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 La condition féminine, cette plaie [Anthur #5]

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Andrea Manzonni
« hakuna matata »

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MessageSujet: La condition féminine, cette plaie [Anthur #5]   Dim 15 Oct - 14:41


Les parenthèses ne durent jamais longtemps et le retour dans l’arène se fait souvent dur et cruel. Inutile de mentir aux membres de son équipe, tout fini par se savoir quoi qu’il arrive, et cela augure souvent de mauvaises surprises… je n’aime pas être prise au dépourvu et encore moins au tribunal. Quand comprendra-t-il enfin que j’ai besoin d’avoir toutes les cartes en main ? Comment veut il que je l’aide s’il croit encore que les femmes n’ont pas besoin de tout savoir. Je suis là pour protéger ses intérêts mais je crois que le rôle d’une conseillère juridique, d’une avocate et tout ce qui se rapporte aux intérêts de la boite sont là pour le protéger non ? La vérité est donc un dû, pas une récompense ! Et le meilleur dans tout ça ? C’est que c’est à moi qu’il reproche de ne pas avoir été aussi brillante que je l’aurais dû. Forcément, j’use de ma voix, pour faire entendre mon incompréhension, mon écœurement et hurler à l’injustice. « Mais comment tu voulais que je brille sur cette affaire enfin ?! » M’appuyant des deux mains sur son bureau en chêne en le suivant du regard quand il prend place dans son trône. « J’aurais dû savoir pour le dossier manquant. Ça me regarde autant que toi. Comment tu veux que je couvre nos scandales si tu me caches la moitié des infos ? Tu veux que je te dise ? C’est elle que tu voulais protéger. » Une des jeunes femmes qu’il fait monter dans sa chambre à l’année d’un grand hôtel New-Yorkais, personne n’est sans savoir que mon père est un coureur. « Je croyais qu’on ne devait mélanger ni état d’âme, ni relations dans le boulot ? C’est toi qui est en train de tout foirer papa enfin ! » Alors il se lève, ne supportant pas le reproche et referme le bouton de sa veste à 600$. « Qui que tu sois pour moi ma fille, je t’interdis quelconque jugement. Et tes montées d’hormones n’ont pas à interférer dans les affaires, que ce soit clair. Tu sais ce que tu dois savoir. » « Mais merde papa, cette boite, c’est à moi de la faire tenir quand vous déconnez tous autant que vous êtes, c’est moi qui vous couvre depuis le début. Je suis l’avocat du diable depuis que j’ai mis les pieds ici ! On a tout plaqué à New-York pour nous installer ici, tu veux encore me faire croire que c’est pour des raisons fiscales ? Je sais que rien n’est clair… » « Baisse d’un ton. » Je plie un peu sur mes coudes, visant à m’approcher de lui pour d’autres confidences. « Que tu veuilles me tenir à l’écart parce que je ne suis pas le fils prodigue, passe encore. Mais si la boite coule à cause d’un scandale papa, c’est tout le monde qui plonge, tu comprends ça ? » Il est en train de saisir que j’en sais plus qu’il ne croit, et que j’ai la tête sur les épaules, chargée de nettoyer derrière eux. Un jour je sais qu’il sera fier de moi, mais quand, je ne le sais pas encore. « Et j’ai gagné cette affaire. » « Mais tu n’as pas sauvé notre image… » « Alors fait ce qu’il faut, après tout je fais pas la pluie et le beau temps, je ne suis qu’une femme. » « Aussi frivole que ta mère ! » Je claque la porte tellement violemment que mon poignet m’en fait mal, mais qu’importe, quel connard ! Je file directement dans mon bureau en claquant la porte. C’est mon grand truc depuis toute petite, claquer les portes, et mon père ne supporte pas ça.
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Arthur Ross
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: La condition féminine, cette plaie [Anthur #5]   Lun 16 Oct - 16:54

Deuxième jour de boulot depuis mon embauche, j’ai pris possession de mon bureau et je n’ai pas à me plaindre. Il est plutôt spacieux, la vue assez sympa ce qui me donne un cadre de travail agréable bien que je serai le plus souvent ailleurs qu’ici. Je préfère clairement être sur le terrain plutôt qu’enfermé entre quatre murs, mais je dois aussi faire acte de présence, c’est nécessaire pour la crédibilité de mon rôle. Tranquillement installé dans ce confortable fauteuil mis à ma disposition, j’écoute un de mes contacts me donner de précieuses informations nécessaire pour conserver ma couverture. «… t’es quand même dingue de bosser. Même si c’est juste comme ça, t’es bien le seul type que je connaisse qui fasse ça. » je souris, il n’a pas tort je dois être un peu fou « Je prépare mon éventuelle reconversion. Et puis j’ai demandé à être payé à la commission, ça me fera un peu d’argent de poche. » ça le fait rire « Bon en tout cas je t’ai envoyé par mail ce que tu m’as demandé,  et puis si tu as besoin d’autre chose tu connais mon numéro. » « Ouais. Merci Smith, à la prochaine. » je raccroche et avant d’aller lire ce fameux mail j’ai envie d’un café. Je me dirige vers la salle de repos, malgré le bruit de la cafetière j’entends que ça gueule pas mal du côté du bureau du grand patron. Apparemment le père et la fille sont en désaccord, ça clash même assez fort à en croire la violence avec laquelle les portes claquent. Je suis curieux de savoir quelle est la raison de cette altercation entre eux, mais ça ne me regarde pas. J’attrape mon gobelet et me dirige vers la sortie de la salle de repos. Sur le pas de la porte je me ravise et fais demi-tour pour préparer un second café, je prends du sucre et une fois la boisson prête je me dirige vers le bureau de Maitre Manzonni.
Je frappe à la porte et suis sèchement autorisé à entrer. Il règne un froid glacial dans le bureau de l’avocate, pas littéralement, mais son agacement est palpable. Je m’avance vers son bureau et dépose le café ainsi que le sucre « Ce n’est pas ce qu’il y a de plus apaisant comme boisson je l’admets mais dans le principe ça peut aider. ». Je reste debout n’ayant pas été invité à m’asseoir « J’avais une question à vous poser sur un dossier, mais vous étiez en réunion avec votre père. Entre temps j’ai oublié… mais ça va me revenir. Je repasserai. » je l’observe avec attention, cette discussion a l’air de l’avoir poussé dans ses retranchements. « Vous plaidiez aujourd’hui, non ? » demandé-je, m’intéressant réellement au bon déroulement de son passage au tribunal. Il semblerait cependant que le conflit avec son père vienne de là. « Il vous a fait des reproches ? » interrogé-je l’air de rien, je dois la jouer fine si je ne veux pas la braquer ou me faire envoyer balader avec panache. « Travailler en famille n’est pas chose aisée… » je bois une gorgée de café « Vous avez gagné, n’est-ce pas ? » elle serait d’humeur encore plus massacrant si ce n’était pas le cas. Je pense qu’elle devrait se focalise sur sa réussite, après tout c’est tout ce qui compte dans ce milieu.
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Andrea Manzonni
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: La condition féminine, cette plaie [Anthur #5]   Lun 16 Oct - 17:22


Me réfugier dans mon bureau est encore la seule chose qu’il me reste à faire. Dans une famille normale, les conflits se règleraient par le dialogue, par une mère qui se met entre le père et la fille pour tenter de les faire renouer, dialoguer, échanger. Mais pas chez nous. Si j’allais chercher du réconfort auprès de ma mère, ça ne serait certainement pas pour lui parler de papa. Elle n’aurait jamais pu travailler avec lui, ils ne s’entendent de toute façon que pour des périodes très particulières. Le temps d’un gala et à condition d’y mettre du sien. Tu parles d’un mariage. Je pense qu’ils s’aiment autant qu’ils se détestent et se dévalorisent l’un et l’autre, c’est pour dire. Comme un jeu. Un partenaire qu’on ne voudrait pas garder trop loin de soi pour continuer à lui renvoyer la balle en critiquant son jeu. Petite, je trouvais que les adultes étaient bizarres, aujourd’hui j’ai compris que l’argent les rendait cons.
Ma porte claquée, je pensais être tranquille, mais ce fut sans compter sur l’irruption d’Arthur. « Ce n’est pas ce qu’il y a de plus apaisant comme boisson je l’admets mais dans le principe ça peut aider. » « Oui, merci. » Un peu froide. Comme il dit, dans le principe, ça part d’une plutôt bonne intention et je dois garder à l’esprit qu’il est sans doute le seul à n’être jamais intervenu pour me causer du tords. Pas une seule fois depuis qu’il m’eut été donné de faire sa connaissance, pas même pour se faire mousser auprès de mon père. « J’avais une question à vous poser sur un dossier, mais vous étiez en réunion avec votre père. Entre temps j’ai oublié… mais ça va me revenir. Je repasserai. » « Envoyez-moi un mail. » Je n’ai pas croisé son regard une seule fois depuis son entrée dans la pièce, autant vous dire que je ne compte pas y mettre du mien mais qu’il a une patience d’ange, et qu’il ne devrait sans doute pas en prouver autant, je ne la mérite pas à cet instant précis. « Vous plaidiez aujourd’hui, non ? » « Oui, l’affaire Stern. » Mettant de l’ordre parmi mes dossiers sur mon bureau, sans bouger de ma chaise. La vérité c’est que tout ce dont j’ai envie, c’est de tout envoyer valser, mais ça ne se fait pas, ce n’est pas politiquement correcte et je suis une adulte dite respectable. « Il vous a fait des reproches ? » « Oh s’il vous plait, pas de condescendance, tout le bureau l’a entendu. » Lui lançant un regard froid et tranchant. Qu’il ne se foute pas de moi avec sa fausse compassion dégoulinante. « Travailler en famille n’est pas chose aisée… » Je ne lui offre qu’un rictus en me levant pour le pousser l’air de rien afin d’accéder à mes dossiers à l’autre bout du bureau. Je suis d’un naturel très ordonné et d’habitude rien ne traine sur ce bureau, sauf que c’était une énorme affaire qui m’a demandé des tas de choses à revoir, et j’ai pour cela sorti tout ce que je possédais des archives. « Vous avez gagné, n’est-ce pas ? » « Oui, j’ai gagné, mais visiblement pas assez bien ! Vous n’avez rien d’autre à faire là ? » Oui, clairement, il me prend la tête avec toutes ses questions, il ne voit pas que je n’ai aucune envie de parler ni de revenir sur l’échec que je suis en train de subir ? Je lui passe devant pour sortir à demi de mon bureau et attraper un petit stagiaire. « Va me chercher le dossier Elegio dans les archives. » Il me fait oui de la tête, presque tremblant et descend en courant. C’est mal, de maltraiter les stagiaires mais après tout ils sont là pour apprendre, et je crois qu’aucun stage ne sera assez réaliste pour comprendre ce que veut bien pouvoir vouloir dire être un adulte ici. « Vous voulez quoi ? » Me rasseyant sur mon fauteuil en cuir, tel un trône.
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Arthur Ross
« hakuna matata »

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MessageSujet: Re: La condition féminine, cette plaie [Anthur #5]   Mar 17 Oct - 18:04

Un mail ? Je lève les yeux, mais l’avocate ne le voit pas puisqu’elle évite soigneusement de me regarder depuis que je suis rentré dans son bureau. Gamine boudeuse et capricieuse qui prend mal de s’être faite taper les doigts par papa. Je la comprends un peu, elle a la trentaine, est une pointure dans son domaine et le paternel n’est encore pas satisfait par son boulot comme si elle travaillait mal à l’école, il y a de quoi avoir la moutarde qui vous monte au nez. Je compte bien essayer d’en savoir plus sur les raisons de leur dispute, par pure curiosité. C’est très intéressant d’observer les dessous d’une collaboration familiale dans ce genre de boite qui brasse des millions, et puis je ne peux nier éprouver un certain intérêt à comprendre ce que peut vivre la jeune femme. C’est bien ce que je pensais, elle plaidait aujourd’hui, une grosse affaire si j’ai bien compris. Pas que sur le fond ça m’intéresse vraiment mais je dois faire sembler d’être impliqué, au moins un minimum. L’avocate range son bureau avec nervosité, expression directe de son agacement. Je l’interroge sur la nature des propos de son père, des reproches à priori et évidemment elle réagit vivement « J’ai entendu que vous haussiez le ton mais pas ce qui s’est dit. » je hausse les épaules « Ce n’est pas si mal insonorisé que vous le pensez. Même si je dois reconnaître que vous avez de la voix. » j’esquisse un léger sourire, je ne suis pas sûr que mon petit trait d’humour soit bien pris et j’enchaine en affirmant que travailler en famille c’est toujours difficile. Maitre Manzonni acquiesce en quelque sorte avant de se lever en me poussant au passage, symbole clair que ma présence l’emmerde. Je ne me formalise pas, continuant ma petite procédure d’investigation.
Si une victoire provoque telle fracas entre les Manzonni père et fille je me demande ce qu’aurait pu donner une défaite. Apparemment c’est la manière avec laquelle l’avocate a gagné l’affaire qui n’est pas du goût de son père, pourtant l’essentiel est dans le résultat. La jeune femme fini par s’impatienter face à mes questions me demandant si je n’ai pas mieux à faire que de trainer là. Je sirote mon café et hausse les épaules « Pas vraiment. ». Je la suis du regard, me retiens de rire quand elle s’adresse à un pauvre stagiaire qui blêmit en recevant sa requête. « Aucun n’a jamais fait d’arrêt cardiaque ? » demandé-je, amusé tout en sachant pertinemment que ce n’est pas vraiment le moment de plaisanter. Ou plutôt je pense que c’est exactement le bon moment, tout est une question de point vue, c’est tout. Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis lancé comme défi de parvenir à tempérer l’humeur de l’avocate. Elle se rassoit, me demandant ce que je veux « Ça peut attendre. Vous qu’est-ce que vous voulez ? » j’arque un sourcil « A part tout balancer à travers la pièce, bien que j’ai comme l’impression que ça vous démange. » je lui souris « Et là l’idée de m’envoyer un truc vient de vous effleurer l’esprit. ». Je termine mon café « Je vais vous laissez, j’ai besoin de prendre l’air. Si je peux me permettre je crois que vous aussi. Une cigarette vous ferait peut-être du bien. J’attendrais cinq minutes en bas, libre à vous de me rejoindre. » un dernier regard et je me dirige vers porte, je l’ouvre et tombe nez à nez avec le stagiaire « La regarde pas dans les yeux elle va te changer en pierre. » chuchoté-je avec humour. Je récupère ma veste dans mon bureau puis prends l’ascenseur. Une fois hors du bâtiment je regarde ma montre, le compte à rebours est lancé.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: La condition féminine, cette plaie [Anthur #5]   Mar 17 Oct - 18:35

❝ Can we date again… ? ❞
Parker & Lukas


« Ce n’est pas si mal insonorisé que vous le pensez. Même si je dois reconnaître que vous avez de la voix. » « Et si vous ne voulez pas que j’en use sur vous, vous feriez mieux de jouer le mariol un peu plus loin. » Je ne vais pas lui dire clairement que je pourrais devenir violente, ça ne serait pas digne de ma condition, mais tout de même, je peux représenter un risque. Sans doute ne l’a-t-il pas encore calculé, encore qu’il eut fallu que j’en sois convaincue pour lui faire réellement du mal. Ce n’est pas ce que je veux, juste qu’il se taise, ou qu’il change son humour. Sérieusement, il a gardé beaucoup de copines comme ça ? Ou de collaborateurs ? Je lui demande s’il n’a rien d’autre à foutre que de trainer dans mes pattes et brasser de l’air. « Pas vraiment. » Mais quel aplomb ! Je l’assassine du regard, je ne vais pas dire qu’il n’est bon à rien et qu’il ne fait pas de chiffre, ce serait mentir. Il n’est pas là depuis assez longtemps pour en juger et visiblement, ce n’est pas le dernier des branleurs, au contraire. Il a juste une assurance à toute épreuve, qui peut agacer, selon le contexte. « Aucun n’a jamais fait d’arrêt cardiaque ? » « Ceux-là, on les a cachés. » Lui répondis-je froidement du tac au tac, il veut jouer au plus malin au jeu de la répartie ? Je peux jouer moi aussi, et je ne suis pas si mauvaise dans mon genre. Je ne lui laisse pas le temps de plaindre ce pauvre stagiaire… De toute façon ils me prennent tous pour une jeune conne aux dents prêtes à rayer le parquet, mais logiquement je n’ai plus aucune preuve à faire. « Ça peut attendre. Vous qu’est-ce que vous voulez ? » Il est en train de se foutre de ma gueule ou pas ? Je lui lance un regard incrédule, ce qui ne fait que le pousser à poursuivre. « A part tout balancer à travers la pièce, bien que j’ai comme l’impression que ça vous démange. Et là l’idée de m’envoyer un truc vient de vous effleurer l’esprit. » « Bordel, sortez de ce bureau ! » Attrapant l’agrafeuse. Je ne suis pas menaçante, je préviens, c’est tout. « Je vais vous laissez, j’ai besoin de prendre l’air. Si je peux me permettre je crois que vous aussi. Une cigarette vous ferait peut-être du bien. J’attendrais cinq minutes en bas, libre à vous de me rejoindre. » « C’est encore un de vos petits jeux ? » Je me lève et lui intime de sortir de mon bureau, et quand il eut enfin libéré le passage, je reste derrière la porte. « La regarde pas dans les yeux elle va te changer en pierre. » « Abruti… » Je ris pour moi-même, dos à la porte. C’est vrai qu’il peut être drôle, mais de là à le lui avouer de vive voix… Je me dirige vers la fenêtre où il tient encore ses engagements à attendre. 5 minutes ? Je compte. Cela en fait trois, il m’en reste deux pour le rejoindre. J’enfile mon trench, attrape mon paquet de cigarettes et descend. « Cela fait presque 7 minutes, Arthur. Combien de temps auriez-vous été prêt à attendre, hein ? » Allumant une clope juste devant lui, remettant une mèche de mes cheveux bruns derrière mon oreille, tandis que le reste de ma chevelure est attachée dans un brouillon on ne peut plus artistique. « C’est gentil d’essayer de me remonter le moral, mais arrêtez. Ce n’est pas votre job et ce genre d’accrochage est très fréquent. » Je préfère lui dire que s’épuiser ne servira à rien, au moins c’est clair. « Et votre humour, franchement, il craint. » Lui avouais-je en lui tendant mon paquet de cigarette dans le cas où il en voudrait une. « Il a déjà fonctionné ? Je suis curieuse… » Et méchante, je l’assume totalement !
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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: La condition féminine, cette plaie [Anthur #5]   Mer 18 Oct - 12:24

Je suis à deux doigts d’assister au décollage d’une agrafeuse. L’avocate me somme de quitter son bureau et ça ne devrait pas mais son énervement m’amuse. Cependant je ne suis pas un emmerdeur au point de lui imposer d’avantage ma présence, même si c’est une supercherie me concernant elle reste ma supérieure hiérarchique en quelques sortes. J’accède à sa requête, acceptant de la laisser tranquille ou pas tout à fait puisque je lui propose d’aller prendre l’air. Je suis sûr que fumer une clope aidera à la détendre tout comme un peu d’air autre que celui circulant dans la ventilation de ces bureaux. Je l’attendrai cinq minutes, ça a presque un air de déjà vu cette proposition. La jeune femme me demande si c’est un jeu, je hausse les épaules sourire aux lèvres et me dirige vers la porte à laquelle je croise le stagiaire qui finira probablement traumatisé après son passage dans cette boite. Une fois en bas du bâtiment je détermine à quel moment je partirai si l’avocate ne descend pas. Les minutes passent et j’en profite pour consulter le mail envoyer par mon contact. Ce genre de correspondance passe seulement par mon téléphone, hors de question qu’il y en ai quelconque trace sur mon ordinateur de bureau. Le temps imparti est presque écoulé lorsque je vois apparaître l’avocate, j’affiche un léger sourire, satisfait. Elle me fait une remarque sur le temps passé à attendre et je secoue la tête « Cinq minutes pile depuis que j’ai posé le pied sur le trottoir. Vous n’avez bénéficié d’aucun passe droit Maitre Manzonni. J’étais sur le point de partir. ». Elle s’allume une cigarette, le simple fait d’être hors des locaux de l’entreprise a déjà l’air d’avoir un effet positif, tant mieux. Elle salue ma tentative de lui remonter le moral, mais m’indique que ce n’est pas mon rôle en soulignant que ce genre de situation n’est pas rare. J’allais répondre, elle enchaine sur mon humour qui craint, selon elle et je ris à cette remarque.
L’avocate me tend son paquet de cigarettes, je décline son offre je ne fume que très rarement. « Il fonctionne. » dis-je avec le sourire « Vous êtes là, non ? » ajouté-je avec un regard entendu. D’un geste de la tête je lui propose de descendre la rue « Ma voiture est par là. » elle semble s’étonner de cette information « Il faut que j’aille voir un local commercial au sud de la ville. Vous m’accompagnez ? Je pourrai avoir besoin d’une experte juridique. » je ne lui laisse pas le temps de répondre et me mets en marche jusqu’à ma voiture. Arrivé à hauteur de celle-ci j’ouvre la portière à l’avocate « Votre boulot ne va pas s’envoler, nous n’en avons pas pour très longtemps. » dis-je alors qu’elle m’adresse un regard trahissant sa perplexité. Je me mets au volant et démarre pour nous conduire jusqu’à ce fameux local dont l’emplacement le rend très intéressant. Enfin il paraît, mais apparemment le commerce en place, de nature particulière, détient un bail qui rend la vente de l’endroit compliqué. Tout ça est un prétexte parfait pour éloigner l’avocate des mauvaises ondes de son père et faire redescendre la pression, si j’y parviens je pourrai au moins me satisfaire de ça. « Vous ne me croyez qu’à moitié je me trompe ? » je lui adresse un regard en coin avant de me concentrer à nouveau sur la route. Une vingtaine de minutes plus tard je me gare non loin de l’endroit « Ne soyez pas surprise, le commerce qui loue les murs n’est pas commun. » nous parcourons le reste du trajet à pied jusqu’à nous arrêter devant un sex shop. « Non ce n’est pas un de mes petits jeux. » dis-je en anticipant la question de la jeune femme.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: La condition féminine, cette plaie [Anthur #5]   Mer 18 Oct - 18:05


J’ignore encore pourquoi ce type tente à chaque fois de me remonter le moral, ou encore d’arranger les angles, ça n’est pourtant pas franchement dans son intérêt, je crois. Je ne pense pas qu’il ait quoi que ce soit à gagner là-dedans. S’il ne venait pas fouiner dans mon bureau à la recherche de la raison de mon humeur massacrante, je vous promets qu’il n’aurait à s’inquiéter de rien me concernant. J’ai souvent ce genre de problèmes relationnels avec mon père, mais je suis brillante, ça, j’en ai conscience, et la seule à pouvoir défendre les intérêts avec tant de hargnes que ceux que sont ceux de Manzonni Inc, c’est moi. Prendre un tiers, non impliqué, qui ne connait pas l’histoire de ces locaux, et qui aurait même le pouvoir de nous balancer aux autorités ? Non merci, et c’est justement la raison de mon non licenciement depuis le temps où nous nous engueulons mon père et moi. Reste aussi à comprendre que si l’entreprise plonge, tout le monde plonge. « Cinq minutes pile depuis que j’ai posé le pied sur le trottoir. Vous n’avez bénéficié d’aucun passe droit Maitre Manzonni. J’étais sur le point de partir. » « Il vous faut toujours le dernier mot. » Je le constate, il aime bien avoir le dernier mot dans ce qui est de sa ponctualité, de ce qu’il dit ou pas. Il ne laissera personne lui dire qu’il ne respecte pas sa parole, je l’ai remarqué à plusieurs reprises, même si nous nous connaissons peu.
« Vous êtes là, non ? » Encore une provocation. « Simplement parce qu’il me fallait prendre l’air. Ce n’est pas votre humour, rassurez-vous. » Acerbe, mais il en prend l’habitude et je suis sûre qu’il adore ça. « Ma voiture est par là. » Et ? Attend-il quelque-chose de ma part ? Une main dans la poche de mon trench, je l’interroge du regard en levant un sourcil. « Il faut que j’aille voir un local commercial au sud de la ville. Vous m’accompagnez ? Je pourrai avoir besoin d’une experte juridique. » « Et vous avez naturellement pensé à moi. » Pour une visite qu’il avait programmé tout seul. Il pense vraiment que je serais toujours disposée à le suivre ou comment ça se passe ? Mais appelez ça de la psychologie, de la programmation neurolinguistique ou encore de la manipulation, mais le fait qu’il se mette en marche m’intime de suivre. Et quand nous arrivons au niveau de sa voiture sans même que je ne m’en sois aperçu, il referme ses filets. « Votre boulot ne va pas s’envoler, nous n’en avons pas pour très longtemps. » J’y suis, de toute façon, et je monte dans sa voiture après avoir écrasé ma cigarette et jaugé son regard une seconde. Mes talons aiguilles foulent les tapis de sa voiture et j’attache ma ceinture quand il prend le volant, prudemment. « Vous ne me croyez qu’à moitié je me trompe ? » « J’ai un peu de mal. C’est encore loin ? » Je prends simplement soin de ma réputation de chieuse. Ça aurait été trop facile si je le suivais docilement, non ? « Ne soyez pas surprise, le commerce qui loue les murs n’est pas commun. » « Tant qu’on ne tombe pas sur… » Un sex-shop. Merde. Il va vraiment jusque-là ? J’avais pensé à un club libertin, mais quelle est la différence, le registre est le même. Les mains dans les poches de ma veste, je lui lance un regard incrédule. « Non ce n’est pas un de mes petits jeux. » « Un sex-shop, vraiment. » Je soupire et lui précède en accélérant le pas, ayant traversé la rue bien plus vite que lui, il me reste tout de même à attendre qu’il arrive à ma hauteur pour ouvrir la porte. Surtout que personne ne croit que je suis l’instigatrice de ce coup foireux. Je le suis, tout près. Pas que je ne me sente pas à l’aise mais j’ai une réputation. « C’est donc ce que vous voulez racheter. En l’état ? » Mesquine. Je jette un œil à la hauteur sous plafond, remarque qu’un sous-sol existe, que la surface à aménager est plutôt grande. « Je peux savoir en quoi vous avez besoin de moi ? Peut-être un conseil sur les jouets pour adultes ? » Lui glissais-je à voix basse, en passant tout près de lui, tandis que j’arpente les locaux d’un pas nonchalant. S’il attend le gérant, j’ai peur qu’on en ait pour un moment.
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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: La condition féminine, cette plaie [Anthur #5]   Jeu 19 Oct - 11:15

Elle a raison j’aime avoir le dernier mot et je tiens toujours à rétablir la vérité quant à mes intentions. Je n’aime pas les quiproquos et les malentendus mais que les choses soient aussi claires que je puisse me permettre qu’elles le soient. Cependant j’apprécie cette constante intention de l’avocate de me défier, et j’ai encore d’avantage de plaisir à contrer ses arguments. Comme celui sur mon humour qu’elle juge foireux et dont je m’empresse de lui faire remarquer sa présence malgré cela. Bien évidemment la jeune femme ne se laisse pas désarçonner, elle aussi aime bien avoir réponse à tout. Sourire en coin je l’invite à m’accompagner pour une visite professionnelle. L’avocate se laisse embarquer, le pouvoir de la suggestion n’est plus à prouver et j’admets savoir en user avec habileté… déformation professionnelle. Assise côté passager je la sens dubitative, ce que je fais remarquer et Maitre Manzonni l’admet sans détour. Elle me sert son côté femme d’affaire pressée, joue l’impatiente et ça a un petit quelque chose de séduisant. J’ai toujours aimé les femmes avec du tempérament. Plus très loin du lieu de notre excursion je la mets vaguement au parfum de ce à quoi elle doit s’attendre. Je reste évasif pour le simple plaisir de pouvoir assister à sa réaction et je ne suis pas déçu. Je lis de la surprise dans son regard qui semble me dire “A quoi vous jouez ?“ de à quoi je m’empresse de répondre que ça n’a rien d’un jeu. Car si mon rôle d’agent immobilier est une vaste supercherie, en revanche je prends très à cœur de faire semblant avec le plus de succès possible. C’est là tout le talent d’un caméléon comme moi, et pour tromper l’ennui cette capacité est plutôt utile. La vente de ce local est tout à fait réelle, j’ai eu l’information de source sûre et le côté atypique de la situation m’a poussé à m’y intéresser d’avantage. Et puis avouons le, quoi de mieux pour se changer les idées qu’une affaire aussi légère ?
Maitre Manzonni me devance et je dois accélérer le pas pour lui ouvrir la porte. Nous entrons dans l’établissement, c’est plutôt bien pensé dans l’agencement et l’endroit n’est pas vulgaire. Elle m’interroge sur mes intentions commerciales, je hoche la tête « En l’état, c’est à voir. » forcément elle veut savoir pourquoi je l’ai faite venir, autrement que pour lui faire prendre l’air ça va de soi. La suivant je lui réponds sur un ton discret « Les murs sont à vendre et vous en conviendrez c’est un endroit intéressant. Le problème c’est que le fond de commerce loue l’endroit pour encore plusieurs années et ils se sont mis à l’abri avec un bail solide. » je lui adresse un sourire en coin « Mais probablement pas assez solide pour vous. J’espère que vous allez trouver une faille. » je hausse les épaules « Sinon il faudra garder le sex-shop. Cela dit il paraît qu’ils font un bon chiffre et paye toujours le loyer à l’heure. ». Je m’arrête alors que la jeune femme continuer d’arpenter les lieux, je regarde ma montre « Le propriétaire ne devrait plus tarder. » je regarde l’avocate et arque un sourcil « Vous comptez faire un peu de shopping ? ». Elle passe à nouveau près de moi « Admettez que personne ne vous a jamais amené dans un sex-shop pour vous changer les idées. » elle n’est pas encore vraiment détendue mais il y a du mieux. « Vous pensez quoi des locaux ? Ils sont idéalement placés, cette partie de la ville est en plein développement. » il faut bien que je me montre sous un jour un peu plus professionnel, ça fait parti du jeu et je ne dois pas l’oublier.
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: La condition féminine, cette plaie [Anthur #5]   Jeu 19 Oct - 14:02


Il a un culot monstre, et je dois bien le lui concéder. Me changer les idées devient une habitude et je dois avouer également qu’il est plutôt bon à ce jeu-là. Toujours est-il que je ne suis pas pour qu’il prenne ses aises, et il les prend clairement au premier abord. Après coup, je fini par contre ses réelles intentions. Même si mon jeu de petite fille à papa pourri gâtée tend à lui plaire, j’en suis convaincue, je n’hésite pas à rajouter ma petite touche personnelle. Rien n’est jamais simple quand il s’agit de moi et encore moins depuis qu’il est entré dans ma vie. Parce qu’il y est, quoi qu’on en dise, il est même partout. Au travail, les soirs où nous sortons et ils comment à se faire mémorables, et même encore quand je préfèrerais qu’il disparaisse de mon champ de vision. Mais non, il est toujours présent, avec son humour typiquement foireux d’anglais qui se respecte. En bonne américaine, comprenez que le choc des cultures peut-être parfois assez marqué.
« Les murs sont à vendre et vous en conviendrez c’est un endroit intéressant. Le problème c’est que le fond de commerce loue l’endroit pour encore plusieurs années et ils se sont mis à l’abri avec un bail solide. » Je l’écoute attentivement même si je n’en n’ai pas l’air et regarde tout autour de moi pour évaluer les murs à nus, sans mauvais jeu de mots. « Mais probablement pas assez solide pour vous. J’espère que vous allez trouver une faille. » « Je trouve toujours… » Les mains dans les poches, entamant déjà mon boulot intérieur de plan de recherches. Il y a du potentiel, il a raison. « Sinon il faudra garder le sex-shop. Cela dit il paraît qu’ils font un bon chiffre et paye toujours le loyer à l’heure. » « Et j’imagine que vous parviendrez même à trouver du temps pour faire un peu de bénévolat à la caisse ? » Ben oui, pourquoi ne pas venir tenir un sex-shop en costar à 3000 $, je suis sûre que ça rapporterait du monde, avec sa gueule d’agent fédéral. « Le propriétaire ne devrait plus tarder. Vous comptez faire un peu de shopping ? » « Vous pensez que j’en aurais besoin ? » Sa réponse, il a intérêt à vraiment bien y réfléchir ! Je ne suis pas exactement la fille coincée qu’il peut penser que je suis, et quand bien même, je devrais me foutre de ce qu’il pense, cordialement même. « Admettez que personne ne vous a jamais amené dans un sex-shop pour vous changer les idées. » « On les recrute moins tordus d’habitude, je reconnais. » Sur le ton de la confidence avec une petite grimace pour bien accompagner ma surprise vaincue. « Vous pensez quoi des locaux ? Ils sont idéalement placés, cette partie de la ville est en plein développement. » « Beaucoup de locaux sont idéalement placés Arthur, j’aimerais juste savoir pourquoi ceux-là vous ont tapé dans l’œil. L’habitude ? » Un sourire en coin, mauvaise que je suis.
Le proprio fait son entrée. « Pardonnez mon retard… madame. » « Mademoiselle. » « Mademoiselle. » Il me dévisage, me regarde de haut en bas, je n’aime pas ce regard, je me sens mal à l’aise, pourtant difficile comme exploit, mais je reste droite dans mes bottes. « Vous êtes les futurs acquéreurs ? » Je tourne alors un regard vers Arthur, l’interrogeant du regard en le laissant poursuivre, vas-y mon grand, à toi de briller. « En tout cas votre dame, elle n’a l’air d’attendre que ça ! »
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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: La condition féminine, cette plaie [Anthur #5]   Jeu 19 Oct - 23:44

Quoi que l’avocate puisse en penser il y a vraiment une raison professionnelle à notre venue dans cet endroit pour le moins particulier. Disons que le hasard à bien fait les choses pour que le timing soit bon. Je fais d’une pierre deux coups en l’ayant convaincue de m’accompagner. Elle est la femme de la situation, parce qu’elle trouve toujours une faille ou un moyen d’en créer une. Vu les relations houleuses avec son père c’est bien pour son efficacité qu’elle a encore sa place dans la société de ce dernier, dans le cas contraire lien du sang ou pas il l’aurait foutu à la porte. J’explique la situation à l’avocate, les locaux à vendre et le bail qui peut s’avérer encombrant bien que à mon avis tant que le loyer est payé peu importe que ça soit un sex-shop qui occupe les murs. Maitre Manzonni ne se prive pas d’une petite remarque pour me piquer au vif. Je la fixe avec un petit sourire « Et je vous verrai faire quelques emplettes ? Ça serait gênant. » et comme le propriétaire des lieux à l’air d’avoir un peu de retard je soumets l’idée à la jeune femme de faire un peu de shopping. En réponse elle me renvoie une question dont je flaire le piège. Ce genre de sujet bien que léger peut vite faire déraper une discussion, il faut savoir plaisanter mais faire attention à ce que l’on dit. « N’est-ce pas surtout une question d’envie ? » elle est séduisante, je doute qu’elle ai besoin d’un jouet alors qu’elle peut aisément avoir un homme. Ce qui pour certaine revient au même mais c’est un autre débat. « Vous êtes majeure et vaccinée. » ajouté-je avec la même légèreté non sans la gratifié d’un regard entendu. Au moins cette petite visite professionnelle a le mérite d’être originale et je tiens à le souligner, m’exposant à une nouvelle remarque de l’avocate, son humour revient c’est bon signe.
C’est bien beau de plaisanter, mais je n’en oublie pas pour autant la raison de ma venue ici. Reprenant une attitude plus professionnelle je demande son avis à Maitre Manzonni qui a tout l’air d’être encline à me tacler gentiment dès que l’occasion se présente. « C’est la première fois que je mets les pieds ici. Mais le pourquoi ceux-là je vous l’ai dit, cette partie de la ville est particulièrement prometteuse. » je n’ai pas le temps de m’expliquer d’avantage sur ce fait, le propriétaire arrive. Il est en retard et s’en excuse avant de s’adresser à l’avocate tout en la détaillant du regard ça donne une idée du genre de personne qu’il est. Je me racle la gorge, gagnant son attention et hoche la tête à sa question « Potentiels acquéreurs. » rectifié-je pour qu’il ne pense pas que la partie est gagnée. Mon regard s’assombrit face au langage plutôt familier, que je n’apprécie pas, du bonhomme « C’est mon experte juridique. » affirmé-je avec sérieux, il change sensiblement d’attitude comprenant qu’au moindre faux pas il risque de perdre sa vente. La discussion se poursuit sur un ton plus professionnel de la part du propriétaire dont j’accapare volontairement l’attention. Je lui laisse peu d’opportunité de poser son regard graveleux sur Maitre Manzonni, je tolère mal ce genre de comportement du fait de mon éducation. Et étrangement d’autant plus mal dans le cas présent. La conversation ne s’éternise pas, pour l’instant rien n’est décidé, il faut d’abord étudier l’affaire avec attention et nous avons désormais les documents nécessaire pour le faire. Pendant tout le temps passé à parler avec cet homme mon attitude a clairement changée, ça n’a pas dû échapper à l’avocate elle est bien trop observatrice. Mais dès l’instant où ce type prend congé je retrouve un comportement qu’elle me connaît mieux. Je serai curieux de la voir au tribunal, j’imagine facilement qu’elle doit changer elle aussi dans l’exercice de ses fonctions. « C’est un sale type, raison de plus pour ne pas l’épargner et faire baisser le prix au maximum. » je hausse les épaules « Vous me direz si vous avez trouvé quelque chose concernant le bail ou autre. Et puis je proposerai un plan d’investissement. ».
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: La condition féminine, cette plaie [Anthur #5]   Ven 20 Oct - 0:15


« Et je vous verrai faire quelques emplettes ? Ça serait gênant. » « Ca vous plairait tellement ! » Je ris pour moi-même, mauvaise. Mais je dois bien reconnaître que son regard intriguant en dit long sur ce qu’il aimerait savoir de moi. Si je suis ce genre de filles, ou plutôt classiques. C’est normal ceci dit, moi aussi je me suis déjà demandé ce qu’il préférait, s’il était le genre d’homme à trainer ici après le boulot ou un samedi soir pour s’amuser un peu. Bien que je pense qu’il n’ait pas besoin de ça pour séduire. Mais étrangement, l’idée qu’il puisse rentrer tous les samedis soirs au bras d’une femme, me déplaît. Je le sais pour le moment seul, en tout cas je le crois, je ne l’ai jamais entendu se défaire de ses engagements pour une moitié. « N’est-ce pas surtout une question d’envie ? » « Répondre à une question par une autre est très mal élevé monsieur Ross, on ne vous l’a jamais dit ? » Toujours ce petit jeu entre nous, qui fait qu’on se tourne autour, non seulement parce que je fais les cents pas, mais parce qu’il ne me quitte pas du regard. « Vous êtes majeure et vaccinée. » « Et ma vie intime se porte très bien, je vous remercie. » Encore heureux que je fais ce que je veux, non ? J’imagine qu’il ne demande la permission à personne pour vivre la sienne. Ravie d’avoir son consentement, j’en viendrais presque à trouver le temps moins long qu’il n’y paraît mais l’arrivée du propriétaire et le regard qu’il pose sur moi me met fortement mal à l’aise. « C’est mon experte juridique. » Si j’avais été plus lucide, j’aurais décelé la défensive dans le ton de sa voix, et remarqué le pas qu’il a fait en avant face au propriétaire pour prendre l’avantage sur moi. A la manière d’un mâle dominant, il détient les clés de la conversation, obtient les renseignements qu’il veut, ne lâche rien. Remarquable. Et j’aurais préféré être dans de meilleures dispositions pour en juger, quoi qu’il en soit, il est seul maître à bord à ce moment-là. Je ne veux pas les interrompre, je ne saurais de toute façon pas choisir le moment opportun et ne saurais pas répondre de façon censée. Ce fut donc histoire d’hommes.
Après ce coup de maître, nous sortons de l’établissement pour retrouver l’agitation de la ville, cette agitation si réconfortante pour moi. Enfant de New-York, je crains le silence comme la peste, il m’angoisse comme un monstre angoisserait un gosse avant de dormir. « C’est un sale type, raison de plus pour ne pas l’épargner et faire baisser le prix au maximum. » Je m’engonce dans ma veste, pressant le pas pour traverser la rue et monter dans la voiture de mon collègue. « Vous me direz si vous avez trouvé quelque chose concernant le bail ou autre. Et puis je proposerai un plan d’investissement. » « Ils possèdent un sous-sol. Un sous-sol non répertorié sur les plans, non déclaré, et donc certainement pas aux normes. Le bail ne correspond pas aux locaux, par conséquent il est caduque avant même qu’un expert ne puisse en décider. Je ne veux pas savoir ce qui s’y passe, mais je ne serais pas surprise qu’ils y fassent quelques passes. Rien que le fait de l’évoquer les feraient renoncer à se battre devant un tribunal. Vous l’avez votre faille. » Lui rendant les plans et documents qu’il vient de me faire passer. Je m’appuie sur le siège, m’enfonce dans ce dernier, me détendant peu à peu. « Si vous voulez le racheter, je vous suis. Reste à convaincre votre supérieur… » Mon père. Je glisse une main dans mes cheveux en soupirant, la tête appuyée contre la vitre. Pourquoi je me sens si mal à l’aise ? Pourquoi je me sens surtout si vulnérable ? Arthur jette un œil en ma direction, et je me sens dans l’obligation de remettre un tant soit peu ma carapace. « On y va ? »

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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: La condition féminine, cette plaie [Anthur #5]   Ven 20 Oct - 11:21

Complicité et humour sont au rendez-vous entre l’avocate et moi. J’aime nos échanges de piques, nos habiles pirouettes pour avoir le dernier mot. Elle est une partenaire de joute verbale subtile et vive d’esprit, j’apprécie cela même quand elle tente de me tacler un peu plus fort, de me faire flancher. Je ne suis pas maso, mais à vrai dire c’est peut-être ce que je préfère. La légèreté de notre échange laisse cependant place à beaucoup plus de formalité lorsque le propriétaire du local arrive. Pas besoin d’être un grand analyste du comportement humain pour reconnaître en lui le genre d’homme qu’il est. Il déshabille l’avocate du regard, débute l’entretien sur un ton un peu trop familier et je le recadre aussitôt. Je n’aime pas ce genre de type, ils sont une vraie plaie pour les femmes et la pire représentation qui soit de ce que peut être un homme. Chaque fois que je croise un de ces spécimens je remercie ma mère de m’avoir éduquer dans le respect de chacun et surtout celui de la gente féminine. Elle compte beaucoup pour moi, je l’admire d’avantage que mon père pourtant militaire gradé à la carrière reconnue. Instinctivement je me place entre Maitre Manzonni et le propriétaire, menant la discussion sans lui laisser l’occasion d’une autre remarque déplacée. L’avocate me laisse faire, observant le déroulement de la conversation avec un certain recul. M’observe t’elle à l’œuvre ? C’est la première fois qu’elle me voit en situation, sur le terrain alors j’imagine que ça fait un peu office de test. Sans pression mais avec détermination je mène l’entretien à son terme et nous quittons les lieux. Je sens une certaine impatience dans l’attitude de la jeune femme, un peu comme quelqu’un de claustrophobe qui aurait besoin de retrouver de l’espace. Silencieuse elle me devance pour rejoindre ma voiture, pressée de partir. Je suis presque certain que son comportement n’est pas étranger à l’attitude de cet homme.
Nous montons à bord de ma voiture, je lui tends les documents récupérés espérant qu’elle puisse y trouver une faille. Je n’ai même pas le temps de boucler ma ceinture que déjà l’avocate m’explique ce qui cloche dans cette affaire. On a rarement fait plus expéditif, je ne peux que saluer son efficacité. « C’était rapide. » soufflé-je, un sourire étirant légèrement mes lèvres lorsqu’elle m’indique être encline à appuyer mon projet de rachat. Restera à convaincre son père, mais avoir l’appui de l’avocate est déjà une bonne chose « Je vais étudier les possibilités d’investissement et monter un dossier. ». Je pose les dossiers qu’elle me rend sur la banquette arrière et boucle ma ceinture. Avant de démarrer je regarde en direction de ma passagère, elle a l’air bizarre depuis que nous avons quitté le sex-shop. Son regard croise le mien, je hoche la tête à sa question qui sonne d’avantage comme une requête et prend le chemin du retour. « Tout va bien ? » dis-je en brisant le silence qui s’est installé, c’est plutôt rare entre nous. La jeune femme ne se montre pas plus affable pour autant durant les quelques minutes de notre trajet jusqu’aux bureaux de la société. Je trouve assez facilement une place où me garer et nous descendons de voiture. Je me presse afin de ne pas laisser d’avance à l’avocate, un truc cloche je le sens. « Merci de m’avoir accompagné. Et…je suis désolé. » son regard se fait interrogateur « … que vous ayez eu à supporter le regard de ce mec. » je suis sincère c’était sans doute très désagréable pour elle mais pas plus confortable pour moi et je tiens à ce qu’elle le sache « Ce n’est sans doute pas le premier, malheureusement. » elle n’est pas le genre de femme à passer inaperçue, plutôt de celle sur qui l’on se retourne. Je lui adresse un sourire alors que l’ascenseur arrive à notre étage « Vous avez sans doute des agrafeuses à faire voler et ce pauvre stagiaire à persécuter. Je n’abuse pas plus de votre temps. ».
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: La condition féminine, cette plaie [Anthur #5]   Ven 20 Oct - 13:08


Je ne me sens en sécurité que de retour dans la voiture, sans même prendre conscience que mon comportement est en train de changer. Je n’ai plus aucun filtre, plus aucun rôle à jouer à présent, comme mise à nue, comme le regard de ce type, et j’ai horreur de ça. Je n’aime pas me sentir si vulnérable, je ne suis pas plus à l’aise qu’une jeune femme lors de son premier casting, et je m’étonne encore du silence de mon collègue. « C’était rapide. » « C’était facile. » Rétorquais-je du tac au tac d’une voix atone. Plus aucune intention de régner dans ma voix, au contraire. « Je vais étudier les possibilités d’investissement et monter un dossier. » J’acquiesce du regard et d’un hochement de tête et attrape ma ceinture. Je ne fais aucune remarque sur sa conduite. « Tout va bien ? » « Oui, ça va. » Je me contrains à un petit sourire et me passe la main dans les cheveux, les envoyant en arrière tandis que je les détache. Je ne veux montrer aucun signe de faiblesse, et quand nous arrivons devant notre immeuble où Arthur gare son bolide, je sors sans qu’il n’ait eu le temps de m’ouvrir la portière. Je presse le pas pour retrouver le hall de l’immeuble, faisant fi du vent. « Merci de m’avoir accompagné. Et…je suis désolé. » Je lui lance un regard interrogateur. « … que vous ayez eu à supporter le regard de ce mec. » « Oh, ce n’est rien. » Je préfère ne pas l’impliquer dans une culpabilité probable, il n’y est pour rien, certes, l’idée du sex-shop pour me surprendre n’était pas mauvaise, et ça a marché, mais il n’aurait jamais pu prévoir l’intrusion du bonhomme. « Ce n’est sans doute pas le premier, malheureusement. » « Non, et sans doute pas le dernier. Merci de la balade. » Je presse le pas mais nous devons prendre l’ascenseur tous les deux, je fuis son regard, je fuis toute forme de communication de toute façon, vivement que la journée ne passe, demain sera un autre jour, demain, il fera jour. Une fois arrivés à notre étage, il me libère d’une formule bien à lui. « Vous avez sans doute des agrafeuses à faire voler et ce pauvre stagiaire à persécuter. Je n’abuse pas plus de votre temps. » « Bonne journée, Arthur. »

La journée s’enchaine à une allure que je peux à peine contrôler, et une alerte sonore m’indique un mail. Je vais les consulter, comme à chaque fois qu’il m’en tombe un, c’est lui, deux bureaux plus loin, qui me rappelle le manque à ma parole, je lui dois un dîner, une fin de dîner, bien sûr. Je ne peux m’empêcher de lui répondre dans la foulée. « Je ne manquerais pas à mes obligations. 20 h, devant l’immeuble. » Tout tourne dans ma tête, encore une chose à rajouter à mon planning. Aux alentours de 19 h, je pioche dans ma garde-robe, planquée dans mon bureau, en sort une robe noire, ainsi que des sous-vêtements, monte à l’étage de la salle de sport prendre une douche, et me préparer. Combien de fois, ado, j’ai pu faire le mur en rentrant du lycée, me préparant dans les vestiaires de la salle de sport pour aller faire la fête toute la nuit… Certes, je n’ai plus 15 ans, mais pas non plus le temps de rentrer me préparer. 20 h, il est temps que je me dépêche, une dernière touche de maquillage, légère et attrape le premier ascenseur pour rejoindre Arthur. « J’observe un léger retard, mais vous êtes encore là. » A peine 10 minutes, mais c’est suffisant pour constituer une provocation. Soyons honnêtes pourtant, je n’ai que rarement été à l’heure quand cela n’avait pas un trait professionnel. « C’est donc moi qui vous invite ce soir. Je me suis permise de réserver. » Je ne sais pas s’il notera mon changement de tenue, mais je passe devant lui, le pas franc et conquérant, pour me planter devant sa voiture. « Vous restez gentleman, je ne vous retirerais pas ce plaisir. » Je le laisse me conduire à l’adresse indiquée, une pâtisserie. « C’était bien une fin de dîner que je vous devais non ? C’est au dessert que j’ai cruellement manqué. Alors voilà. » Il n’aurait sans doute rien attendu de tel et mon petit sourire en coin ne feint ma satisfaction quant à la surprise que je lis sur son visage. « Ils restent ouverts pour nous, ce soir. » Je connais le propriétaire et le chef pâtissier, il a accepté de nous ouvrir pour la soirée, de prolonger son service juste pour Arthur et moi.
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Arthur Ross
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MessageSujet: Re: La condition féminine, cette plaie [Anthur #5]   Ven 20 Oct - 23:08

Je passe ma journée à faire des allers et venus entre mon bureau et l’extérieur des locaux, j’ai dû mal à rester devant mon ordinateur pendant des heures. Je suis plus efficace en mouvement, que ça soit le simple fait d’aller me chercher un café, faire un rapide tour dehors ou me rendre en ville. En milieu d’après-midi je suis en train de faire des recherches quand me vient une idée. Peut-être que voir passer le stagiaire de Maitre Manzonni avec un air paniqué a aidé mais je décide d’envoyer un mail à la jeune femme. Après tout c’est elle qui me l’a recommandé plus tôt dans la journée, néanmoins le sujet du message n’est pas franchement professionnel “ Vous me devez toujours une fin de diner. “. Je suis assez surpris de recevoir une réponse dans les deux minutes suivant mon envoi et souris en lisant le mail de l’avocate. Elle accepte un diner, je la retrouverai ce soir à vingt heure devant l’immeuble. D’ici là j’ai de quoi m’occuper avec ce dossier de plan d’investissement à monter. Je me fixe jusqu’à dix-huit heure trente, après quoi je passerai chez moi pour prendre une douche et me changer. Concentré sur ma tache je ne vois pas le temps passer, au moins ce faux boulot est efficace contre l’ennui, j’espère juste ne pas m’en lasser. Je respecte mon timing et quitte mon bureau remarquant que l’avocate est encore là. De toute façon elle ne quittera pas ce bâtiment avant vingt heure, j’en suis convaincu. Je oscille entre l’admiration et la compassion quant à sa dévotion à son boulot et donc par extension à son père. Je crois que j’ai encore bien des choses à découvrir sur le fonctionnement de cette société, je risque de ne pas être déçu.
Pile à l’heure j’attends devant l’immeuble comme prévu. Je ne suis pas vraiment surpris que Maitre Manzonni apparaisse avec une dizaine de minutes de retard, ça semble être une habitude chez elle. « J’ai attendu bien plus longtemps la dernière fois, il y a du progrès. » répliqué-je avec le sourire, heureux de voir qu’elle a retrouvé son aplomb. C’est elle qui invite ce soir, si ça peut lui faire plaisir je me plie volontiers à cette volonté de sa part « Vous êtes prévoyante. » ça n’a rien d’étonnant. Elle me devance pour s’avancer vers ma voiture que je déverrouille aussitôt, néanmoins elle s’arrête devant voulant profiter de ma galanterie ce à quoi je ne me fais pas prier. Je lui ouvre la portière et note qu’elle s’est changée, appréciant son élégance ainsi que la vue sur ses jambes je ne peux le nier. La jeune femme m’indique l’adresse où elle a réservé, je nous y conduis et suis étonné de constater qu’il s’agit d’une pâtisserie. Ma surprise ne lui échappe pas et l’argument qu’elle utilise pour justifier son choix est tout à fait recevable « Vous êtes étonnante Maitre Manzonni. » dis-je en vue de la flatter, je sais aussi reconnaître quand une action est bien pensée. L’avocate m’indique que l’établissement reste ouvert juste pour nous, elle a fait fort. « Atypique comme dîner mais j’aime beaucoup l’idée. » je ris « Fin de dîner, c’est vrai. » rectifié-je puisque j’ai été le premier à apporter cette précision. J’observe les lieux, ils y servent des pâtisseries de qualités, surtout française apparemment. « Vous devez être une habituée, qu’est-ce que vous me conseillez ? » je souris « Je ne vais pas vous demander de choisir pour moi, ça aurait un air de déjà vu. ».
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Andrea Manzonni
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MessageSujet: Re: La condition féminine, cette plaie [Anthur #5]   Sam 21 Oct - 0:21


Il fallait que je trouve une façon originale d’amener l’idée d’une fin de dîner. Je commence à comprendre toute la subtilité du personnage, et je me dois de faire aussi bien, si ce n’est mieux, sans doute pour attirer son attention, que j’ai pourtant déjà pleinement. Mais après tout je n’ai manqué à mon devoir que lors du dessert, je crois que c’est ce qu’il me reste à préparer. Un dîner sucré, c’est ce dont on rêvait quand on était gamins. En tout cas, tout était à ma portée quand je le souhaitais, je n’avais qu’à claquer des doigts. Je n’ai jamais eu à me taper les carottes à la vapeur parce que ça faisait bien de manger des légumes à table en famille. Mes désirs étaient des ordres.
Aujourd’hui, j’ai dû apprendre à composer avec les conventions, ce dont on n’a pas besoin de s’encombrer étant gamins, et c’est maintenant que ça devient dur. Parce que je dois faire attention à tout, et surtout à la façon dont mes actes seront perçus, les enfants ont tous les droits, pas les adultes. « J’ai attendu bien plus longtemps la dernière fois, il y a du progrès. » « A croire que je me bonifie à votre contact. » Sourire légèrement provocateur, mais il ne fait pas chaud, autant ne pas trainer, et je lui intime de prendre sa voiture, même de se montrer gentleman, devoir auquel il ne manque pas. « Vous êtes étonnante Maitre Manzonni. » « Vous me faites des compliments, j’ai dû marquer beaucoup de points… » En référence à son attitude parfois peu loquace. Il est plein de répartie quand il le faut, mais il ne parle jamais pour ne rien dire, c’est un homme concret, efficace, et surtout pragmatique comme j’en ai rarement vu. « Atypique comme dîner mais j’aime beaucoup l’idée. Fin de dîner, c’est vrai. » « La nuance me paraissait importante. » Nous jouons toujours ce jeux de deux gamins parfaitement éduqués, desquels rien ne dépasse jamais, et pourtant, nous crevons sans doute d’envie de retirer toute cette armure guindée pour nous comporter comme des gamins et relâcher la pression. « Vous devez être une habituée, qu’est-ce que vous me conseillez ? » « Tout. » Je ne suis pas objective, parce que trop gourmande, mais j’ai briefer le chef, qui est allé lui-même de ses idées. « Je ne vais pas vous demander de choisir pour moi, ça aurait un air de déjà vu. » « Je me suis planté la dernière fois ? » Je n’en n’ai pas souvenir, pas sur les bières en tout cas. Ceci dit, il me demande conseil. Assis autour d’une table composée de deux banquettes confortables, je m’accoude sur le bois et lui explique la démarche. « Sebastien nous a préparé un mélange de chaque. Comme je connais encore mal vos goûts, je me suis dit que c’était la meilleure façon d’optimiser mes chances. » Pragmatique quand je le veux, moi aussi. Je me lève même pour aller chercher les deux plateaux sur lesquels de petites pâtisseries trônent fièrement. Des fondants au chocolat, tarte au citron, framboisiers, fraisiers, Paris-Brest, Tropézienne, flan, macarons, chouquettes… De quoi faire traverser le pays français à mon invité de ce soir. « Vous dites être un homme qui voyage beaucoup. Vous avez déjà goûté quelque-chose qui se trouve sur ce plateau ? Aussi bon, ce serait mentir mais au moins quelque-chose qui s’en rapproche ? » Je ne taris pas d’éloges sur la qualité des produits. Je sais qu’ils sont bons. Je sais qu’ils sont aussi efficaces qu’un anti dépresseur. « Sébastien est un ami depuis que nous sommes ados. Il était apprenti en France, et il a souhaité s’installer à l’étranger. Je lui ai trouvé ces locaux pour se lancer, il a fait le reste de sa notoriété. » Pas du tout du même monde que moi, mais ça n’empêche en rien que j’admire son travail et la passion qu’il y voue. Je vois Arthur jeter des coups d’œil vers les cuisines, tandis que Sébastien n’a d’yeux que pour la robe que je porte et l’attitude du gentleman devant moi. « Ne le regardez pas comme ça, vous avez peur de quoi ? » Je crois que c’est son regard un peu trop insistant, je sais que Sebastien a toujours eu un faible pour moi. Mais trop coureur pour être mon genre. « Vous êtes jaloux ? Ce serait mal venu, monsieur Ross. » Je souris, sincèrement, charmeuse, et me délecte d’une bouchée au chocolat. « Considérez-vous que nous sommes quittes, à présent ? » Décroisant mes jambes et les recroisant par la suite, le perçant de mes yeux très clairs. « Quoi que je vous dois peut-être une visite dans un sex-shop, moi aussi… » Mon humour est à revoir, je le concède volontiers.
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