Mon père est un maître dans l’art de gérer ses relations sociales en fonction de ce qu’elles lui apportent. Aucune relation désintéressée, encore moins avec sa famille. Ses enfants, enfin surtout moi, étant donné que je suis la seule légitime, n’ait aucun droit de déroger aux règles primaires de la famille Manzonni. A savoir le travail, la réussite et surtout l’argent. L’afficher n’est pas une option, on doit savoir de qui je tiens et se rappeler du nom que je porte, parfois même le craindre, il préfère. Je ne crache pas sur l’effet que je fais sur mes pairs, au contraire, j’aime les regards en coin au tribunal ou voir la partie adverse fumer clope sur clope devant le palais de justice en sachant que le procès sera un carnage. Ecraser l’autre n’est pas mon plaisir, mais gagner l’est, obtenir plus que prévu l’est aussi. Entendre mon père me présenter à ses collaborateurs en ventant fièrement mes capacités en est un aussi. Je n’ai pas attendu après lui pour reconnaître mes qualités professionnelles mais j’ai été formée en ce sens. Destinée à apporter ma pierre à l’édifice qu’est notre grande famille, ou que dis-je, notre clan.
« Il m’a effectivement soumis l’idée de prendre un café avant de repartir. Mais je suis un grand garçon. » « Ravie de l’entendre. » Un peu sèche. « L’idée de réclamer un café à l’avocate de la compagnie me semble un peu fantaisiste. » « Vous êtes toujours aussi brillant. » Encore une fois, à la limite de l’amabilité. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de l’agresser, il ne mérite pas tout ça. Il est même plus respectueux que ne l’est mon propre père. C’est le monde à l’envers. « Si vous avez anticipé c’est soit que vous avez entendu, soit que c’est une habitude. » « Sauf que d’habitude je les fous aussi dehors. » Petit sourire carnassier. Histoire de lui montrer que je suis encore celle qui tient la barque. Mais qu’est-ce-qui me prend ? Je n’ai plus rien à défendre ici. « Et puis je ne veux pas prendre le risque que vous partiez sans même finir de me servir. » Petit con qu’il est, provocateur et ce qui se fait de mieux ! J’aurais pu l’envoyer se faire foutre, c’est comme ça que je réagis d’habitude mais je dois reconnaître que lui ne le mérite pas. « J’ai dû partir… précipitamment. Le boulot. » Je tente de me donner une contenance, et ne baisse pour autant pas les yeux, les posant plutôt sur son gobelet de café. « Il est meilleur chez Starbuck, malgré ce qu’en dit mon père. Venez. » Il a l’air surpris. « Je vous dois un café, non ? Alors venez ! » Toujours aussi directive, je prends les devants et attrape mon trench dans mon bureau avant de filer, mon sac à main sur l’épaule. Je presse le pas une fois au bas de l’immeuble et il a sans doute dû prendre l’ascenseur suivant étant donné que je ne lui ai même pas laissé le temps de prendre le même que moi. Sur mes talons, je suis toujours moins rapide que lui à plat. Et puis après tout, c’est un homme plein de ressources non ? Il me rattrape au milieu de la rue et parviens même à ouvrir la porte du café avant que je n’ai eu le temps de le faire moi-même. Les mains dans les poches de mon trench, je prends place dans la file d’attente. « Qu’est-ce-que vous prenez ? »
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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: Ce foutu monde machiste [Anthur #3]   Ven 29 Sep - 11:37

Je ne sais pas si l’attitude de l’avocate est un effet de zèle ou juste de la mauvaise humeur mais elle me répond des plus sèchement. Pas que je m’attendais à une franche camaraderie mais elle est presque encore plus froide qu’à notre première rencontre. Sûrement le coup du café qui ne passe pas, ce que je peux comprendre. Ça doit être vexant d’être un vrai requin des tribunaux, une avocate reconnue et savoir que son propre père vous relègue à servir le café à un type même pas encore engagé et qui ne le sera peut-être jamais. Je ne me place pas en ennemi, je me rallie même à sa cause en quelque sorte mais c’est apparemment sans effet. Je finis par mettre les pieds dans le plat, demander si se faire servir le café par Maître Manzonni en personne est une sorte de tradition dans cette boite. La réponse de la jeune femme est sans appel, je peux donc m’estimer chanceux de ne pas m’être retrouvé dans l’ascenseur après avoir pris un coup d’escarpin au cul. La scène pourrait être cocasse. Mon éducation m’empêche de m’abaisser à quémander un café comme le premier macho venu le ferait. Ma mère, bien que mariée à un militaire gradé avec son lot de principes, a toujours été un femme indépendante. J’ai été élevé ainsi, dans le respect de l’égalité des deux sexes et toute bravade de cela m’aurait valu des réprimandes que je craignais plus que celles de mon père. Me servant ma boisson moi-même je ne manque cependant pas de faire une petite remarque sur son départ précipité de la veille. Son regard change pendant un instant, ma petite provocation lui déplait et c’est bien le but. J’attends une réplique cinglante, mais au lieu de ça j’obtiens une vague justification. Le boulot ? A vingt deux heures ? Esclavagisme moderne…
Un regard vers le gobelet dont je viens de me saisir, l’avocate m’indique que le café est meilleur au Starbuck. C’est une invitation ? Je reste un instant surpris, elle insiste en quelque sorte et je finis par acquiescer. Je ne vais pas refuser cette généreuse offre, ça pourrait la vexer et puis je n’ai pas l’impression d’avoir vraiment le choix. Je ne tiens pas à mourir électrocuté par son regard perçant, quoi qu’elle a déjà tourné les talons le temps que je pose le gobelet plein et sorte de la pièce à mon tour. Je la vois déjà au bout du couloir, elle s’engouffre dans l’ascenseur sans m’attendre, évidemment. Je prends le suivant et la rattrape seulement dehors, la devance et ouvre la porte du Starbuck avant qu’elle n’ai à le faire. Elle la joue Reine de Saba, passe devant moi sans un merci et se place dans la file d’attente. Ça me fait sourire, j’apprécie son tempérament. Je la rejoins et l’avocate m’interroge sur mon choix « Choisissez pour moi. » j’esquisse un sourire « Je ne plaisante pas. » ajouté-je devant sa mine perplexe « Je suis curieux de savoir ce que vous allez me faire boire. » je prends le risque que ce soit un truc infecte choisit spécialement pour me faire payer mon audace, ma provocation, ma belle gueule et la pseudo complicité avec son père. Bref une vengeance pour tout un tas de raisons qu’elle aurait de croire qu’il faut m’en vouloir. La jeune femme passe commande et une fois nos boisson servies me tend celle qui est la mienne. « Le temps étant de l’argent est-ce que nous devons boire en nous brûlant ou vous êtes encline à ce que l’on s’assoit ? » je la regarde dans les yeux, elle a besoin d’une pause je crois et prendre quelques minutes ici lui fera du bien. « Dure matinée ? » demandé-je en arquant un sourcil.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: Ce foutu monde machiste [Anthur #3]   Ven 29 Sep - 15:07


Je ne suis aucunement aimable avec le nouvel homme de confiance de mon père. Parce que ça finira comme ça. Il embauchera un petit jeune plein d’esprit, et il en fera son poulain, et moi je crèverais sans doute en m’étouffant avec ma jalousie, mal placée ou pas, je n’en n’ai pas grand-chose à foutre, tout ce que je vois c’est que ça ne me plaît pas. Je pense qu’Arthur serait un réel atout pour notre boite s’il consent à faire parfois quelques sacrifices, du genre à savoir la fermer quand il faut et utiliser nos méthodes quand il n’y a pas le choix. Je sais qu’il en sera capable, il a l’air assez doué pour ce qui est de s’adapter. Mais s’il croit que je n’ai pas vu son petit air hésitant quand je lui parle de boulot à 22 h… il ne doit pas savoir ce que c’est que de rendre des comptes à son père à mon âge. Patron, père… en fait tout ce qui lui manque à mon patriarche, c’est un fils. Il n’a pas été foutu d’en faire un à ma mère, qu’y puis-je ? Peut-être que le prof de Tennis aurait été plus doué, lui…
Trêve de rêveries, je malmène mon potentiel futur recruté en le faisant cavaler, et même là il arrive à me surprendre en m’ouvrant la porte. Je ne peux réprimer un sourire en coin, et ne daigne même pas lui accorder un regard avant qu’il ne me rejoigne dans la file d’attente. « Choisissez pour moi. » Je lui lance un regard, il veut se foutre de moi ? « Je ne plaisante pas. » En plus il s’entête ! « Je suis curieux de savoir ce que vous allez me faire boire. » « Vous n’avez vraiment peur de rien. Ce n’est plus du courage, c’est de l’inconscience. » Personne ne fout en l’air mon petit déjeuner, et encore moins mon Starbuck, règle de base. J’ai jeté comme il se doit le petit stagiaire de la dernière fois pour avoir fait rajouter du lait de soja à mon café. Je donne les prénoms, à savoir Andy et Arthur et une fois les gobelets récupérés du côté chaud du comptoir, je lui tends le sien. « Le temps étant de l’argent est-ce que nous devons boire en nous brûlant ou vous êtes encline à ce que l’on s’assoit ? » Je jette un coup d’œil à l’immense pendule de la salle et soupire, il me faut tout de même asseoir une réputation de chieuse. Je ne voudrais pas en déroger. « OK mais rapidement. » Je lui désigne une table d’un coup de tête et lui fait signe d’aller s’asseoir en récupérant les boissons pour aller les déposer sur le comptoir des condiments. Je rajoute à son café latté un peu de cannelle et du sucre. Je viens me rasseoir face à lui après avoir plongé une dose de sirop d’érable dans mon café noir. « Dure matinée ? » « Etant donné qu’il n’est même pas 10 h et que je joue déjà les boniches, oui, c’est une belle matinée de merde, on peut dire ça. » Je ne suis jamais plus à l’aise que dans un tribunal, là, j’exulte et femme ou pas, je suis reconnue et respectée par mes pairs. « Vous tenez vraiment à ce poste ? » Je bois une gorgé de mon café, il est brûlant, mais qu’importe. Quand il porte le sien à ses lèvres, je scrute ses réactions. « Alors, qu’est-ce-que le grand expert de la psychologie que vous êtes pense que ça dit de moi ? » D’avoir fait ce choix pour lui.

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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: Ce foutu monde machiste [Anthur #3]   Sam 30 Sep - 14:47

Un goût prononcé pour le risque ou l’inconscience, c’est du pareil au même. Je hausse les épaules, décidé à m’en remettre au choix de l’avocate pour ce qui est de ma boisson. Je reste même en retrait alors qu’elle passe la commande afin d’avoir la surprise quand je goûterai. Malgré sa froideur je ne suis pas certain qu’elle en ai après moi, du moins pas totalement. Une chose est sûre en revanche c’est que Maître Manzonni est plus sympathique après un petit verre de saké et quelques délicieux sushis. Mais je ne me formalise pas de son attitude, ce n’est pas mon genre et j’en ai vu d’autres. Loin de moi l’idée de lui imposer quoi que ce soit, ainsi je propose que nous nous asseyons seulement si elle juge que nous en avons le temps. Enfin elle surtout, parce que moi à part attendre de savoir si mon petit numéro a été assez convaincant ou pas, je n’ai pas grand chose de prévu. L’avocate marque un court temps d’hésitation, pesant sûrement le pour et le contre de chaque option puis finalement désigne du regard une table libre. Elle m’invite à aller m’y installer mais récupère ma boisson, je la laisse faire, intrigué par la touche finale qu’elle va apporter à mon café. Je m’assois et ne peux m’empêcher de l’observer, elle est contrariée ça ne fait aucun doute. La jeune femme me rejoint, je l’interroge sur sa matinée et sa réponse me fait sourire, pas que je me réjouisse qu’elle passe un mauvais début de journée mais je suis satisfait d’avoir vu juste. Je m’apprête à enfin goûter ma boisson surprise quand elle me demande si je tiens au poste auquel je viens de faussement postuler. Je hoche la tête « C’est comme quand je pose une question, si je fais quelque chose c’est parce que j’en ai envie et que j’y trouve une motivation. » ça ne répond pas exactement à la question comme je suppose qu’elle l’aurait souhaité mais elle devra se contenter de ça.
Je goûte mon café, il est très chaud mais pas autant que je l’aurais cru. Inévitablement je me sens observé par l’avocate et à peine ai-je débuté l’analyse de ce que je bois qu’elle m’interroge, non sans une pointe d’ironie. Je plante mon regard dans le sien et esquisse un sourire « Qu’en dépit des apparences vous ne m’en voulez pas. Du moins pas assez pour avoir envie de me faire boire quelque chose d’horrible. Mais à la fois vous ne connaissez pas mes goûts et j’aurais pu détester la cannelle. » je hausse les épaules « Ce qui n’est pas le cas. Je note aussi que vous avez rajouté du sucre, c’est vous que vous radoucissez ou le café ? » j’arque légèrement un sourcil et bois une nouvelle gorgée « Le latté est un bon choix. » ajouté-je. D’un regard je désigne sa propre boisson « Et qu’est-ce que vous buvez ? » c’est plutôt ça qui pourrait me permettre de me faire une idée plus précise de qui est Andréa Manzonni, bien que je n’accorde que peu de crédit au « dis moi ce que tu bois je te dirai qui tu es », car encore une fois tout est une question de contexte, d’humeur… sauf si elle commande toujours la même chose, dans ce cas ça peut-être un peu plus révélateur mais ça je ne suis pas encore en capacité de le savoir. « Arrêtez d’y penser. » elle pose sur moi un regard interrogateur « A cette histoire de café… votre père. C’était pour le folklore. ».
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: Ce foutu monde machiste [Anthur #3]   Sam 30 Sep - 16:10


Je dois reconnaître que la perspective de prendre une pause hors du bureau après le coup de mon père me fait du bien. Même si cela inclus par la force des choses Arthur et son cynisme. Je me fais à celui de mes clients, je peux au moins me faire au sien. Enfin dans d’autres circonstances ça aurait été plus facile. Je ne crois pas que ce soit si facile pour lui d’obtenir ce poste et encore moins ma sympathie, cependant je me rends compte que nous ne sommes pas si incompatibles que ça. Nous arrivons à échanger un dialogue et il a même la patience de me proposer de me calmer dans un endroit neutre. Je ne suis pas idiote, je sais lire entre les lignes, il veut me donner quelques minutes avant d’avoir à entrer dans l’arène pour le reste de la journée. « C’est comme quand je pose une question, si je fais quelque chose c’est parce que j’en ai envie et que j’y trouve une motivation. » « Alors quand vous aurez le poste, ce sera à moi de vous inviter à vous démonter la tête à coup de Martini, juste pour prendre un peu d’avance. » Sur le calvaire qu’il va devoir vivre ! La pression du chiffre, la confidentialité, la reconnaissance qu’il n’obtiendra qu’au lance pierre et des années plus tard. Ou alors autre cas de figure, mon père le prend pour le fils prodigue, et adieu vie privée. J’espère qu’il aime le célibat et que c’est un bosseur parce que sa vie se résumera à un triste coup d’un soir quand il aura le temps de se faire une boite dans les quartiers les plus branchés aux frais de la princesse. Mais il ne répond qu’à moitié et il n’a de toute façon jamais fait que ça. « Qu’en dépit des apparences vous ne m’en voulez pas. Du moins pas assez pour avoir envie de me faire boire quelque chose d’horrible. Mais à la fois vous ne connaissez pas mes goûts et j’aurais pu détester la cannelle. » « Je n’ai plus 5 ans… Et puis j’aime prendre des risques. La vie est assez fade comme ça. » Pas la mienne, mais celle de la société en générale. Métro, boulot, dodo, fin de l’histoire, quelle angoisse ! « Ce qui n’est pas le cas. Je note aussi que vous avez rajouté du sucre, c’est vous que vous radoucissez ou le café ? » « Vous croyez qu’une dose de sucre suffit à me radoucir ? Vous n’avez aucune psychologie féminine. » Je ris pour moi-même, légèrement, et bois une gorgée de café pour ne pas avoir à en répondre d’avantage. « Le latté est un bon choix. » « Mais ça n’aurait pas été le vôtre. » Je crois que je le comprends à sa façon de le dire. Je suis très observatrice moi aussi. « Et qu’est-ce que vous buvez ? » Je lui tends mon propre café et lui propose de gouter par lui-même. Reste à savoir s’il a le palais aussi fin que son humour. Je détourne ensuite le regard pour croiser les bras sur la table, perdue dans mes pensées. « Arrêtez d’y penser. » Lance-t-il en me rendant mon café en le faisant glisser sur la table. Je l’interroge du regard. « A cette histoire de café… votre père. C’était pour le folklore. » « Comprenez qu’en me tapant des journées de 16 h, en obtenant ces résultats et en me dépassant autant que je peux, le folklore, je commence à en avoir un peu plein le dos. » Je bois la moitié de mon café d’une traite et le pose un peu violemment sur la table. « Mais ne vous inquiétez pas pour ça. Dans l’idée où vous nous offrirez vos services, vous ne craignez rien, vous êtes un homme. » Je sors mon paquet de clopes et me rappelle que je ne peux fumer ici. « La seule chose que mon brillant paternel a raté, c’est sa descendance masculine. » Je joue à faire taper mon briquet contre la table. « Et puis je ne sais même pas pourquoi je vous raconte tout ça, vous avez terminé ? » Envoyant le reste de mon café d’un coup de tête en arrière avant de me débarrasser du gobelet dans la poubelle la plus proche de la porte, je n’ai même pas pris le temps de retirer mon trench.

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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: Ce foutu monde machiste [Anthur #3]   Sam 30 Sep - 17:19

Me démonter la tête à grand renfort de Martini ? Wow, c’est ça manière de me flatter le boulot qui m’attend ? Parce qu’on dirait plutôt une mise en garde, un avertissement. Je ne me fais pas d’illusion, dans ce genre de boite les chèques sont gros mais l’argent a un prix, celui de la vie que l’on ne mène pas tant que l’on se démène pour ramener toujours plus au grand patron. En terme de vie particulière je suis plutôt bien servi avec ma réelle occupation, mais au moins j’ai l’impression d’avoir une vraie utilité autre que celle d’enrichir grassement quelqu’un qui est déjà bien assez riche. A mon échelle c’est plutôt des affaires d’Etats dont il est question, mais il est toujours question d’argent à un moment où un autre. Nous sommes cernés. A entendre l’avocate parler ainsi j’ai presque envie de croire qu’elle est lasse de cette pression, même si d’un côté elle y trouve son compte et de la reconnaissance. Quoi que peut-être pas autant qu’elle le souhaite. Une chance pour moi, la jeune femme n’a pas cherché à m’empoisonner avec une boisson infecte, elle argumente ne plus avoir cinq ans et c’est tout à fait recevable. Pour autant une société peu vite avoir des allures de cour de récréation, alors… Je poursuis ma petite analyse, lui parle du sucre et sa répartie fait mouche une nouvelle fois, elle ne laisse rien passer c’est admirable. J’aime ça les discussions avec du relief, pimenter par une interlocutrice qui ne manque pas de répondant. Je laisse planer le mystère quand au fait que j’aurais pu commander un latté ou non, mais je crois que l’avocate à su lire entre les lignes. Elle est de plus en plus intéressante. Avide d’en savoir plus je l’interroge sur sa boisson, sa seule réponse est de tendre son café dans ma direction afin que je le goûte, ce que je fais. « Petit hommage au Canada, c’est étonnant pour une américaine. » plaisanté-je, mais elle ne m’écoute pas, perdue dans ses ruminations.
Je rends son café à Maitre Manzonni et lui conseille de laisser couler cette histoire de café que son père voulait la voir m’offrir comme si elle était une vulgaire assistante. C’est sans compté sur l’importance que cela représente pour l’avocate, j’en prends d’avantage conscience quand elle me répond. Son agacement est palpable, et elle vide un peu son sac. La nervosité prend alors le dessus, elle se saisit de ses cigarettes, les mains légèrement tremblantes et avec amertume me largue une confidence sur sa famille. Prenant conscience de ce qu’elle est en train de dire la jeune femme se cherche une issue. Elle termine son café d’une traite, pour ma part je n’ai pas terminé mais c’est l’avantage d’une boisson à emporter c’est par définition que l’on peut partir avec. Je la rejoins à la porte, et aussitôt dehors elle allume sa cigarette. « Je ne vais pas vous dire que je comprends puisque de toute évidence je ne suis pas une femme et encore moins à votre place, donc je ne peux pas comprendre. » je sirote mon café, j’ai horreur de boire à toute vitesse. « En revanche je suis désolé que cela vous contrarie. » je fronce légèrement les sourcils « Ne vous méprenez pas, ce n’est pas de la compassion mal placée. C’est purement intéressé. Si vous êtes de mauvais poil il y a de forte chance que je passe un sale quart d’heure. » dans mon regard transparait une pointe de malice « Bien que votre compagnie ne soit pas désagréable quand bien même vous vous montrez des plus expéditives. ». Je regarde ma montre, il n’y a pas si longtemps que nous avons quitté les bureaux de la compagnie « Allons marcher. » elle me regarde comme si j’avais dit la plus grosse connerie qui soit « Ça va, ne me regardez pas comme ça. Juste dix minutes. Vous en avez besoin, ne dites pas le contraire. » je désigne du regard le parc de l’autre côté de la rue « Allez. Venez je vous dis. » et profitant que la circulation nous permette de traverser je pose une main dans son dos pour l’inviter à me suivre.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: Ce foutu monde machiste [Anthur #3]   Sam 30 Sep - 18:16


« Petit hommage au Canada, c’est étonnant pour une américaine. » Je ne l’écoute plus mais je lui aurais sans doute répondu que même très attachée à mes origines premières, je suis avant tout citoyenne du monde, l’ayant parcourus de nombreuses fois durant l’été, les vacances ou pour affaires. Et je dois avouer que c’est encore à New-York que je me sens le plus chez moi. Ce sont mes repères, est-ce pour autant dû à mon éducation ? Se rassurer par ce qui est familier ? Je n’ai pas beaucoup de racines, ça doit venir de là.
J’ignore si lui-même a eu l’occasion de faire le tour du monde mais ça m’a tout l’air d’un homme cultivé et capable de comparer plusieurs modes de vie. S’il a eu à s’adapter, c’est sans doute qu’il a dû changer d’air à un moment ou à un autre. Et je ne sais pas où il se sent le mieux, mais je suis prête à parier que ce ne sera pas dans nos bureaux. Le boulot est le fondement de ce que je suis, mon travail est mon pass social, j’en ai besoin et j’adore ce que je fais, reste à savoir comment c’est perçu et sans le manque d’encouragements ou encore de reconnaissance de mon père, je crois que j’aurais tout pour être heureuse.
Je sors, le devance, j’ai trop besoin d’une clope, je ne peux plus me retenir et il faut avouer que je n’en n’ai pas la moindre envie. J’essaye de diminuer ma consommation, mais je crois qu’on va remettre ces bonnes résolutions à plus tard, on est d’accord ? Ce n’est pour le moment pas le moment ! « Je ne vais pas vous dire que je comprends puisque de toute évidence je ne suis pas une femme et encore moins à votre place, donc je ne peux pas comprendre. » « Non, vous ne pouvez pas comprendre. » Sèche et cassante, sans un regard. Je lui demande donc de ne pas rajouter le moindre commentaire, même si tout ça est implicite, je sais qu’il peut comprendre. Mais pensez-vous qu’il se taise pour autant ! « En revanche je suis désolé que cela vous contrarie. » « Je n’ai pas besoin de votre compassion. » Je n’ai aucune envie de m’en prendre à lui, mais il est juste là, il s’en prend plein la tête et a l’air d’y prendre un certain plaisir. « Ne vous méprenez pas, ce n’est pas de la compassion mal placée. C’est purement intéressé. Si vous êtes de mauvais poil il y a de forte chance que je passe un sale quart d’heure. » « Vous êtes en ligne de mire, mais ça a plutôt l’air de vous satisfaire. » A sa place, je me serais sans doute congédié moi-même. Pas que je veuille qu’il le fasse mais je l’aurais compris et je n’aurais jamais eu sa patience, je n’en n’ai aucune ! « Bien que votre compagnie ne soit pas désagréable quand bien même vous vous montrez des plus expéditives. » « Excusez-moi, mais, vous me draguez ? » Les bras croisés, ma cigarette qui se consume, et moi qui suis obligée, même sur talons, de lever la tête pour croiser son regard en fronçant les sourcils pour l’interroger. « Allons marcher. » J’écarte les bras, d’un air de lui demander ce que peut bien être son problème, il n’a pas compris que je n’avais pas le temps de m’amuser ? « Ça va, ne me regardez pas comme ça. Juste dix minutes. Vous en avez besoin, ne dites pas le contraire. » Je reste coite et sans voix, ça, il faut le noter, ça n’est tellement pas souvent. « Allez. Venez je vous dis. » Et en plus il me pousse pour que je le suive, bon, le plus délicatement du monde, OK. « Vous êtes en train de me dire ce que je dois faire là ? » Je pose la question, on ne sait jamais que je sois de mauvaise foi ! Je trottine presque pour le rattraper et je déteste ça. « Sérieusement, avec les femmes, ça marche ? » Levant la tête vers lui, telle la peste que je suis. Non, parce que je ne fais pas partie de celles qui aiment être dirigées. Et encore moins par un mec qui n’est même pas encore employée dans ma boite ! « Vous allez jouer de la psychologie de comptoir, et essayer de me faire croire que vous pouvez changer les choses ? Ou bien que tout n’est que ma volonté propre, celle-là aussi elle est pas mal. » Le laissant m’entrainer dans le parc. « Et puis ne me dites pas que vous jouez les nounous par plaisir, et je ne crois pas non plus que vous craignez mon humeur, vous êtes le genre de mec que rien ne perturbe. Alors c’est quoi votre souci ? » Non, clairement, je ne me tais pas souvent.
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Arthur Ross
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: Ce foutu monde machiste [Anthur #3]   Sam 30 Sep - 21:31

Le fait de parler ne serait-ce qu’un tout petit peu de l’objet de sa contrariété semble rendre l’avocate particulièrement nerveuse. Plus sèche encore elle me fait bien comprendre qu’elle ne veut pas d’une pseudo compassion. Point sur lequel je la rassure non sans un léger trait d’humour qui ne prend pas. Apparemment ce sujet est une corde sensible, vraiment sensible. Il m’est assez facile de faire le lien entre l’éducation que la jeune femme a reçu dont elle parlait durant le diner et les problèmes qu’elle semble avoir avec son père. Pas besoin d’être psy pour comprendre qu’il y a sûrement quelques blessures là dessous, dans d’autres circonstances, si j’avais été là pour mettre leur société en déroute par exemple, j’aurais pu m’en servir. Présentement je ne retire de ma petite observation que de percer un peu plus le mystère qu’est cette autoritaire et séduisante avocate. Elle a l’air de s’étonner que je sois encore là malgré son humeur « Mon petit côté maso j’imagine. » lâché-je avec un petit sourire avant d’ajouter que sa compagnie n’est pas si désagréable. Et voilà qu’elle remet sur le tapis cette histoire de séduction, forcément j’échappe un rire « Non. Mais vous aimeriez bien. » mon audace n’est plus un secret et mon sens de la provocation non plus. « Si un jour je vous drague Maitre Manzonni, vous le saurez tout de suite. » elle me semble assez observatrice et subtile pour être en mesure de le voir. Ma compassion n’était pas si fausse, j’ai peine à la voir si tendue et ça ne me ressemble pas. Ou plutôt ça me ressemble à moi et pas tellement aux personnages que je campe habituellement. Je propose que nous allions marcher et sans surprise me heurte à l’incompréhension de la jeune femme. La preuve elle ne répond rien et c’est assez rare pour être noté.
Je l’invite à me suivre, forcément avec un tempérament comme le sien elle prend cela pour une sorte de directive. Je lève les yeux sans ralentir le pas et souris quand l’avocate me rattrape, bon point pour moi. « Vous en êtes une, dites le moi. » répliqué-je du tac-o-tac à sa question suivante, elle m’amuse bien plus que je ne le pensais. Nous arrivons à hauteur d’une des entrées du parc, l’avocate proteste et à vrai dire je ne l’entends mais ne l’écoute plus vraiment. J’ai l’oreille sélective quand ça s’avère nécessaire, ce qui présentement est le cas. On dirait bien que la faire sortir de sa zone de confort la rend encore plus apte à combler les blancs. Je crois qu’elle n’aime pas le silence. Lorsque la jeune femme se tait enfin je la regarde « Vous devriez vous écouter d’avantage. » car ce qu’elle a dit en voulant singer mon raisonnement est la preuve de sa lucidité sur la situation. Je hausse les épaules « En fait je veux juste marcher dans le parc avec vous. » un sourire en coin étire mes lèvres. Je ralentis un peu le pas alors que nous foulons l’allée principale qui fait le tour du parc « Est-ce que c’est un souci ? » demandé-je avec détachement « Parce qu’effectivement ça ferait de moi le genre de mec à avoir un souci, mais dans le cas contraire… ». Je prends une inspiration plus profonde et soupire « Mais vous avez raison sur un point, je ne crains pas votre humeur. C’est la votre. » et quand bien même elle passe un peu ses nerfs sur moi je sais qu’au fond c’est elle que ça impact le plus d’être si irritée par le comportement de son père. Soucieux de respecter ma parole, je nous fais couper par des allées annexes pour que ce petit tour ne dure pas plus des dix minutes indiquées.
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Andrea Manzonni
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: Ce foutu monde machiste [Anthur #3]   Sam 30 Sep - 22:36


« Non. Mais vous aimeriez bien. » « Vous croyez que j’ai besoin de ça ? » Franchement, il pense que les hommes ne me courent pas après ? Bon, au fond de moi je consens à accepter qu’il pourrait me plaire. Je ne saurais dire pourquoi. Sa plastique évidemment mais ils sont tous beaux et au sourire ravageur, mais lui, il a plus que ça. Je dirais un esprit particulier, une façon de penser totalement indépendante de tout ce qui peut m’être familier, c’est aussi déroutant qu’intéressant. « Si un jour je vous drague Maitre Manzonni, vous le saurez tout de suite. » « J’espère pour vous que je saurais m’en rendre compte parce que sinon, bonjour la réputation. » Je l’assassine d’un rictus. Il me fait comprendre qu’il est assez doué dans son genre, alors si je réussi à passer à côté, je dis bonjour le playboy ! Mais je suis pour autant persuadée que ce n’est pas le genre à l’ouvrir pour l’ouvrir, il raconte beaucoup de choses, mais reste pourtant fidèle à tout ce qu’il a pu me dire sur lui.
Et son petit numéro de mec qui dirige là, il croit que ça fonctionne ? Bon, je suis tout de même obligée de la suivre, mais je ne suis pas sûre que ça se reproduise ! « Vous en êtes une, dites le moi. » « Et bien je vous le dis, ça m’énerve. » Et ça ne marchera pas sur tout le monde. « Vous aurez peut-être une chance avec les cruches sans cervelles, ceci-dit. Celles chez qui le déficit de personnalité est assez affligeant. » Le genre putes à diamants, qui gloussent et qui sont perchées sur 30cm de talons. Oui, j’exagère, et alors ? Il y a quelqu’un pour m’empêcher de penser aussi ? « Vous devriez vous écouter d’avantage. » Je lui lance un regard, je sais ce qu’il a voulu dire et non, je ne veux pas l’entendre, que ce soit bien clair entre lui et moi. Ce que je trouve remarquable chez lui, c’est sa capacité à interpréter la communication non verbale dont je l’affuble alors que même de vive voix, certains peinent à me suivre, trop concentrés sur mon décolleté, ayant pourtant plutôt peu à offrir. « En fait je veux juste marcher dans le parc avec vous. » Il se fout de moi ou comment ça se passe, là ? « Est-ce que c’est un souci ? » Et il enchaine en plus ! Il n’a pas l’impression de parler un peu trop ? « Parce qu’effectivement ça ferait de moi le genre de mec à avoir un souci, mais dans le cas contraire… » « Fermez-là et marchons. » Je presse le pas, une chance pour moi de savoir marcher sur des talons aiguilles sans faillir. « Mais vous avez raison sur un point, je ne crains pas votre humeur. C’est la votre. » « Donc vous ne me craignez pas. Je prends ça pour un bonus ? » Je dois comprendre qu’il voit plus loin que mes coups de gueule ? Je crois que c’est en effet le cas, et ça me fait sourire, je ne peux pas le nier. Nous prenons des petits chemins peu habituels mais je me retiens d’une autre réflexion. Et dans les dix minutes imparties, nous arrivons à la sortie du parc, juste face à l’immeuble. « Vous êtes le genre d’homme à savoir tenir une promesse, vous faite partie d’une espèce rare, Arthur. Merci pour la balade… » J’ose un regard droit dans les yeux. Il reste une seconde en suspension, une seconde durant laquelle le vent vient balayer mes cheveux et le froid me saisir. « J’ai des rendez-vous toute la matinée. » Je dois y aller, c’est ce que je veux dire. « Mais vous serez… fixé dans la journée. » On n’aime pas trop que ça traine chez les Manzonni.

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Arthur Ross
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: Ce foutu monde machiste [Anthur #3]   Dim 1 Oct - 10:40

Je ne bronche pas quand l’avocate affirme que je ne suis qu’un vulgaire attrape pétasses, ça ne me touche pas je me fous de ce qu’elle peut penser. Et puis je sais que ce n’est qu’une énième pique afin d’asseoir un peu plus sa mauvaise humeur. Mon comportement la déroute, la bouscule parce qu’habituellement tout le monde dit amen à tout et il suffit d’un peu d’irritation de sa part pour que les autres la boucle. Moi son tempérament me plait et m’amuse plus qu’il ne m’effraie, mais encore une fois j’ai la chance de pouvoir être particulièrement détaché de la situation. Je la prends à son propre piège répondant à ses questions par d’autres pour désamorcer le schéma d’entretien de sa colère. Reporter l’attention sur moi lui fait oublier ce pourquoi elle est énervée, et cette petite marche a ce seul but que de la faire redescendre en pression. Pourquoi je fais ça ? Aucune idée. Le jeu… encore et toujours, avec en plus une petite pointe d’altruisme, d’empathie. Finalement la jeune femme qui jusque là n’a fait qu’étaler sa mauvaise humeur me dit de la fermer. J’esquisse un sourire et m’exécute docilement, c’est demandé si gentiment. Je m’autorise quand même à rompre le silence pour avouer que je ne crains pas l’avocate. « Prenez cela comme bon vous semble. » dis-je, soucieux de lui laisser être la seule juge de ce que ça peut lui apporter ou non. Le reste de notre promenade improvisée se fait dans le silence, du moins nous concernant. Seuls les bruits du parc animent notre marche durant ces précieuses dix minutes dont je respecte le timing avec précision. L’immeuble qui abrite les bureaux de la compagnie se dresse devant nous, je jette mon café vide dans la poubelle juste à la sortie du parc.
Maitre Manzonni salue ma capacité à avoir tenu ma promesse, soulignant que je suis une espèce rare « Là c’est moi qui pourrait croire que vous me draguez. » dis-je avec un sourire amusé. Elle plante son regard dans le mien, bleu, intense et presque perturbant « De rien, avec plaisir. » répondis-je poliment. L’avocate m’indique avoir des rendez-vous à venir, il est temps pour elle de retourner au front, j’acquiesce d’un hochement de tête. Avant de prendre congé elle m’informe que je devrai en savoir plus sur mon embauche ou non dans la journée « Bien. Je resterai joignable. » après un court silence j’ajoute « Si la réponse est positive, il faudra un verre pour fêter ça. » c’est peut-être une invitation. Nul doute que de toute manière nous allons nous revoir, en tout cas j’en ai l’intention. « Bonne journée Maitre Manzonni. » dis-je en lui adressant un dernier sourire. Elle tourne les talons et je la regarde pendant un instant marcher en direction de l’entrée de l’immeuble. Il me reste beaucoup de chose à découvrir et cette perspective me met de bonne humeur.
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